La séance du 14 décembre 2024 consacrée à l’examen du budget primitif 2024 a débuté par une intervention remarquée du président de la commission des finances, Franck Julien, qui a évoqué le programme triennal d’équipement public de la principauté, en mettant en avant que « la subtilité, c’est que certaines lignes sont triennalisées, et d’autres non. »
L’élu Christophe Brico a saisi cette occasion pour faire une demande au gouvernement monégasque : « La transformation du programme triennal d’équipement en programme pluriannuel d’équipement public est quelque chose que nous pouvons mettre sur la table. Cela permettrait une meilleure transparence de l’inscription budgétaire et de ce que votent les élus, en ayant l’échéance terminale dès le départ, et pas renouvelée d’année en année, ou par période de trois ans. À l’heure actuelle, le programme triennal d’équipement qui nous est proposé n’est pas conforme. Je maintiens ma demande au gouvernement de redéposer un programme triennal d’équipement pour l’année 2024 qui soit conforme à la loi. La loi étant la limite indépassable de l’action des agents publics, quels qu’ils soient. » Franck Julien a alors repris la parole pour se désolidariser de son collègue : « Je ne pense pas que mettre le gouvernement dans une situation à laquelle il ne peut pas répondre, ou en lui posant des ultimatums soit très utile. Le ministre d’Etat a eu la délicatesse de nous proposer un budget rectificatif qui aura lieu pour la première fois au printemps 2024, ce qui nous permettra d’aborder tous les sujets que nous ne pouvons pas traiter lors de cette session. Il y a effectivement un vrai sujet sur le programme triennal. Nous avons quelques mois pour l’aborder. Des réunions avec le gouvernement nous permettrons d’échanger sur ce sujet, qui est très important pour nous. » Le ministre d’Etat, Pierre Dartout, a confirmé qu’un « projet de budget rectificatif » 2024 sera bien déposé par le gouvernement à l’occasion de la session de printemps 2024. « À quelle date précise ? Je n’en sais rien encore, a-t-il ajouté. Tout dépendra du travail qui pourra être fait d’ici le début du mois d’avril 2024. » Ce premier budget rectificatif viendra s’ajouter au budget rectificatif qui se déroule habituellement chaque année, au mois d’octobre.

Le vice-président du Conseil national, Jean-Louis Grinda, a rappelé, à son tour, qu’il lui était souvent arrivé de ne pas voter un budget pour des raisons qui s’apparentent à celle défendues par Christophe Brico. Mais ce premier budget rectificatif est « une façon moderne de travailler », a estimé Jean-Louis Grinda : « Chaque conseiller national a le droit de penser ce qu’il veut. Il y a une majorité d’élus qui apprécient la main tendue du gouvernement à ce sujet. » Franck Julien a rappelé que lors de l’élection nationale de février 2023, la liste L’Union était une liste d’union nationale, qui incluait des élus issus de plusieurs groupes politiques : Priorité Monaco (Primo!), Horizon Monaco (HM), et Union Monégasque dont fait part partie Jean-Louis Grinda. Mais aussi que « union ne veut pas dire « uniformité » » : « Il y a de nombreux points sur lesquels je suis d’accord avec monsieur Brico, et j’aurai l’occasion de le dire un peu plus tard dans ces débats. » A son tour, Christophe Brico a confirmé qu’union ne veut pas dire « unanimisme », et qu’il y a une majorité de points sur lesquels un accord existe avec Franck Julien : « Je préside une commission qui a vocation à travailler sur la nature de notre lois de budget et de nos comptes publics, donc il me semble assez naturel que je sois un peu plus sensible que d’autres sur ces questions-là. »



