Après avoir quitté le fauteuil de conseiller-ministre pour l’économie et les finances fin 2012, Marco Piccinini vient d’être à nouveau nommé par le prince Albert II dans cette même fonction. Il succède à Jean Castellini, qui sera resté un peu plus de dix ans en activité.
Il avait succédé à Sophie Thevenoux en janvier 2011 au poste de conseiller-ministre pour l’économie et les finances. L’homme d’affaires italien naturalisé monégasque, Marco Piccinini, avait ensuite annoncé sa volonté de quitter le gouvernement en octobre 2012. Le 21 décembre 2012, Jean Castellini lui avait succédé. Fait rare, près de onze ans plus tard, les rôles se sont inversés. Marco Piccinini est revenu pour occuper la place de Jean Castellini, qui a officiellement quitté ses fonctions le 15 septembre 2023. Marco Piccinini va donc évoluer en territoire connu, puisqu’il va retrouver le même fauteuil et le même département qu’en 2011.
L’homme d’affaires italien naturalisé monégasque, Marco Piccinini, avait annoncé sa volonté de quitter le gouvernement en octobre 2012. Le 21 décembre 2012, Jean Castellini lui a succédé. Fait rare, près de onze ans plus tard, les rôles se sont inversés. Marco Piccinini est revenu pour occuper la place de Jean Castellini
Prada
Né en 1952 à Rome, Marco Piccinini est le fils de l’industriel italien Arnaldo Piccinini qui a mené sa carrière dans le secteur de l’industrie électronique. Il dirigeait un groupe qui contrôlait plusieurs marques, notamment Voxson et Videocolor. Après des études d’architecture à Rome, Marco Piccinini a pratiqué les techniques de négociation internationale à l’Institut des hautes études internationales à Genève. À la fin des années 1960, sa famille s’est désengagée de ces différentes activités industrielles et a décidé de venir vivre à Monaco. De son côté, c’est en 1972 que Marco Piccinini s’est installé en principauté. Son parcours est essentiellement marqué par deux grands domaines : la finance et le sport. En principauté, il est notamment passé par le conseil d’administration de l’Automobile Club de Monaco (ACM), de 1981 à 2010. De 1999 à 2010, il a rejoint le comité exécutif du Yacht Club de Monaco et du Monte Carlo Country Club. De 2003 à 2009, il a aussi intégré le conseil d’administration de l’AS Monaco. Cet homme d’affaires italien a été naturalisé monégasque en 2003. Sa page Wikipedia le présente aussi comme « l’un des artisans des accords Concorde, la charte régissant la réglementation, ainsi que les aspects règlementaires et financiers du championnat du monde de Formule 1 (F1) ». En parallèle, de 1983 à 2016, il a été membre du conseil d’administration de Ferrari. Passionné de sport, il a été nommé président de la commission italienne du sport automobile (CSAI) de 1993 à 1994. Toujours en 1994, il a occupé le fauteuil de vice-président de la fédération internationale de l’automobile (FIA). De 1998 à 1999, il a enchaîné et il est devenu directeur général adjoint de la Formula One Group, l’entité qui possède les droits du championnat du monde de F1. En dehors des courses automobile, il s’est aussi impliqué dans la Coupe de l’America entre 1997 et 2 000. Il a ainsi été vice-président de l’équipe Prada, à l’occasion de la 30ème édition de la Coupe de l’America à Auckland, en 2 000. Entre 1998 et 2008, retour à la F1. On retrouve alors la trace de Marco Piccinini à la vice-présidence de la FIA et à la présidence du conseil mondial du sport automobile, l’organe exécutif qui réglemente toutes les disciplines du sport automobile dans le monde.
« Personnalité monégasque respectée dans le domaine de l’économie et des finances, M. Piccinini dirigera les efforts visant à renforcer la position économique de Monaco sur la scène mondiale et à promouvoir un environnement favorable à la prosperité et l’innovation » Communiqué du palais princier publié le 15 septembre 2023
« Conseiller spécial »
En ce qui concerne le secteur de la finance, Marco Piccinini affiche une série d’expériences dans diverses banques et entreprises : la société de crédit et de banque de Monaco de 1975 à 1989, la société d’études de participations et de courtages (1978-2010), le crédit mobilier de Monaco (1981-2010), la compagnie monégasque de banque (2006-2010), la banque Finter Zurich (1989-2015), le conseil d’administration de la Société des bains de mer (SBM) de 1998 à 2009, Poltrona Frau SpA (2006-2010), Charme Capital Partners SGR (2007-2016), Italcementi Spa (1992-2013), et Church’s Shoes Ldt. de 2006 à 2014. Un parcours qui ne laisse pas indifférent en principauté, et qui lui a permis d’être nommé ambassadeur de Monaco pour la Chine et l’Inde en 2009, puis conseiller-ministre pour l’économie et les finances en janvier 2011, en remplacement de Sophie Thevenoux. Le 23 octobre 2012, un communiqué du palais princier avait annoncé son départ, expliquant qu’il avait indiqué au prince Albert II « son souhait d’être déchargé de ses fonctions » et ce, « après en avoir informé le ministre d’Etat, Michel Roger ». Après une série de débats budgétaires tendus, la fatigue et le désir de retourner travailler dans le secteur privé ont alors, peut-être, pris le dessus. Cinq ans plus tard, il a toutefois fait un bref retour au gouvernement princier, en acceptant un poste de « conseiller spécial » auprès du ministre d’Etat, Serge Telle, en 2017.
« Dévouement »
« Personnalité monégasque respectée dans le domaine de l’économie et des finances, Monsieur Piccinini dirigera les efforts visant à renforcer la position économique de Monaco sur la scène mondiale et à promouvoir un environnement favorable à la prosperité et l’innovation », détaille un communiqué du palais princier. Un deuxième communiqué, également publié le 15 septembre 2023, rappelle le parcours de Jean Castellini, qui a « servi fidèlement le prince et son gouvernement depuis près de 18 ans », d’abord au sein du cabinet princier, puis en endossant le rôle de secrétaire général de la commission de contrôle des activités financières (CCAF), et enfin en assurant la fonction de conseiller-ministre pour l’économie et les finances du 26 décembre 2012 au 15 septembre 2023. Né le 21 janvier 1968, Jean Castellini aura donc passé dix ans, huit mois et 15 jours dans le fauteuil de conseiller-ministre de l’économie et des finances. Dans un communiqué de presse, le prince Albert II a « remercié » Jean Castellini « pour son dévouement et sa loyauté tout au long de ses fonctions au sein de mon cabinet, puis de mon gouvernement ». Avant d’ajouter : « Je rends hommage à ses nombreuses actions menées depuis près de 18 ans à mon service, ainsi que ses qualités humaines et professionnelles, unanimement reconnues en principauté. J’adresse tous mes vœux de succès à Monsieur Jean Castellini dans le cadre de ses futures activités. »



