mercredi 22 avril 2026
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Cigarette électronique jetable — Franck Lobono : « C’est une cochonnerie ! »

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Le président de la commission des intérêts sociaux et des affaires diverses du Conseil national, Franck Lobono, indique qu’une discussion est en cours au sein des élus de l’Assemblée, afin de réfléchir à une proposition de loi pour interdire la vente de « puffs », les cigarettes électroniques jetables, à Monaco. Interview.

La « puff » est-elle un produit anodin pour la santé d’un adolescent ?

Dès lors qu’il s’agit d’un produit qui s’absorbe, on ne doit pas le considérer comme « anodin », a fortiori quand il attire des consommateurs jeunes. Si je dois être honnête et transparent, je pense personnellement que ces produits sont des « cochonneries », qui créent des addictions. Chez des jeunes, ça peut également être une première étape vers la cigarette, ce qui n’est sûrement pas une bonne chose.

Même sans nicotine, pour les médecins, les arômes fantaisistes des cigarettes électroniques jetables, dont on ne connaît ni la composition, ni la toxicité à long terme, posent question ?

La nicotine n’est pas le seul danger dans un produit qui s’inhale. Quand on sait que les bougies d’ambiance font l’objet de surveillance en raison de la nocivité supposée des parfums de synthèse, je crois que les craintes des médecins sur la « puff » sont parfaitement fondées, et leurs recommandations devront être prises en considération.

Avez-vous des informations sur le niveau de consommation chez les jeunes de Monaco ?

Je n’en ai aucune idée. Mais je suppose qu’ici, c’est comme ailleurs. Ces produits ont tout pour séduire les jeunes : ils sont abordables, « marketés », et leur usage semble très ludique.

Même si la vente de « puff » est normalement interdite aux mineurs, comment s’assurer qu’ils ne parviennent pas à s’en procurer quand même ?

Ce qui est vrai pour la « puff » est vrai pour tous les produits réglementés. Le vendeur a une responsabilité, comme pour l’alcool. Les autorités doivent contrôler et sensibiliser tous les acteurs de la chaîne. Cependant, dans la hiérarchie des dangers, il y a des produits bien pires qui nécessitent une vraie mobilisation. Et on ne peut pas demander à la sûreté publique de créer une brigade contre la « puff ».

De par sa composition et parce qu’elle est non rechargeable, la cigarette électronique jetable est aussi dangereuse pour l’environnement : comment s’en protéger ?

Je crois que ce produit est une concentration de toutes les dérives de la société de consommation. C’est mauvais pour la santé, ça crée des addictions et ça pollue… Je vous confirme mes propos précédents : c’est une cochonnerie !

En France, une proposition de loi visant à interdire la cigarette électronique jetable a été déposée à l’Assemblée nationale en novembre 2022 : allez-vous faire de même et déposer une proposition de loi au Conseil national ?

Je n’aurai aucun scrupule à soutenir ce genre de proposition de loi. Cela n’a pas encore fait l’objet d’échanges entre nous au Conseil national, mais ça pourrait arriver. Je devrais en discuter prochainement avec la présidente [du Conseil national — NDLR], Brigitte Boccone-Pagès, et l’ensemble des élus.

Si la France interdit la « puff » et que Monaco ne suit pas ce mouvement, le risque c’est de devenir un lieu d’approvisionnement pour les adolescents des communes limitrophes ?

Si la France interdit la « puff » pour des raisons sanitaires et environnementales, je ne vois pas comment la principauté ne ferait pas de même. Nous devons être cohérents dans nos politiques, dans un pays qui protège ses adolescents, et qui mène une croisade permanente pour préserver la planète.

Pour revenir au début notre dossier « Faut-il interdire les cigarettes électroniques jetables ? », cliquez ici.

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