L’Institut monégasque de la statistique et des études économiques (Imsee) a publié son observatoire annuel de l’emploi, portant sur l’année 2024. Au 31 décembre, la principauté comptait 78 364 emplois, dont 70 825 salariés, privé et public confondus, et 7 539 non-salariés. Une hausse globale de 4,8 % sur un an, et de 30,7 % depuis 2015, avec un rythme de croissance annuel moyen établi à 2,9 % sur la décennie. Le secteur privé représente 92,6 % de l’emploi salarié, et continue de croître plus rapidement que le public. À lui seul, le Grand secteur d’activité (GSA) « activités scientifiques et techniques, services administratifs et de soutien », concentre 25,6 % des postes, dopé notamment par les agences de travail temporaire (+ 13,5 % en un an). Suivent l’hébergement-restauration (14,4 %), la construction (10,9 %) et les services à la personne (10,9 %). La part des femmes dans l’emploi salarié continue de baisser, atteignant 37,9 % contre 38,3 % un an plus tôt, et 40,7 % en 2015. Une tendance marquée dans l’intérim : elles représentaient un intérimaire sur cinq il y a dix ans, contre 12,4 % aujourd’hui. Parallèlement, l’âge moyen des salariés du privé est passé de 41,3 à 42,4 ans, principalement en raison de la hausse du nombre de travailleurs de plus de 55 ans.
Autre évolution structurelle : les salariés travaillent de plus en plus loin de la principauté. Plus de 80 % résident en France, notamment à Nice (27,6 %) et Menton (12,4 %), devant même Monaco (10,1 %). La part de pendulaires s’est accrue depuis 2017. Les Français restent largement majoritaires (60,6 %), devant les Italiens (15,4 %) et les Portugais (7,1 %). La population roumaine, en forte progression, a été multipliée par cinq en dix ans. Les Monégasques, eux, sont 1 014, un chiffre stable mais en baisse relative (1,7 % des emplois contre 2,1 % en 2015). Ils sont présents surtout dans l’hébergement-restauration, et majoritairement salariés (37,5 % de femmes). L’intérim connaît une forte croissance : près de 7 800 salariés y sont recensés (dont 87,6 % d’hommes), soit un quasi-doublement en dix ans. À l’opposé, l’emploi domestique (environ 2 750 personnes, majoritairement des femmes) rassemble des profils variés : employés de maison, chauffeurs, comptables, infirmiers ou encore marins. Les nationalités dominantes y sont française, portugaise, italienne et philippine.
En ce qui concerne le télétravail, près de 6 800 personnes en bénéficiaient fin 2024, un chiffre en hausse de 19 % sur un an, après une progression de 27,9 % l’année précédente. Une majorité (70 %) réside hors des communes limitrophes, 18 % dans ces communes, 10 % à Monaco et 2 % en Italie. Le nombre d’employeurs est, quant à lui, resté stable (6 355), dont 42 % sont des ménages employeurs. Les plus grandes entités se trouvent dans l’administration, la santé, l’hébergement-restauration et la construction.
Le secteur public, quant à lui, compte 5 226 agents, en hausse de 1,4 %. Trois quarts sont affectés à l’administration gouvernementale, avec des pôles majeurs à l’intérieur (sûreté publique, éducation) et à l’équipement. En 2024, 470 recrutements ont été réalisés, dont 77 % de Français et 15,5 % de Monégasques. Sur dix ans, la fonction publique a crû de 17,4 %, avec une féminisation progressive (44 % de femmes). La proportion de Monégasques y a baissé (de 30,1 % à 24,1 %), au bénéfice des Français, passés de 64,1 % à 70,3 % – une évolution qui participe à l’augmentation des pendulaires dans le secteur public. Les non-salariés sont désormais 6 092 (+ 2,4 % sur un an), concentrés dans les services spécialisés (design, photographie, traduction…), devant le commerce de gros. Les secteurs paramédical et de l’architecture-ingénierie affichent les plus fortes croissances.
Globalement, l’activité des indépendants a progressé de 40 % en dix ans. Les hommes y sont majoritaires (70,7 %), mais certaines branches (coiffure, soins de beauté, enseignement, services à la personne) comptent une majorité de femmes. Si le nombre de Monégasques a augmenté, leur part relative a baissé (13,8 % contre 17,2 % en 2015), les Français représentant désormais près d’un tiers de cette population. L’Imsee précise enfin que le nombre d’emplois peut légèrement excéder le nombre de personnes actives, certaines cumulant plusieurs postes, notamment dans les secteurs de l’emploi domestique ou parmi les indépendants.



