Les entreprises familiales françaises ont les moyens de devenir les leaders dans leurs domaines d’activité, à condition de pouvoir réussir l’étape de la transmission et de se développer à l’international. Mais la législation est jugée inadaptée.
Les entreprises familiales sont un maillon clé du tissu industriel local et du dynamisme économique d’un pays. En France, elles représentent 83 % des sociétés. Ce type de structures capitalistiques traverserait même mieux les périodes de crise. « Quand les marchés s’affolent et qu’il s’agit de faire face à des moments difficiles, l’entreprise familiale obtient de ses collaborateurs et de son actionnariat, l’implication et la flexibilité qui lui permettent de s’adapter », souligne Bernard Gainnier, associé, responsable du développement au sein du cabinet d’audit et de conseil PwC. Des atouts qui tiennent au fait que le capital humain est au cœur de la stratégie de ce type de sociétés, selon les conclusions d’une récente étude* réalisée par PwC sur les entreprises familiales françaises, et élaborée en collaboration étroite avec le Family Business Network France, association représentative des entreprises familiales.
Long terme
En effet, 67 % des dirigeants français interrogés dans le cadre de l’étude PwC estiment que le caractère familial de leur entreprise a permis de mieux traverser la crise. Les raisons invoquées sont notamment?: la solidarité qui incite les dirigeants à préserver le personnel à tout prix, la gestion prudente, l’anticipation qui permet d’éviter les risques et les projets trop ambitieux mais également l’absence de pression des actionnaires. « Les dirigeants d’entreprises familiales ont par ailleurs des ambitions raisonnables en termes de rentabilité, de l’ordre de 5 à 10 % quand d’autres visent 10 à 15 %, poursuit Bernard Gainnier. Leurs perspectives s’inscrivent sur le long terme. »
L’étude met avant tout en exergue qu’une majorité des entreprises familiales ont les moyens de devenir les leaders dans leurs domaines d’activité… à condition de pouvoir, notamment, réussir l’étape de la transmission. 58 % des dirigeants familiaux français interrogés ont d’ailleurs prévu de transmettre à la prochaine génération de la famille.
« Le choix de céder une partie du capital à une ou plusieurs personnes en dehors de l’entreprise est envisagé lorsqu’il s’agit de la seule solution pour préserver l’entreprise et assurer sa pérennité au sein de la famille », précise l’étude. S’agissant de leur capacité à se croître et à devenir des leaders, les entreprises familiales interrogées identifient deux principaux leviers?: l’international et l’innovation. Selon l’étude PwC, 62 % des dirigeants prévoient d’ailleurs de se développer à l’international sur les deux prochaines années. « A la recherche d’une proximité de valeurs, la majorité envisage de créer une filiale ou bien d’acheter d’autres entreprises familiales », ajoute l’étude. L’innovation et la R&D sont également au cœur de leurs préoccupations avec 1 % à 5 % du chiffre d’affaires consacré à ces deux domaines.
Réglementations insuffisantes
Toutefois, les réglementations en vigueur sont considérées comme insuffisantes ou inadaptées, à la fois dans le domaine de la transmission d’entreprise et celui du développement à l’international. « Transmettre l’entreprise à la prochaine génération, c’est avant tout construire dans la durée, préserver et créer des emplois, et contribuer à pérenniser les économies locales. L’entreprise familiale est un modèle économique durable. C’est la raison pour laquelle il est urgent que la France se penche sur les législations en vigueur en matière de transmission familiale », fait valoir Luc Darbonne, président du FBN France. D’ailleurs, 53 % des dirigeants interrogés estiment qu’elles sont insuffisantes ou non adaptées. « La transmission est une étape essentielle du processus permettant à ces entreprises de grandir au même titre que le développement à l’international, sujet sur lequel les mesures gouvernementales sont également jugées insuffisantes ou non adaptées par 75 % des dirigeants d’entreprises familiales », poursuit-il. Dans le top 3 des attentes en matière de politique publique, la législation sociale et la législation fiscale sont citées respectivement par 94 % et 93 % des dirigeants interrogés. A noter également que 52 % des dirigeants déclarent rencontrer des difficultés de recrutement, de fidélisation des talents et de mobilité dès lors qu’il s’agit de développer l’entreprise à l’international.




