mercredi 29 avril 2026
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Mélanome?: pourquoi la recherche avance

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Dermatologie
© Photo D.R.

Avec plus de 8?000 nouveaux cas par an en France, le mélanome reste l’un des cancers les plus redoutables. Les découvertes se multiplient pourtant pour lutter contre ces tumeurs, en grande partie liées rayonnement UV. Eclairage avec Nathalie Labarrière, chercheuse à l’INSERM et spécialiste de la maladie.

Monaco Hebdo?: Qu’est ce qui fait aujourd’hui du mélanome un cancer particulièrement difficile à prendre en charge??

Nathalie Labarrière?: La spécificité de ce cancer est qu’il est fortement résistant à la chimiothérapie et à la radiothérapie, sans que l’on sache encore pourquoi. Cela complique la prise en charge dans la mesure où chimio et radiothérapie restent les traitements de référence contre les tumeurs cancéreuses. Quand ils sont détectés suffisamment tôt, les mélanomes peuvent être traités par chirurgie. L’extraction a lieu sous anesthésie locale. Mais ces cancers provoquent très facilement des métastases, dont les plus précoces au niveau des ganglions. Et là, le traitement doit être renforcé.

M.H.?: Quels sont les recours à ce stade??

N.L.?: On s’appuie sur une autre spécificité du mélanome?: sa très forte « immunogénicité ». Les tumeurs du mélanome peuvent en effet être reconnues et combattues par le système immunitaire. Ce qui n’est pas le cas de la plupart des autres formes de cancers. L’enjeu est donc de proposer des immunothérapies qui aident le système immunitaire – et ses fameux lymphocytes T – à lutter contre les tumeurs.

M.H.?: Quelles sont les voies de recherche en la matière??

N. L?: Jusqu’à présent, on injectait des lymphocytes en nombre pour « doper » le système immunitaire. Le problème est qu’il existe différents types de lymphocytes, et que tous ne savent pas lutter contre ce type de tumeurs. L’une des voies de recherche actuelle consiste à sélectionner les lymphocytes les plus « réactifs ». C’est la piste sur laquelle nous travaillons à l’Inserm, avec le CHU de Nantes et le soutien de l’ARC (Association pour la recherche sur le cancer). D’autres équipes proposent également de mener des chimiothérapies préalables, qui pourraient renforcer l’action des lymphocytes administrés. L’autre grand champ d’action consisterait à stimuler de manière plus globale le système immunitaire en proposant des vaccins thérapeutiques. Il s’agirait de vaccins destinés aux patients déjà malades. Mais il faut encore trouver les bons modes d’injection et cibler les bons antigènes.

M.H.?: Ces stratégies d’immunothérapie donnent des résultats limités aux stades les plus avancés. Les traitements ne fonctionnent que dans 15 à 20 % des cas. Y a-t-il des avancées à ce stade aussi??

N.L.?: Le problème aux stades les plus avancés est que les cellules cancéreuses résistent mieux à nos défenses. Le système immunitaire est vite débordé. Il faut donc multiplier les approches pour aider notre organisme à se défendre. Là aussi, des traitements très prometteurs sont actuellement à l’essai – notamment des anticorps monoclonaux qui permettent de rallonger d’un tiers la survie des malades.

M.H.?: Ces travaux en immunothérapie menés dans la lutte contre le mélanome peuvent-ils servir à la lutte contre d’autres cancers??

N.L.?: Le mélanome suppose une prise en charge très spécifique mais d’autres cancers ont également des dimensions immunogènes – notamment le colon ou la prostate. Les avancées en immunothérapie que nous réalisons aujourd’hui pourront renforcer demain l’arsenal contre ces tumeurs.


La crise affecte la prise en charge de la dépendance
Selon un sondage de la Fédération hospitalière française (FHF), 55 % des Français avouent ne pas se sentir capables de prendre en charge une personne âgée dépendante. 42 % seraient dans l’incapacité de s’acquitter du coût moyen mensuel de 2?200 euros correspondant à l’hébergement en maison de retraite. Par ailleurs, seulement 14 % des parents des sondés pourraient financer leur maison de retraite, et 29 % seraient obligés de vendre tout ou partie de leur patrimoine.
L’insomnie au féminin expliquée??
Selon une équipe de chercheurs franco-américains, les nuits blanches de ces dames pourraient en partie s’expliquer par… leur horloge biologique. Les scientifiques viennent en effet de montrer que l’horloge interne des femmes avancerait de 6 minutes en moyenne plus vite que celle des hommes. Autre constat?: les femmes auraient 2,5 fois plus de risque d’avoir un rythme circadien de moins de 24 heures. Autrement dit, leurs journées déterminées par l’horloge biologique s’achèveraient avant que 24 heures ne se soient écoulées. Ces données pourraient expliquer les levers plus matinaux des femmes ainsi que certains de leurs troubles de sommeil.
Quels vaccins pour les vacances à l’étranger??
A l’approche des premiers grands départs d’été, le Haut conseil de la santé publique français vient de livrer ses recommandations vaccinales. Cette année, l’accent est particulièrement mis sur la vaccination contre la fièvre jaune (en Afrique et Amérique du Sud). La vaccination doit y être réalisée « même en l’absence d’obligation administrative ». Autres risques majeurs?: les encéphalites, pour les séjours de plus d’un mois en Indonésie, Thaïlande ou Chine, et l’hépatite A pour les vacances dans tout pays à « hygiène précaire ».

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