vendredi 17 avril 2026
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Budget de l’Etat : comment expliquer cet excédent de 94,1 millions ?

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Le budget de l’État monégasque n’en finit pas d’augmenter. Entre 2022 et 2023, son excédent a bondi de 94,1 millions d’euros, selon un récent rapport de l’Institut monégasque de la statistique et des études économiques (IMSEE). Monaco semble avoir profité des meilleures tendances.

En Europe, la dette des grandes puissances explose, et leurs gouvernements rivalisent d’ingéniosités pour continuer d’emprunter à taux bas. Et puis, au milieu de cet affolement ambiant, il y a Monaco que rien ne semble effleurer, avec ses 2,2 milliards de budget. Tout n’est bien évidemment pas comparable, mais cette tendance à afficher de tels montants dans une période aussi instable économiquement, interpelle toujours autant. Rien qu’en un an, entre 2022 et 2023, l’excédent budgétaire de la principauté est passé de 32,2 millions à 126,3 millions d’euros selon l’Institut monégasque de la statistique et des études économiques (IMSEE). Mais d’où provient ce bond quasi record de 94,1 millions d’euros d’excédents, réalisé en si peu de temps ?

Merci les recettes fiscales

Première explication : en 2023, les recettes de l’État ont augmenté plus vite que les dépenses. L’excédent budgétaire a donc augmenté par rapport à l’année précédente. Ces recettes de l’État se sont rapprochées des 2,2 milliards d’euros, comme indiqué lors des premières session d’examen du budget rectificatif 2023.

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Cela s’explique, en grande partie, par la hausse de 232,8 millions d’euros de recettes fiscales. Dans le détail, cette hausse repose principalement sur les transactions commerciales, qui ont augmenté de 152,8 millions d’euros cette année-là, soit une hausse de 15,3 %. Une belle performance, qui traduit le dynamisme du commerce monégasque. Cette performance est d’autant plus belle que cette hausse des recettes fiscales se fait malgré une forte chute de 111,1 millions des revenus du domaine immobilier. Selon l’IMSEE, cette chute est le fait « d’inscriptions exceptionnelles ayant pour but de matérialiser ces échanges ». En excluant ces opérations, cette composante progresserait de 5,9 millions par rapport à 2022, soit +2,4 % selon l’IMSEE.

Entre 2022 et 2023, l’excédent budgétaire de la principauté est passé de 32,2 millions à 126,3 millions d’euros, selon l’Institut monégasque de la statistique et des études économiques

Des dépenses, mais pas trop

Deuxième explication : les dépenses sont maîtrisées. L’État ne s’est pas serré la ceinture, mais il n’a pas ouvert tous les robinets non plus. Les dépenses ordinaires étaient en effet en forte hausse à la fin de l’exercice 2023 (+13,5 %, soit + 140 million), mais elles ont été intégralement compensées par la réduction des dépenses d’équipement (- 115 % soit – 112,7 millions). Dans le détail, à la clôture de l’exercice 2023, les dépenses budgétaires ont progressé « modérément » de 30,3 millions (+1,5 %) selon l’IMSEE. Cette évolution s’explique principalement par la croissance de 88,5 millions des dépenses d’interventions publiques. Les dépenses de fonctionnement ont également augmenté (+ 54,6 millions d’euros) au travers des dépenses communes et des moyens de services. En revanche, les dépenses d’équipement et d’investissements ont diminué de 112,7 millions, « de nouveau en raison des opérations exceptionnelles enregistrées en 2022 », note l’IMSEE. Sans compter ces dernières, cette composante serait en hausse de 9,3 millions d’euros.

Cette augmentation s’explique en grande partie par la hausse de 232,8 millions d’euros de recettes fiscales. Dans le détail, cette hausse repose principalement sur les transactions commerciales, qui ont augmenté de 152,8 millions d’euros cette année-là (+ 15,3 %) 

Le fonds de réserve constitutionnel dépasse les 7 milliards d’euros

Le fonds de réserve constitutionnel dépasse pour la première fois, quant à lui, les 7 milliards d’euros de valorisation. C’est encore loin des 1 435 milliards de capitaux du fonds souverain norvégien, le plus grand fonds souverain au monde, mais Monaco ne va pas bouder son plaisir non plus. Ce fonds a profité de la hausse générale des marché. D’abord celle des matières première, le fonds de réserve constitutionnel comprenant une réserve d’or physique équivalent à 343 millions d’euros. Même chose pour les placements financiers, avec une partie « financière » de 2,3 milliards, composée de titres de fonds communs, avec placement composés d’actions (40 %) et d’obligations (60 %), ainsi que des disponibilités bancaires. Et, enfin, une partie « illiquide » de 4,4 milliards d’euros. Elle est composée essentiellement d’immeubles, pour 2 milliards d’euros. « La réévaluation des biens immobiliers se fait selon l’évolution de l’indice de la construction BT01. Ces biens immobiliers sont situés à Monaco ou dans les communes limitrophes, à l’exception des ambassades », précise l’IMSEE. La valeur des immeubles est d’ailleurs en légère augmentation sur l’exercice 2023 (+1,1 %), en raison des acquisitions, ventes et opérations réalisées. Ces biens détenus génèrent des revenus locatifs, dans leur grande majorité, en étant occupés par des entreprises, des commerces, ou même des particuliers. Cette part « illiquide » comporte aussi des participations de l’État au capital d’entreprises comme la Société des bains de mer (64,2 % du capital), ou sociétés qui ont des liens directs avec l’État, comme les sociétés concessionnaires : la société monégasque de l’électricité et du gaz (SMEG), la société monégasque des eaux (SMEAUX), la société d’exploitation du Grimaldi Forum, et celle des ports de Monaco. En 2023, cette part représentait 1,7 milliard d’euros. En ce qui concerne la participation de l’État dans Monaco Telecom, en revanche, celle-ci relève de la comptabilité du budget de l’État. Il faut croire que cette stratégie est gagnante.

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