
Le photographe Guillaume Barclay, fils d’Eddie, prolonge l’expérience du Barclay’s Club au Métropole pour trois mois. Une galerie éphémère qui trouve son public.
Par Coralie Bouisset.
Guillaume Barclay est un homme de défis. Logique donc qu’il relève le challenge que lui a lancé le Métropole fin 2010. En octobre dernier, le centre commercial monégasque lui propose de créer une galerie éphémère afin d’exposer ses œuvres jusqu’au 21 mars. « C’était une nouvelle expérience, la possibilité d’exposer mon travail et de promouvoir des artistes connus ou inconnus », explique le photographe. Le fils d’Eddie Barclay lance alors le concept du Barclay’s Club?: un vernissage est prévu tous les jeudis, mettant à l’honneur un artiste différent chaque semaine. Stéphane Cipre, Christy Lee Rogers, Patrick Moya, Charlélie Couture. Amis, rencontres inattendues ou anciens collaborateurs d’expositions, ils répondent tous à l’appel et acceptent la règle du jeu. L’objectif de cet artiste, venu à Monaco « pour une femme » et restant aux alentours du Rocher pour sa fille, est simple?: « Créer un lien entre mon boulot et le travail des autres. Contrairement à certaines galeries qui ne soutiennent plus les jeunes et deviennent plus commerciales qu’artistiques. » Force est de constater que le concept de cet homme discret, qui travaille dans le noir, plaît. Le Métropole lui a donc proposé trois mois d’ouverture supplémentaires. « La galerie commence vraiment à marcher, les ventes augmentent, les gens ont pris leurs habitudes », souligne Guillaume Barclay.
Un Barclay’s Club à Saint-Tropez et peut-être à Paris
Pour les trois prochains mois, il compte travailler sur des thèmes plutôt que sur des artistes en solo. L’occasion aussi de renouveler ses propres tirages. Un travail personnel réalisé dans les locaux de sa galerie, transformée en studio pour l’occasion. Sa technique?? L’utilisation de la fibre optique. « Je pose la lumière où je veux. Un flash aplatit l’image, la fibre permet la création de volumes, d’ombres », détaille le photographe. Pour sa prochaine série, hommes et femmes poseront dans le noir avec un voile de tissu vert?: « J’avais pris ma fille en photo, entourée par ce châle, qui ressort très bien en lumière. Se dessine alors un côté religieux du XIXème qui me plaît beaucoup. » Des projets, Guillaume Barclay en a à la pelle. « Je veux faire voyager le concept de la galerie éphémère. » Dès cet été s’ouvrira un Barclay’s Club à Saint-Tropez et peut-être même un autre, au début de l’automne, à Paris.
L’engouement de ce quadra pour la photographie ne date pas d’hier. « C’était une passion depuis longtemps. Mon parrain et ma marraine étaient photographes. » Tout jeune déjà, Guillaume baignait dans l’univers médiatique de son père. « Le rapport à l’image était constant. Des photographes le suivaient en permanence et j’ai souvent été bluffé par le talent de certains. » Puis, le jeune Barclay, d’origine parisienne, a tenu une agence de presse dans la capitale, pour laquelle il embauchait des jeunes sortis des Beaux-Arts. Pendant quatre ans, il mêle l’artistique au journalisme grâce à des reportages sérieux ou légers. Mais avec un angle volontairement surprenant?: « J’essaie d’être là ou l’on ne m’attend pas. » Aujourd’hui, Guillaume se libère de son nom et vit en dehors de l’ombre de son père Eddie. Son but?? Afficher l’envers du décor?: « Je veux montrer les gens différemment. Le but est qu’on ne reconnaisse pas les modèles au premier coup d’œil et offrir une vision différente de leur personnalité. »



