Voici une nouvelle version pour la BMW i4, la eDrive 35 moins puissante et dotée d’une batterie plus petite. Un régime sec pour concurrencer la Model 3 de Tesla, dont le tarif est imbattable. Disponible à partir de 57 550 euros, voici nos impressions. Le test de Monaco Hebdo, c’est par ici.
Née sous un concept car en 2019 et produite à partir de 2021, cette berline qui adopte les deux gros haricots sur son museau est déclinée en trois versions, dont la dernière née la eDrive35. Sur le papier, les données techniques sont alléchantes. Première de la gamme, cette eDrive35, se veut l’une des principales concurrentes de la Tesla Model 3. A l’origine, cette version n’était pas au catalogue. Mais voilà, la variation du tarif de la Tesla n’arrange pas BMW, qui se retrouve avec une i4 trop chère, et donc plus difficile à vendre en Europe. Il a fallu trouver une solution et Euréka, la firme bavaroise propose une version moins puissante, une entrée de gamme qui va pouvoir se frotter à la Model 3. Malgré une baisse de 6 000 euros, la i4 eDrive35 n’arrive pas à s’aligner sur le tarif de la Model 3. Comment BMW compense-t-il cet écart de 13 000 euros entre les deux concurrentes ? Le modèle électrique se différencie de sa sœur thermique Série 4 Gran Coupé par un liseré bleu, tout autour de la calandre. Les flans des bas de caisse sont également bleutés. Malgré ces touches qui distinguent la version électrique de la version thermique, la i4 eDrive35 reprend la plateforme des séries 4. C’est l’un des points essentiels qui la différencie avec une Tesla conçue spécifiquement pour être une voiture électrique.

Une ligne de caractère
Le gabarit reste similaire à celui d’une i4 thermique, à savoir une longueur de 4,78 mètres. La silhouette se veut dynamique, et le côté sportif peut être accentué grâce à la finition « sport » qui inclut des jantes en 18 pouces et un pack de carrosserie badgée « M ». Pour le coup, cette BMW a du caractère face à une Tesla que l’on voit déjà depuis quelques années sur les routes, et qui semble beaucoup plus lisse, moins exubérante. L’habitacle est bien équipé. On retrouve un écran central incurvé très large, qui réunit en réalité deux écrans. Le premier, de 12,3 pouces, est composé de l’instrumentation, et le second de 14,9 pouces, inclut le système multimédia. La navigation est fluide et l’ensemble s’intègre bien, sur le tableau de bord. L’auto possède une puce 5G, qui évite ainsi au propriétaire de se rendre chez le concessionnaire pour les mises à jour du système. Grâce à son empattement généreux, l’espace à bord est intéressant. Deux écueils réduisent cependant le volume : le tunnel de transmission, qui ne sert à rien, et le toit plongeant qui pénalise les grands gabarits qui voudraient s’asseoir à l’arrière. La i4 se rattrape avec son coffre de 471 litres, pouvant même aller jusqu’à 1 290 litres, une fois les sièges rabattus.

Presque 400 kilomètres d’autonomie
L’ensemble moteur et batterie est fixé sur le train et délivre 286 chevaux sur les roues arrière. Le 0 à 100 km/h n’est pas foudroyant, mais il atteint tout de même les six secondes. Les reprises sont vives grâce à un couple important de 400 Nm. L’auto peut atteindre les 190 km/h, une valeur à éviter, non pas pour les excès de vitesse que cela engendrerait, mais pour préserver l’autonomie, car une telle allure viderait très vite la batterie de 66 kWh. Selon les normes WLTP, l’autonomie est de 483 kilomètres. La réalité est différente. Comptez plutôt environ 400 kilomètres sur un parcours composé de ville, de quatre voies et d’autoroute. Pour les recharges, il faut plutôt miser sur les bornes de recharge de type Wallbox à la maison, ou Ionity sur la route. Ou alors, attendre 34 heures sur une prise domestique. C’est long. Mais c’est bien sur la route que la i4 sort le grand jeu. Elle se détache de la Tesla grâce à son dynamisme. C’est une BMW. La motricité passe bien aux roues arrière et la direction précise offre un comportement rassurant et très plaisant. Le centre de gravité, la rigidité de la caisse, et la suspension pilotée font oublier le poids de presque deux tonnes de cette berline. Agréable pour les longs trajets, comme pour les petites allées et venues, cette berline électrique est malheureusement chère. Elle reste avant tout une routière efficace, redoutable, et au-dessus de la concurrence. C’est avant tout une histoire de cœur qui a ses raisons. Et heureusement.
Note globale : 4/5
A conduire : 4/5
A financer : 3/5
Consommation – Autonomie : 3/5
Technologie : 4/5
Les plus : Ambiance haut de gamme, sensation de conduite, coffre volumineux
Les moins : Tarif encore trop élevé, l’espace à l’arrière



