
L’Union des syndicats de Monaco et sa branche dans le domaine hospitalier, le Syndicat des agents hospitaliers (SAH) revient sur la création du syndicat hospitalier autonome de Monaco (SHAM).
L’apparition du SHAM, nouveau syndicat indépendant dans le secteur hospitalier, l’Union des syndicats de Monaco (USM) l’avait évoquée furtivement lors de son congrès annuel le 2 avril dernier. Si cette division est regrettée, pour Monique Ferrete, secretaire générale de l’USM, elle n’a « pas été le centre des débats » lors du congrès. « L’événement, c’était le maintien et la poursuite de la croissance de l’USM. Au cours des trois dernières années les tentatives pour nous diviser, les coups de fil anonymes, les appels médiatiques à la création d’une fédération dite « réformiste » se sont multipliés. La réponse a été donnée par notre congrès avec ses 160 délégués et plus de 30 syndicats présents. L’unité des travailleurs, c’est la richesse historique de l’USM et elle ne peut s’affirmer que par l’unité syndicale », dit-elle, estimant que « la capacité à rassembler dans une organisation qui appelle à la résistance et à un autre partage des richesses pour alléger les souffrances est un besoin impérieux. »
« Les salariés ont besoin d’union »
Sur la division provoquée par le SHAM, Françoise Sgro, secrétaire générale du syndicat des agents hospitaliers (SAH) affilié à l’USM, explique que « cette scission est intervenue suite à l’assemblée générale statutaire de décembre 2011 qui a élu comme chaque année un nouveau conseil syndical ». « Deux membres de la direction sortante n’ont pas reçu assez de voix pour être réélus et l’ancien secrétaire général n’a été élu qu’au bénéfice de l’âge. Ce fut le signal d’un départ brutal de la quasi-totalité de l’ancienne direction du SAH démontrant qu’une grande partie de celle-ci supportait mal la démocratie », soutient-elle. Selon la secrétaire générale du SAH, « ce qui a conduit à la division, c’est le glissement progressif de l’ancienne direction du SAH vers un syndicalisme perméable aux stratégies de la direction, peu transparent, s’autonomisant lentement du contrôle des syndiqués. La nouvelle équipe ne se satisfait pas de la division et estime que l’indépendance vis à vis de la direction est une condition indispensable au syndicalisme. » Monique Ferrete, secrétaire générale de l’USM, insiste?: « Les salariés ont besoin d’union car leurs intérêts communs s’opposent à ceux du patronat, y compris vis à vis de la direction de l’hôpital. »
Faveurs
Françoise Sgro dénonce par ailleurs des « faveurs » qui auraient été accordées aux fondateurs du SHAM peu avant les élections paritaires ayant placé le nouveau syndicat en tête. Ils ont, d’après elle, « bénéficié d’une remarquable liberté pour circuler, faire propagande pendant des jours et des nuits dans l’hôpital, alors que nous étions tenus à stricte application des textes en la matière ». « Officialisé en un temps record par le gouvernement, le SHAM a bénéficié de largesses exceptionnelles pour se construire », ajoute-t-elle. L’USM affirme, elle, qu’elle ne combat pas les syndicats autonomes mais « l’illusion qu’on puisse se défendre avec efficacité en étant coupé des autres entreprises et en multipliant des syndicats concurrents », selon Monique Ferrete. « Les relations commençaient à s’apaiser avec le SIPAR (1). Cette nouvelle division se produit alors que des questions très importantes entraînent des tensions dans l’hôpital, que des revendications brûlantes existent. Dans le passé, il est arrivé que le SIPAR soit à nos côtés dans la rue et dans la grève. Tant mieux. Pour l’avenir, nous verrons bien ce que fera le SHAM. Nous attendons de voir leurs positions. Premier test, les retraites », précise encore Françoise Sgro.



