Le 30 mai 2025, Philippe Choquet s’élancera de la place du palais pour relier la principauté de Monaco à celle d’Andorre. Ce périple a pour objectif de sensibiliser le grand public au don d’organe et aux maladies rares du foie chez l’enfant.
Il a des jambes et surtout du cœur. Philipe Choquet, 54 ans, installé à Vintimille, s’est lancé un beau défi pour 2025 : relier les deux principautés de Monaco et d’Andorre, intégralement à vélo, Et pour une cause noble : sensibiliser le public au don d’organe, et plus spécifiquement aux maladies rares du foie chez l’enfant. Ce passionné de cyclisme, qui a pour habitude d’arpenter les plus beaux cols de la région et d’Italie, comme le Stelvio, le Gavia et le Mortirolo, devrait se lancer le 30 mai 2025 au matin, depuis la place du palais. Ce sont ensuite 662 kilomètres qui l’attendront pour rejoindre Andorre, et 7 270 mètres de dénivelés. Motivé comme jamais, Philippe Choquet s’est donné pour objectif de boucler ce périple en seulement 36 heures. Excusez du peu.

« Tout le monde peut se dépasser »
Autant le dire tout de suite, il ne s’agit pas d’un projet qu’il prend à la légère. Si Philippe Choquet est sportif dans l’âme, sa motivation dépasse le simple cadre de la performance physique. Sa flamme est en effet partie d’autre part, loin de ses bucoliques hautes montagnes. Ce sont plutôt les chambres d’hôpital des services pédiatriques qui ont provoqué le déclic : « J’ai l’habitude de fonctionner en autonomie totale mais, à un moment donné, je me suis demandé pourquoi je parcourais tous ces kilomètres pour moi tout seul, raconte-t-il. J’ai donc voulu rouler pour une association, et c’est là que j’ai découvert Monaco Livre Disorder (MLD) par l’intermédiaire d’un ami. Ensemble, on a imaginé ce projet de relier Monaco à Andorre, et tout le monde s’est montré très emballé. » Personne ne l’a encore fait. Personne n’a encore jamais relié ces deux principautés, intégralement à vélo, pour une association. Pour ce faire, Philippe Choquet traversera Nice, Roquefort-les-Pins, Grasse, Fayence, Seillans, Draguignan, Aix-en-Provence, Sète, Agde, Narbonne… Beaucoup de pistes cyclables au programme, notamment en Camargue, sur cette route qu’il espère ensoleillée le jour-J. Puis viendra la redoutable étape finale, un col bien costaud de 34 kilomètres, sur un dénivelé de 2 300 mètres, pour atteindre Andorre : « Il y aura l’euphorie du départ, puis le calme, puis le doute. C’est là que le moral et le mental devront jouer. » Pour venir à bout de ce périple, il pourra compter sur ses expériences passées en compétitions, comme sa double participation au Milan-SanRemo, en amateur, ou encore les 7 Majeurs, qu’il a bouclés en cinq jours, en 2023. « Ces enfants qui sont touchés par la maladie le sont à vie, ils mènent un combat en permanence avec leur famille, alors j’estime que je peux sortir de ma zone de confort, pour eux, estime-t-il. Tout le monde peut le faire, tout le monde peut se dépasser s’il connaît ses limites, qui plus est pour une cause formidable. Il y a tellement de gens qui se battent pour ce type de cause quotidiennement, et dans l’anonymat. »
« Ces enfants qui sont touchés par la maladie le sont à vie, ils mènent un combat en permanence avec leur famille, alors j’estime que je peux sortir de ma zone de confort, pour eux »
Philippe Choquet
Un périple à 2 500 euros
Sur une partie de cette route, Philippe Choquet sera accompagné de trois personnes à bord d’un véhicule d’assistance. Il y aura un vidéaste, pour narrer l’exploit et mettre en avant les actions de l’association MLD, et deux autres pour la conduite et l’équipement. Il faudra en effet un vélo de rechange pour se parer de toute mauvaise surprise, et de quoi se ravitailler. Ce périple n’est pas aussi simpliste qu’il n’y paraît, et certainement pas gratuit : il lui faudra débourser environ 2 500 euros pour assurer cette échappée en moins de deux jours. Si le vélo est le sien, ainsi que la plupart des pièces de rechange, Philippe Choquet devra tout de même prévoir des frais de ravitaillement, de carburant, de péages, puis d’hôtel à Andorre une fois franchie la frontière.
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Heureusement pour lui, l’ensemble de ces frais seront pris en charge, à 97 %, par différentes entreprises partenaires de cet événement. Des entreprises tant bien de Monaco que d’Andorre. Y compris la mairie de Castellar, par l’intermédiaire de la réserve communale des feux de forêts, dans laquelle Philippe Choquet officie comme bénévole, en parallèle de son activité de chef d’immeuble, dans la sécurité incendie. Des dons privés ont également été récoltés sur la plateforme de financement participatif HelloAsso pour financer cette opération.

Mise en condition intense
Il faut maintenant préparer le corps et le souffle. Pour réussir son expédition en 36 heures seulement, Phillippe Choquet devra pédaler sur une moyenne de 20 à 25 kilomètre-heure : « Ce n’est pas une course de vitesse, il faudra surtout rester constant. » D’ici le 30 mai 2025, Philippe Choquet va donc opter pour un entraînement en zone 2, privilégiant l’endurance aérobie, avec une intensité modérée, mais bien marquée tout de même, pour évoluer dans les meilleures conditions le jour-J. Une préparation répétée trois à quatre fois par semaine, en plus de séances de yoga pour mieux gérer les étirements et garder la forme. En moyenne, son entraînement devrait cumuler 14 000 mètres de dénivelés entre janvier et mars 2025, étalés entre divers lieux emblématiques du département, comme le col de la Madone, le col de Braus, le fort de Revère et le mont Boron. Tout pour réussir ce projet. Et, s’il venait malencontreusement à se blesser pendant sa préparation, l’échappée belle ne sera que partie remise : « Je reporterai si je me blesse, mais je n’annulerai pas ». Des idées plein la tête, Philippe se voit déjà tenter un record à vélo prochainement, depuis son Nord de la France natal, et la frontière belge de Crespin, jusqu’à Monaco. Mais chaque chose en son temps.



