
Deux récentes études viennent de relancer les soupçons sur les effets de l’édulcorant vedette, présent dans plus de 6?000 produits alimentaires. De quoi susciter la panique dans les rayons de supermarchés??
Il a un pouvoir sucrant deux cents fois plus important que le sucre habituel… les calories en moins. Véritable graal pour tous ceux qui veulent chasser les kilos en trop, l’aspartame n’en finit pas de susciter les polémiques au sein de la communauté scientifique. Déjà soupçonné d’être à l’origine de maux divers (vertiges, crampes musculaires ou troubles visuels), il avait été accusé il y a quatre ans d’augmenter les risques de cancers du sein, tumeurs cérébrales ou leucémies par plusieurs études de chercheurs italiens et américains. Les attaques contre l’édulcorant vedette viennent d’être relancées ces derniers jours avec la publication de deux nouvelles recherches aux résultats pas vraiment rassurants.
Effets cancérigènes??
Une étude danoise d’abord pointe un lien entre la consommation de sodas allégés et le risque d’accouchements prématurés. Les femmes enceintes consommant des sodas allégés présenteraient un risque majoré de 38 % d’accouchements avant terme. L’édulcorant augmenterait plus le risque que la consommation de tabac selon les chercheurs… L’autre attaque vient de l’Institut Ramazzini en Italie qui étudie de longue date les effets cancérigènes de différents composants présents dans notre environnement alimentaire. A l’origine d’études récentes mettant en cause le fameux Bisphénol A (depuis largement prohibé par les autorités sanitaires internationales), les experts italiens traquent aujourd’hui l’édulcorant. L’exposition à l’aspartame entraînerait une augmentation significative des risques de cancer des poumons et du foie chez les souris mâles selon leurs travaux. A croire??
En guise de défense, les représentants de l’industrie agro-alimentaire rappellent que l’aspartame est l’un des composants de nos aliments parmi les plus surveillés. Plus de 200 études ont montré… l’absence de lien prouvé avec les apparitions de cancers — dont une étude aux USA menée sur plus de 500?000 personnes. Les autorités de santé ont d’ailleurs fixé une dose journalière de 40 mg par kilo et par jour d’aspartame qui — rappellent les défenseurs de l’aspartame- équivaut à la consommation quotidienne d’une quinzaine de canettes de sodas light pour une personne de 70 kg?!
Dans les sirops pour enfants
La réalité est probablement plus complexe. D’une part, l’aspartame est aujourd’hui présent dans plus de 6?000 aliments et 500 médicaments (dont de nombreux sirops pour enfants). La dose des 40 mg peut donc être vite dépassée en additionnant yaourts allégés, sodas light et autres produits minceur qui peuplent nos rayonnages. D’autre part, si le risque reste difficilement démontrable chez l’adulte, il est autrement plus préoccupant chez la femme enceinte et le jeune enfant. « L’embryon est en effet d’une extrême vulnérabilité », rappelle le docteur Laurent Chevallier, responsable nutrition du réseau Environnement santé.
Les autorités de santé française ont d’ailleurs annoncé qu’elles reverraient bientôt les données liées à l’aspartame. A la clé?? Une possible réévaluation du dosage journalier recommandé… En attendant, chacun peut exercer sa propre vigilance, caddie en main, en pistant dans les étiquetages les mentions « nutrasweet » ou « E951 » qui signent la présence d’aspartame…



