vendredi 20 mai 2022
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Variant Omicron : l’OMS craint un « risque très élevé » à l’échelle mondiale

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L’Organisation mondiale de la santé a affiché sa préoccupation face à un risque de diffusion planétaire de ce nouveau variant du Covid-19.

Depuis quelques jours, c’est l’inquiétude qui prédomine. Le ministre de la santé belge, Frank Vandenbroucke, a indiqué le 26 novembre 2021 qu’un cas du nouveau variant du Covid-19 détecté en Afrique du Sud, et jusqu’ici absent en Europe, avait été identifié en Belgique. « On a un cas qui est maintenant confirmé de ce variant. Il s’agit de quelqu’un qui venait de l’étranger, qui a été testé positivement le 22 novembre, et qui n’était pas vacciné », a expliqué Frank Vandenbroucke, lors d’une conférence de presse. Ce nouveau variant, le B.1.1.529, a été détecté pour la première fois en Afrique du Sud le 25 novembre 2021. Cette information a conduit une quinzaine de pays à durcir les conditions d’accès à leurs territoires. La France a suspendu pour au moins quarante-huit heures toutes les arrivées en provenance de l’Afrique du Sud, du Lesotho, du Botswana, du Zimbabwe, de Mozambique, de Namibie et d’Eswatini. « Les personnes ayant voyagé au cours des quatorze derniers jours dans l’un de ces pays sont invitées à se signaler aux autorités, et à réaliser dans les meilleurs délais un test de dépistage RT-PCR », a précisé Matignon. De son côté, l’Afrique du Sud s’est dite injustement « punie » par ces mesures, mettant en avant son travail qui a permis d’identifier ce variant et sa transparence. Le 26 novembre 2021, l’OMS recommandait pour sa part « aux pays de continuer à appliquer une approche scientifique et fondée sur les risques lors de la mise en œuvre des mesures relatives aux voyages, conformément aux recommandations temporaires du comité d’urgence. […] A ce stade, encore une fois, la mise en œuvre de mesures de restrictions aux voyages est déconseillée. » Pour l’avenir, la crainte serait que, pour éviter de se retrouver isolés, notamment économiquement, les pays où de nouveaux variants circulent ne les partagent plus spontanément avec la communauté scientifique mondiale. De toute façon, ce nouveau variant B.1.1.529 a déjà dépassé les frontières. Chaque jour qui passe, de nouveaux cas sont répertoriés dans différents pays.

Pour l’avenir, la crainte serait que, pour éviter de se retrouver isolés, notamment économiquement, les pays où de nouveaux variants circulent ne les partagent plus spontanément avec la communauté scientifique mondiale

G7

En France, huit cas « possibles » ont été détectés le 29 novembre 2021. Le ministère de la santé a indiqué qu’un séquençage était en cours pour confirmer cette information. Et, comme les experts s’y attendaient, le 30 novembre 2021, un cas d’Omicron a été identifié pour la première fois. C’est à La Réunion que ce sujet a été repéré. Il s’agit d’un homme qui s’est rendu au Mozambique, en passant par l’Afrique du Sud. En Italie, le 29 novembre 2021, les autorités ont évoqué un « patient zéro ». Il s’agit d’un salarié qui travaille au Mozambique, et qui présente un schéma vaccinal complet. Rentré en Italie le 11 novembre 2021, il a été placé à l’isolement et ses déplacements ont été passés au peigne fin. Réunis le 29 novembre 2021 à Londres, les ministres de la santé des pays du G7 ont milité pour une « action urgente ».

« Potentiel de propagation très rapide »

De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a communiqué, en soulignant que plusieurs semaines seront nécessaires avant d’être fixé sur le niveau de contagiosité et de virulence de ce nouveau variant B.1.1.529. Cependant, dans une note envoyée à ses Etats membres le 29 novembre 2021, l’OMS a indiqué que Omicron présentait « un risque très élevé ». Le 25 novembre 2021, des scientifiques sud-africains ont indiqué que ce nouveau variant affichait un nombre « extrêmement élevé » de mutations et un « potentiel de propagation très rapide ». Au vu de ce grand nombre de mutations, l’OMS craint qu’Omicron soit capable de résister aux anticorps apportés par un vaccin ou par une infection. Ce nouveau variant provoque donc énormément d’inquiétude. Mais il faudra patienter avant d’avoir des informations fiables sur sa contagiosité, sa virulence, et sa capacité potentielle à résister à la protection offerte par les vaccins. Alors que Monaco Hebdo était en bouclage le 30 novembre 2021, aucun décès associé à ce variant B.1.1.529 n’avait été rapporté, ce qui peut être envisagé comme une information positive.

Au vu de ce grand nombre de mutations, l’OMS craint qu’Omicron soit capable de résister aux anticorps apportés par un vaccin ou par une infection

Isolement

Alors qu’une cinquième vague est en cours, la menace d’un variant potentiellement plus problématique vient donc s’ajouter à l’incertitude ambiante. En principauté, de semaine en semaine, le taux d’incidence (1) continue de grimper. Il était de 453,72 le 29 novembre 2021, soit un taux neuf fois supérieur au seuil d’alerte fixé à 50 cas pour 100 000 habitants. Dans les Alpes-Maritimes, selon Santé publique France, pour la période du 19 au 25 novembre 2021, le taux d’incidence était de 329 cas pour 100 000 habitants. Résultat, plusieurs pays ont resserré leurs règles sanitaires. C’est aussi le cas de Monaco [à ce sujet, lire notre article Vaccination, passe sanitaire, port du masque, télétravail… Les nouvelles mesures pour endiguer la cinquième vague, publié dans ce numéro — NDLR]. Le 27 novembre 2021, la France a décidé de rétablir l’isolement pour les personnes en contact avec un porteur du variant Omicron, et ce, même si elles sont vaccinées. Alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro le 30 novembre 2021, le gouvernement monégasque n’avait pas communiqué spécifiquement concernant Omicron.

1) Le taux d’incidence correspond au nombre de cas positifs enregistrés sur les sept derniers jours, rapporté à 100 000 habitants.

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Monaco Hebdo