Davide De Chiara a escroqué un homme de 84 ans en lui faisant régler l’achat supposé d’un ordinateur. La victime s’est retrouvée avec un tas de feuilles blanches.
On ignore sous quel système d’exploitation aurait pu tourner le prétendu ordinateur vendu par Davide De Chiara à un ancien boulanger de Monaco âgé de 84 ans, mais il ne fonctionne avec aucun standard connu à ce jour. L’Italien, originaire de la province de Naples, n’a rien d’un vendeur spécialisé dans l’informatique. Son méfait : avoir escroqué le vieil homme (italien lui aussi) en octobre 2012 à hauteur de 500 euros, en le persuadant de régler l’achat d’un ordinateur, qui se trouvait être un paquet de feuilles.
Le 2 octobre dernier, l’octogénaire a rendez-vous dans une boutique située au square Gastaud. Arrivant un peu en avance, il décide de s’asseoir près d’une jardinière. Une berline passe et s’arrête à sa hauteur. Les deux occupants de la voiture, louée, le saluent. Le passager sort du véhicule et dit au vieil homme avoir été mandaté par sa fille, dont il donne l’exacte identité, pour lui remettre un ordinateur. Manque juste le règlement de la facture, soit 4 200 euros. L’ancien boulanger, convaincu que son interlocuteur dit vrai puisqu’il lui a donné l’identité de sa fille, dit qu’il ne dispose pas d’une telle somme sur lui et qu’il doit se rendre à la banque. Davide De Chiara propose de l’y emmener en voiture et l’arrête devant un établissement de la rue Grimaldi. Mais l’octogénaire, dur d’oreille, a mal compris, et heureusement, la somme demandée (490 euros au lieu de 4 200). Il revient donc avec un billet de 500 euros. L’escroc est irrité, il demande au vieil homme de retourner au guichet. Celui-ci lui rétorque que la banque ne peut pas lui donner plus en raison de problèmes internes. De Chiara prend le billet, remet en échange un sac en toile censé contenir l’ordinateur puis s’en va. Le paquet paraît lourd et en le déballant chez lui, l’octogénaire découvre à l’intérieur une souris… et des feuilles blanches. Il apprend en outre que sa fille ne lui a jamais commandé d’ordinateur. « Vous l’avez trouvé, il paye », a martelé la victime, qui a demandé 2 000 euros de dommages et intérêts. L’avocate générale, Alexia Brianti, a dépeint « un escroc notoire qui a frappé dans de nombreux endroits en France » et demandé à ce que « l’aspect vicieux et désagréable du mode opératoire » soit retenu. Six mois d’emprisonnement ont été requis.
Remboursement en direct
« On insistera jamais assez sur la contribution de la ville de Naples », a lancé Me Jean-Noël Giacomoni, avocat de Davide de Chiara, énumérant les références culturelles de la cité. « Il y a aussi un revers moins glorieux. Naples est une ville très pauvre à l’activité confisquée. Sans jeter l’opprobre sur les habitants, il n’est pas étonnant de trouver dans cette affaire un napolitain. C’était inscrit non pas dans son ADN mais dans son accent, celui de la Campanile. Les ficelles sont tellement énormes qu’on n’imagine pas que ce soit une escroquerie », a-t-il plaidé, évoquant un « maigre butin ». Le conseil a d’ailleurs remboursé en direct la victime en lui tendant un chèque de 500 euros, « encaissable dans n’importe quelle banque ». « Il faudrait une peine de dissuasion assortie du sursis pour ne pas le revoir, un sac à la main, cherchant, comme Diogène avec sa lanterne, un homme pour l’escroquer », a encore déclaré Me Giacomoni. Davide De Chiara a été condamné à trois mois de prison ferme et devra régler 1 000 euros de dommages et intérêts.



