En salle de pause, un employé de jeux a violemment agressé un collègue, avant de le menacer de mort. Il vient d’être condamné à deux mois de prison avec sursis.
« Je te tue toi et ta famille ». Voilà, en substance, la menace qu’avait adressée un employé de jeux monégasque à un de ses collègues quelques minutes seulement après lui avoir asséner de nombreux coups. Si tout s’est déroulé dans la soirée du 22 mars 2016, ce n’est que trois jours plus tard que la victime osera porter plainte. Les faits « limpides » survenus en salle de pause des croupiers du baccara sont « graves » pour le substitut du procureur Cyrielle Colle. La jalousie et la rancœur semblent être les mobiles au cœur de cette audience correctionnelle. Dans cette affaire de violences, le parquet s’appuie sur plusieurs témoignages crédibles mettant en cause l’accusé. Celui du chef des deux salariés qui dit avoir vu la victime avec un cocard. Et même celui d’un témoin qui a assisté à toute la scène.
« Invraisemblable »
Cela n’a pas empêché le prévenu de nier tout en bloc et d’inverser le sens des choses. « Depuis des mois, il cherchait les problèmes. Je me retrouve agressé et plaqué à terre », a expliqué le trentenaire, tout en niant avoir porté le moindre coup. « Comment expliquez-vous alors les constatations médicales ? », l’a questionné le président du tribunal. « Je me suis juste débattu. » Une réponse qui a fait bondir la partie civile. « Vous vous moquez du tribunal ! a lancé Me Frank Michel, excédé. Il y a les coups répétés, les insultes. Il ne manquait plus que les menaces : « Ne dis rien, je connais ta famille ! »» Les dénégations « invraisemblables » du prévenu et les pièces versées au dossier pour « tenter de diaboliser la victime » lui sont insupportables. Sur sa chaise, le substitut s’énerve aussi. La défense du prévenu lui a transmis des documents « qui n’ont rien à voir avec les faits et ne démontrent rien ». En l’occurrence, des photos prises à l’insu de la victime le montrant en train d’aider des amis à déménager pendant son arrêt maladie.
Punir
« Cette position est intenable. Pourquoi fait-il ça ? Je ne sais pas et cela va le desservir. On lui a tendu des perches, on a cherché à comprendre », enchaîne Cyrielle Colle. « Il n’y a aucune volonté de tenter d’induire en erreur le jugement du tribunal », plaide pour sa part Me Christophe Ballério. Il demande la relaxe au titre de la légitime défense. Cyrielle Colle s’interroge : « C’est n’importe quoi et ça m’inquiète. Ca va re-dégénérer, prédit-elle. Comment punir et prévenir ? » Le tribunal a finalement décidé de réduire les réquisitions de moitié : le prévenu a été condamné à deux mois de prison avec sursis. De plus, 800 euros de provision ont été attribués à la victime, au titre des expertises médicales.



