vendredi 17 avril 2026
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5 ans de prison pour escroquerie

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C’est une « affaire Hobbs Melville bis » qui vient d’être jugée devant le tribunal de Monaco.

Avec 4 millions d’euros collectés auprès de dizaines d’investisseurs, entre 1985 et 2002, Michel Musso avait hérité d’un beau portefeuille. Sa méthode?: appâter ses victimes, pour la plupart des personnes âgées, avec des placements au taux d’intérêt alléchant de 9 à 10 %. Des placements qui prenaient la forme d’emprunts renouvelables consentis à la CEFIM, une société civile immobilière monégasque. Michel Musso, qui apparaît en filigrane dans le dossier des « Corses d’Afrique », impliquant des proches de Charles Pasqua, Michel Tomi, sa fille Marthe Mondoloni et Robert Feliciaggi, pouvait s’appuyer sur deux professionnels en placements financiers, qui lui apportaient leur clientèle respective, attirée par des investissements défiscalisés.

Voitures de luxe

Le hic?? A partir de 2002, Musso n’est plus en mesure de payer les intérêts à ses clients. Les retraités s’alarment et portent plainte. C’est lors de l’enquête que l’on découvre la supercherie?: les fonds collectés n’ont jamais fait l’objet du moindre placement sur le moindre marché. Mais ont été tout bonnement dilapidés. Voitures de luxe, virements en faveur de proches impliqués dans des affaires d’escroquerie… Bref, un détournement de fonds classique reposant sur un mécanisme de cavalerie. Et de tours de passe-passe?: à partir des années quatre-vingt-dix, la CEFIM est notamment substituée par une certaine société Airtonia Holding Limted, prétendument domiciliée au Crédit Lyonnais de Genève. C’est en réalité une société des Iles Vierges britanniques exclusivement destinée à l’ouverture d’un compte bancaire. Toujours à son propre profit…

Autant d’éléments qui ont amené le tribunal à condamner Michel Musso – qui a fait appel – à 5 ans d’emprisonnement et 25?000 euros d’amende. Quant à la banque qui accueillait les comptes de Michel Musso, le Crédit du Nord, le tribunal ne l’a pas jugé exempte de tout reproche. Et lui a refusé de se porter partie civile. Comment demander un préjudice alors que son personnel a admis avoir déroulé au suspect le tapis rouge?? L’établissement a tout bonnement accepté d’encaisser sur le compte personnel de Musso les chèques dont il n’était pas le bénéficiaire désigné. Une faveur qui, on l’espère, n’était pas monnaie courante.

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