vendredi 17 avril 2026

Monaco vu du Québec

Publié le

Isabelle Curau
Isabelle Curau, 25 ans, travaille dans le domaine de l'environnement au Québec. © Photo D.R.

Chaque semaine, en partenariat avec l’association des Monégasques de l’Etranger, un expatrié monégasque ou enfant du pays témoigne de son expérience hors de la principauté.

Monaco Hebdo?: Présentez-vous, s’il vous plaît.
Isabelle Curau?: J’ai 25 ans. J’ai passé mon bac en principauté. J’ai ensuite obtenu une licence en biologie à l’Université de Strasbourg puis j’ai complété une maîtrise en sciences de l’environnement à l’Université du Québec à Montréal. Le Québec est un endroit que j’ai toujours voulu connaître. J’y vis depuis trois ans. Pour étudier l’environnement, il n’y avait pas mieux que le Québec avec ses grands espaces et son lien privilégié avec la nature. Je travaille depuis quelques mois dans une société qui conseille les entreprises pour améliorer leur performance environnementale.

M.H.?: Comment perçoit-on Monaco au Québec??
I.C.?: Il y a des images qui reviennent?: le Grand prix, la mer Méditerranée, le luxe. Beaucoup de Québécois sont déjà allés en principauté, par exemple lors d’une année sabbatique prise pour visiter le continent européen. Monaco a l’image d’une ville belle, très propre et toujours ensoleillée. Quelques Québécois m’ont demandé ce que j’étais venue faire dans le froid du Québec.

M.H.?: Etre Monégasque, ça interpelle??
I.C.?: Pour beaucoup, je suis la première Monégasque qu’ils rencontrent. On me pose des questions?: est-ce qu’on vote pour quelque chose?? Comment est-on devenu indépendant?? Pourquoi Monaco a un prince et non pas un roi?? Cela me donne encore plus envie de connaître notre histoire pour répondre de façon précise aux questions.

M.H.?: Des inconvénients à travailler à l’étranger??
I.C.?: Non, au contraire, c’est une belle expérience, et dans mon cas les formalités ont été plutôt simples pour aller au Canada. J’ai d’abord transmis ma demande de visa étudiant à l’ambassade de Paris. Sur place, on nous octroie un permis de travail de la durée du diplôme, une fois qu’on l’a passé. Je ferai ensuite une demande de résidence permanente, qui permet d’avoir une carte de séjour durant cinq ans.

M.H.?: Quel lien gardez-vous avec Monaco??
I.C.?: Je reviens une à deux fois par an en fonction de mes congés pour voir ma famille. On m’envoie les actualités par courrier et je continue de m’informer. Je cherche à maintenir un lien avec Monaco, parce que j’aimerais y revenir un jour.

M.H.?: Parle-t-on du mariage princier au Québec??
I.C.?: Tous les Québécois n’y sont pas forcément sensibles, mais certains en parlent, oui. On l’associe souvent à celui de William et Kate, il s’agit des deux mariages de l’année. J’ai l’impression que tout ça est un peu perçu comme un conte de fées. Beaucoup de personnes admirent l’élégance et la générosité de Charlene.

M.H.?: Votre avenir professionnel est-il à Monaco??
I.C.?: Cela dépend des possibilités professionnelles qui me seront données dans mon domaine. Mais même si je n’ai pas d’opportunités, je rentrerai de toute façon dans la région pour me rapprocher de ma famille. Cela devrait se faire à court terme, d’ici deux ou trois ans.

M.H.?: Pour vous, la principauté a-t-elle un rôle à part dans le monde??
I.C.?: Oui tout à fait. Par exemple, je trouve que Monaco a le potentiel pour être pionnier dans le domaine du développement durable?: elle en fait déjà beaucoup en termes de transport écologique, mais une vision plus globale et à long terme, construite en consultation avec ses habitants, pourrait à mon avis mener à de grandes choses. Sa grande visibilité internationale pourrait faire de la Principauté un bel exemple à suivre pour les autres pays dans ce domaine.

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