Organisée en partenariat avec la CCIN (1), la 6ème conférence francophone sur la protection des données personnelles s’est tenue à Monaco les 22 et 23 novembre au Méridien. L’occasion pour l’un des intervenants présents sur place d’aborder l’utilisation de la biométrie dans les processus électoraux africains. Notamment au Bénin qui a introduit la biométrie lors des élections de 2011 via les empreintes digitales et la photographie. Dans tout le pays, des kits biométriques composés de webcams et d’ordinateurs ont ainsi été déployés. Au total, pas moins de 52 millions de dollars US — opération financée par plusieurs pays dont la France — ont été nécessaires pour constituer un fichier national d’électeurs informatisé. Au final, une base de données de 4 483 000 citoyens a été constituée. « L’objectif de cette opération était de poser les jalons d’une gouvernance plus démocratique. A l’origine, cette nouvelle technologie a été en effet considérée comme une panacée par la société civile et la classe politique pour éradiquer les fraudes massives lors des élections », a expliqué l’intervenant béninois M. Zossou. Eviter par exemple qu’un même individu ne puisse s’inscrire plusieurs fois au cours d’une même élection, et voter 2 voire 3 fois. Une fraude classique dans le pays. Sauf que de lourds dysfonctionnements techniques ont été constatés sur le terrain : pannes répétitives des équipements, perte de données, insuffisance de la formation des agents à la maîtrise des outils modernes ou encore erreurs dans la saisie des noms et prénoms par l’opérateur. Reste enfin à régler des problèmes plus fondamentaux que la biométrie ne pourra évidemment pas résoudre : « la corruption, l’achat de conscience, les intimidations et menaces de toutes sortes qui gangrènent encore le pays », a conclu l’intervenant.
(1) Commission de contrôle des informations nominatives.
Biométrie :
« éviter les fraudes électorales massives »
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