Dans la nef du Grand Palais, à Paris, où se croisent chaque année entrepreneurs, investisseurs et organisations non gouvernementales (ONG) du monde entier, la fondation prince Albert II a multiplié les prises de parole et les initiatives, dans un contexte où les indicateurs environnementaux continuent de se dégrader, mais où les dynamiques d’investissement dans la transition s’accélèrent. Le prince Albert II es intervenu lors de la session de clôture consacrée aux océans polaires. Dans un discours, le chef de l’État a insisté sur le rôle de ces écosystèmes comme « sentinelles » du dérèglement climatique. Fonte des glaces, acidification des océans, tensions géopolitiques croissantes : les régions polaires concentrent aujourd’hui les symptômes les plus visibles des déséquilibres planétaires., a-t-il lancé, appelant à transformer l’inquiétude en action concrète. S’appuyant sur les travaux scientifiques récents, il a rappelé que sept des neuf limites planétaires identifiées par la recherche sont désormais franchies. « S’il s’agissait d’un rapport médical, nous serions en soins intensifs », a-t-il insisté, avant de conclure par un appel à l’engagement immédiat : « N’attendez pas une autorisation. N’attendez pas un consensus. Construisez-le. Financez-le. Déployez-le. La planète tient les comptes. » Mais, derrière l’alerte climatique, une transformation économique majeure est déjà à l’œuvre : le prince a ainsi mis en avant l’accélération des investissements dans les énergies propres, désormais supérieurs à ceux consacrés aux énergies fossiles, ainsi que le rythme record de déploiement des capacités renouvelables. Au-delà des discours, la fondation prince Albert II a choisi de mettre en avant les porteurs de solutions. Plusieurs membres de son initiative ReGeneration, promotion 2025, ont ainsi été intégrés à la programmation officielle. Parmi eux, Erika Xananine Calvillo Ramirez, engagée sur les enjeux d’éducation environnementale, Ailars David, intervenant sur l’inclusivité dans la gouvernance des océans, ou encore Björn Sandström, mobilisé sur le rôle du sport comme levier de transformation sociétale. Deux autres projets étaient présentés sur l’espace d’exposition. Celui de Célia Roussin, autour de la valorisation de coproduits viticoles, et celui de Yara Yousry, qui développe des fibres textiles biodégradables à partir de déchets agricoles. Autant d’initiatives qui illustrent une approche dite « régénérative », à la croisée de l’innovation technologique et des modèles économiques durables. La fondation a également organisé un événement dédié à son fonds ReOcean, consacré à l’innovation océanique. Centrée sur l’exploitation des données environnementales, cette cession a mis en lumière leur rôle croissant dans la prise de décision, qu’il s’agisse d’investissement, de conservation ou de politiques publiques. En parallèle, une exposition issue du prix de photographie environnementale de la fondation a proposé une lecture visuelle des enjeux, à travers la catégorie « Acteurs du changement ».
Albert II à ChangeNow : « Nous sommes au bord de la falaise »
par Clément Martinet
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