Face aux orages, aux averses, à la grêle, aux fortes chaleurs et aux imprévus de la route, Philippe Choquet, 54 ans, a relié Monaco à Andorre à vélo, en moins de 48 heures, pour sensibiliser le grand public au don d’organe et aux maladies rares du foie chez l’enfant, avec l’association Monaco Liver Disorder (MLD), du 30 au 31 mai 2025. Un véritable exploit sur environ 700 kilomètres, porté par un homme qui ne cherche pas la lumière.
C’est une traversée extraordinaire, accomplie par « un homme ordinaire ». Sur le papier, et sur le papier seulement, Philippe Choquet n’est pas un athlète de haut niveau. C’est un homme simple, un Français, Nordiste de 54 ans, résident de Vintimille (Italie), et passionné de cyclisme. Mais ce « monsieur tout le monde » a réussi une prouesse, les 30 et 31 mai 2025, en reliant la principauté de Monaco, à celle d’Andorre, en un peu plus de 22 heures de roulage seulement. Le tout pour une cause noble : sensibiliser le grand public au don d’organe et aux maladies rares du foie chez l’enfant. Le 30 mai à 9 heures, il s’est élancé de la place du palais, encouragé, entre autres, par les bénévoles de l’association Monaco Liver Disorder (MLD), à l’origine de ce projet hors-normes. Il est arrivé à Andorre à 17 h 30 le lendemain, après les orages, la grêle, et de multiples rebondissements.
Des conditions extrêmes
Quelle résilience, et quelle résistance, il lui a fallu, pour venir à bout de cet exploit. Sur la route, tout semblait réuni pour le pousser à l’abandon. D’abord les fortes chaleurs dans le Var et les Bouches du Rhône, puis les averses orageuses à hauteur d’Andorre : « Je suis arrivé trempé comme une soupe et transi de froid », raconte-t-il. Les conditions météo étaient telles que Philippe Choquet et ses trois accompagnateurs bénévoles — Baudoin, Damien et Aude — ont dû changer d’itinéraire en urgence : « Certains tronçons étaient devenus trop dangereux à emprunter. Même en voiture, mon équipe ne pouvait plus continuer sur certains chemins, car on n’y voyait plus rien ». Par conséquent, l’itinéraire bis était plus terreux, moins facile encore que prévu.
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Mais il demeurait un petit quelque chose en eux, ce « je ne sais quoi » de folie douce, qui leur a ordonné de maintenir le cap. L’attachement à leur cause, très certainement : ces enfants pour lesquels ils se sont élancés, Philippe Choquet en tête. Au-delà de cet exploit individuel en effet, ce projet collectif, pour faire avancer la recherche sur les maladies rares du foie, a comme surpassé tout le reste, et éteint le découragement, pour ne pas dire la peur, qui aurait pu naître en eux face à ces conditions extrêmes. Plus d’un aurait arrêté, peut-être à juste titre, mais pas eux. Il y a eu d’autres imprévus encore, plus cocasses. Des chevaux rencontrés au beau milieu de la route, puis une équipe de police municipale — d’une commune que nous ne nommerons pas — qui les ont brièvement arrêtés, car Philippe empruntait une route départementale, et pas une voie cyclable. Comme si ce Monaco-Andorre pouvait se faire d’une traite, simplement le long d’une voie verte… Ces petites parenthèses amusantes ont fait partie des bons souvenirs, et des bonnes surprises, de cette traversée unique. Il en fallait.

Sans dormir
L’adrénaline et l’excitation étant trop fortes, Philippe Choquet n’a pas dormi du trajet. Il n’a fait quasiment que des petites pauses d’une dizaine de minutes pour se reposer et éviter les blessures. Une autre course s’est ainsi révélée pendant la nuit. Un chemin bucolique, plus tranquille, qu’il n’oubliera pas de sitôt : « Rouler de nuit, c’est ce que j’ai préféré. Il y avait moins de voitures, moins de bruits, les odeurs de nature revenaient. On apercevait les villes et les villages autrement, éclairés par une lumière douce. C’était très agréable. » Une parenthèse calme, avant la tempête qui l’attendait aux portes d’Andorre et le col d’Envalira. Concrètement, c’est un col bien costaud de 34 kilomètres, sur un dénivelé de 2 300 mètres, qui l’attendait. Sous des conditions météo normales, cette montée est déjà difficile à arpenter. Mais, sous l’orage, et sous la grêle, cela relève de l’exploit. Pourtant, bien malgré lui, Philippe en parle comme d’un petit effort, pas si méchant : « C’était dur physiquement, c’est vrai. J’ai encore un peu mal aux jambes. Il me faudra surement 15 jours pour récupérer, mais c’était une belle aventure. »
Modeste, et toujours d’aplomb
Les athlètes, quand ils rejoignent la ligne d’arrivée après une course, sont souvent applaudis par une foule bigarrée qui fait résonner klaxons, musiques et encouragements. Le 31 mai, au contraire, il n’y avait qu’une poignée de personnes sous le ciel gris d’Andorre. Pas de haie d’honneur, pas d’enceintes assourdissantes qui ameutent le chaland. Pas de folies. « Juste » quelques soutiens, un sponsor et un membre du gouvernement. C’était l’arrivée d’un homme ordinaire qui, en toute simplicité, venait de réaliser un effort extraordinaire. Preuve, s’il en fallait encore une, que ce n’est pas la notoriété qui a motivé l’exploit de Philippe Choquet. Ce qui compte, pour lui, c’est le message, qui s’étalera sur le temps long : aider les enfants malades, coûte que coûte, par tous les moyens du quotidien. À court terme, avec l’association MLD et sa présidente Carla Fadoul Shechter, il espère récolter 20 000 euros, par l’intermédiaire d’une cagnotte, encore ouverte jusqu’à la fin du mois de juillet 2025. Une moitié sera dédiée à la recherche médicale sur les cancers pédiatriques. Une autre pour l’amélioration du service pédiatrie de l’hôpital Cochin, afin de permettre aux familles de mieux accompagner leur enfant, comme c’est le cas à l’hôpital l’Archet II de Nice.
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L’application monégasque Carlo permet notamment à ses utilisateurs de faire un don à MLD, depuis la plateforme. Au final, Philippe Choquet aura parcouru 662 kilomètres, avec 7 270 mètres de dénivelés. Mais, loin d’en avoir fini, cet anonyme au grand cœur, et au grand souffle, a déjà trois idées de nouveau périple à réaliser avec l’association MLD en 2026. On en reparlera. D’ici là, il est possible de soutenir l’association MLD et le projet de Philippe à partir de ce lien : https://www.helloasso.com/associations/monaco-liver-disorder-mld/collectes/defi-ultra-trail-a-velo-au-profit-des-enfants-atteints-de-maladie-rares-du-foie.



