Avec une nouvelle action syndicale et une éternelle bataille de chiffres avec la fédération patronale, le dialogue social prend du plomb dans l’aile.
En organisant un mouvement social deux jours avant la fête nationale, l’Union des syndicats a certainement voulu donner un signal fort. D’autant que cette journée interprofessionnelle du 17 novembre tombe au même moment que les réunions tripartites censées ranimer le dialogue social. Et en plein lancement de la campagne de communication destinée à redorer l’image de la principauté. Pourtant du côté de l’USM, on l’assure?: « Cette date a été choisie pour des raisons pratiques, explique Monique Ferreté, secrétaire générale adjointe. Rien à voir avec tous ces événements. »
Quelques heures avant la manifestation, en tout cas, c’était le branle-bas de combat au standard de l’USM. « Métallurgie, BTP, hôtellerie restauration, banque… De nombreux secteurs d’activité nous suivent, annonce Monique Ferreté. Même les pompes funèbres et les syndicats d’employés de jeux du casino ont appelé à arrêter le travail (1). »
La retraite du CHPG garantie??
Quelle que soit la fréquentation finale, qui divergera de toute façon en fonction des sources, policière ou syndicale, les relations entre partenaires sociaux ne risquent pas de s’améliorer. Les tracts distribués par l’USM en réponse à l’opération de com’ lancée il y a deux semaines par la Fédération patronale (FPM) n’y vont pas par quatre chemin?: « Non à l’intox. Quand les privilégiés du système ont le toupet de descendre sur le terrain pour tenter de convaincre les salariés, c’est qu’ils craignent leur colère?! » Et de rappeler les lacunes du droit du travail monégasque?: « A Monaco on peut être intérimaire ou contractuel à vie, sans règles ni lois, la moitié des agents de l’Etat sont non fonctionnaires sans statut protecteur… » Certaines affirmations ont d’ailleurs fait bondir le “patron des patrons”, Philippe Ortelli?: « La FPM ne peut laisser l’USM affirmer que les pensions de retraites de la CAR ne sont pas 30 à 50 % supérieures aux pensions de retraites françaises à carrière identique. Alors que la direction de la CAR a déjà modélisé pour 5 réels salariés monégasques des écarts entre 30 et 80 %, un simple calcul au salaire médian monégasque (2?300 euros), à équivalence de pouvoir d’achat sur 25 ans, fait apparaitre un écart de plus de 50 %, soit une retraite de 1?534 euros à Monaco et de moins de 1?000 euros en France. En effet, le système français fait la moyenne sur les 25 meilleures années, sans prendre en compte les augmentations dues à l’inflation, puis applique un coefficient de 50 %. D’où un écart important si on compare des choses comparables… »
Reste à savoir comment le gouvernement pourra gérer les divergences des protagonistes. Stéphane Valeri, lui, y croit. « Lors des réunions bipartites, j’ai constaté des positions souvent contradictoires mais une volonté partagée de clarifications et de sortir de ce blocage », répète inlassablement le conseiller pour les affaires sociales. Qui ajoute?: « Sur les retraites, je comprends l’inquiétude des salariés mais elle n’est pas fondée. A Monaco, on peut partir à la retraite à partir de 60 ans et on n’y touchera pas?! » Preuve de sa bonne foi, le conseiller se serait même engagé auprès des syndicats du personnel de l’hôpital à ce que la réforme Woerth qui, pour le coup, devait avoir une incidence au CHPG, n’ait aucun impact sur la retraite hospitalière monégasque. n
(1) La manifestation devait se dérouler au moment où nous imprimions ces lignes.