jeudi 1 décembre 2022
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Une première pour Charlène Wittstock

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Charlène Wittstock et Albert II
© Photo Gaetan Luci/Palais Princier

Quelques mois avant le mariage princier, Charlène Wittstock participe officiellement à la fête nationale. Une première pour la future princesse et pour les Monégasques qui provoque l’emballement médiatique.

Pour les Monégasques, ce 19 novembre 2010 ne sera pas comme les autres. Pour la première fois, Charlène Wittstock participera aux cérémonies officielles. Cathédrale, opéra et réception du personnel de la maison princière. La fiancée du prince apparaîtra à ses côtés, au balcon des Grimaldi, devant la population monégasque. Emotion pour les uns, impatience pour les autres, l’événement attise en tout cas fortement la curiosité. D’ailleurs, les médias internationaux ne s’y sont pas trompés. Les mêmes qui ont annoncé prématurément, année après année, l’union du prince Albert et de Charlène Wittstock seront tous là, place du palais, pour commenter les festivités. Mais pas seulement. Au centre de presse, qui reçoit les demandes d’accréditation, les demandent pleuvent. Selon Geneviève Berti, directrice adjointe du centre de presse, « par rapport à l’an passé, l’intérêt des médias a quasiment doublé. On recense une centaine de journalistes accrédités. On a même des demandes de la presse japonaise, allemande, espagnole, italienne. Toutes les agences majeures seront là. On imagine donc qu’il y aura une diffusion internationale. »

Pour Charlène Wittstock aussi, ce sera un moment capital. Après un premier déplacement officiel en octobre au Japon, ce sera la première fois qu’elle endossera son costume de future “first lady” à Monaco. A la rencontre des Monégasques.

Valeurs de la famille

Car pour l’instant, la future princesse est très peu connue par la population. Il y a bien eu, certes, quelques interviews, où l’on devine certains traits de personnalité. Dans l’une d’elles, accordée à Monaco-Matin au lendemain de l’annonce des fiançailles, le 23 juin dernier, on comprend ainsi à quelle point cette championne de natation, à la mentalité très anglo-saxonne, est pétrie des valeurs du sport et de la famille?: « Nous sommes une famille très unie, avait ainsi confié Charlène Wittstock. Gareth, Sean et moi avons été éduqués avec les valeurs, celles que le sport nous a données. Cela nous a beaucoup équilibré. Le sport est un héritage familial?: mon oncle entrainait l’équipe des Springboks et ma mère était une sportive de haut niveau. »

Pour ceux qui la connaissent, sa carrière de nageuse a carrément forgé sa personnalité. « Elle incarne toutes les valeurs des sportifs qui ont fait de la compétition, en dehors des footballeurs?: détermination, éthique, simplicité. Elle n’a pas pris la grosse tête », analyse un proche du palais. Qui ajoute?: « Quand elle se fixe un objectif, elle fait tout pour l’atteindre. Elle est prête à tous les sacrifices. » Cette détermination l’aidera à « dépasser le stress qu’elle ressent pour tout ce qui l’attend », selon une source proche du gouvernement?: « Elle possède cette capacité des sportifs à surmonter leur appréhension. »

« Rapport aux gens franc et direct »

Thierry Lacoste a rencontré Charlène pour la première fois en 2004, dans le domicile parisien du prince Albert. Juste après les jeux de Turin. Sa première impression fut identique?: « Charlène est typiquement une sportive de haut niveau, avec une mentalité saine. Son rapport aux gens est franc et direct, elle s’exprime sans détours. C’est une fille honnête et sincère qui dit clairement ce qu’elle pense et qui pense ce qu’elle dit. Tout en ayant beaucoup de douceur. C’est une belle âme, extrêmement tendre et douce. »

Directe, c’est d’ailleurs la tonalité de l’interview donnée récemment au magazine anglais Tatler par la future princesse. Elle rappelle haut et fort ce qu’elle est et ce qu’elle ne compte pas oublier?: « Je suis Africaine. Je ne suis pas née Monégasque comme je ne suis pas née princesse. Mais je ferai le meilleur travail que je pourrai. Quand je prends des responsabilités, que ce soit en tant que capitaine de l’équipe d’Afrique du Sud de natation ou future femme du prince Albert, je me donne à 100 %. »

« Elle a acquis les codes »

Sa franchise va jusqu’à reconnaître que l’intégration dans le microcosme monégasque n’a pas toujours été facile. Une intégration solitaire pas facile à vivre tous les jours. Mais sa forte personnalité lui a largement permis de rebondir et d’en faire une force au quotidien. « Charlène a un caractère bien trempé, indique ainsi Thierry Lacoste. Elle a une très grande capacité à analyser la véritable personnalité des gens, à cerner les courtisans, qui sont très nombreux ici. C’est un véritable laser. Elle se rend compte de tout immédiatement. D’ailleurs, à l’annonce des fiançailles, elle a vu certaines personnes changer de comportement à son égard. » Pour beaucoup, elle aura une influence positive. Ainsi, pour l’ami et avocat du prince, il n’y a aucun doute?: « Le prince pourra véritablement s’appuyer sur elle. Elle ne sera pas cantonnée aux galas de bienfaisances mais s’investira complètement dans son rôle de première dame. Ce sera une ambassadrice active de la principauté. » Pour ceux qui la connaissent, il est en effet évident que Charlène Wittstock ne sera en rien une “potiche”. « Elle a acquis les codes et les ordres établis. Doucement mais sûrement elle imprimera sa marque », poursuit Thierry Lacoste. C’est d’ailleurs déjà ce qu’elle a fait à la résidence princière du Roc Agel qui correspond parfaitement à ce qu’elle aime, la nature et la sérénité?: « Elle a imprimé sa touche dans la maison et aura certainement envie de le faire au palais », annonce Thierry Lacoste, pour qui elle représente un véritable « vent de fraicheur ».

A Monaco, en tout cas, les attentes sont bien palpables. On se demande quel sera le champ d’action de celle qui succède à la princesse Grace. Dans le magazine anglais Tatler, Charlène Wittstock donne elle-même un élément de réponse?: après avoir déjà récolté 27?000 euros pour son partenaire d’entrainement sourd pour sa participation à Special Olympics, la fiancée du prince compte bien continuer la levée de fonds pour des œuvres caritatives. Le 12 février 2011, elle nagera ainsi en Afrique du Sud pour les sportifs handicapés.

Vie privée, vie publique
De la vie publique de Charlène Wittstock, on connaît surtout sa carrière sportive.
Logique?: dès l’âge de 16 ans, elle quitte en effet l’école pour se consacrer pleinement à la natation. A 18 ans, en 1996, elle deviendra championne junior d’Afrique du sud. C’est ensuite aux jeux olympiques de Sydney en 2000 qu’elle portera les couleurs sud-africaines. La même année, elle rafle la médaille d’or du 200 mètres dos au Mare nostrum de Monaco. Mais une blessure contractée à l’épaule en 2005 l’éloignera peu à peu des bassins. A cette époque, Charlène Wittstock fait la une des journaux sportifs sud-africains. Elle est même en couverture du magazine Sports Illustrated, où elle indiquera la discipline de fer qu’elle s’était fixée?: « En dehors de la piscine, je n’ai aucune vie. Manger, dormir, nager, faire de la gym, c’est à peu près tout mon emploi du temps. »
Depuis, cette page de vie tournée, Charlène Wittstock a trouvé de nouveaux centres d’intérêts. Comme la mode. Notamment en raison de sa rencontre avec Georgio Armani, dont elle deviendra l’ambassadrice. Comme elle l’explique dans le magazine anglais Tatler, cette expérience avec le couturier lui a ouvert l’esprit sur le monde de la mode. De quoi réinjecter une touche glamour à Monaco, où elle aimerait voir s’implanter les marques de luxe Manolo Blahnik, Ralph Lauren et Armani.

Charlène Wittstock et Nelson Mandela
Charlène Wittstock a rencontré plus d'une fois le héros d'Afrique du Sud, Nelson Mandela. Elle apporte sa contribution à la Fondation de l'ancien président. © Photo Gaetan Luci/Palais Princier

Charlène “l’Africaine”

Chez Charlène Wittstock, on perçoit indiscutablement un attachement profond à ses racines africaines. Difficile en effet de ne pas être marqué par l’histoire complexe de l’Afrique du Sud, entremêlée à celle du combat de Nelson Mandela?: « Je me rappelle qu’en 1995, pendant la Coupe du Monde de Rugby, en Afrique du Sud, Nelson Mandela était sur le terrain avec un polo des Springboks représentant l’unité et la liberté à l’intérieur de notre pays, avait ainsi commenté Charlène Wittstock dans sa première interview à Monaco-Matin, au lendemain de ses fiançailles. La même année, il a lancé la Children Foundation. J’avais alors 17 ans. J’admire Nelson Mandela pour son courage, il a changé le cours de l’histoire. La souffrance qu’il a supportée fait de lui une personnalité unique. »

“Populaire”

Née le 25 janvier 1978 au Zimbabwe, Charlène Wittstock a passé son enfance et son adolescence en Afrique du Sud. « Charlène est venue au monde à Bulawayo, le deuxième ville du Zimbabwe, mais elle a grandi à Benoni (comme Charlize Theron, ndlr) dans le Gauteng, une citée industrielle au sud est de Johannesburg. Ses ancêtres paternels ont émigré d’Allemagne au milieu du XIXème siècle, et sont venus en Afrique du sud pour fuir la misère en Europe », rappelle l’historien et journaliste au magazine Point de vue Philippe Delorme, auteur de Charlène et ces drôles de Dame de Monaco qui paraitra le 25 novembre chez Express Roularta Editions. Philippe Delorme souligne d’ailleurs que la nageuse, « très populaire dans son pays » a longuement donné de son temps « aux enfants défavorisés de l’école primaire de Crawford près de Durban. »

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Monaco Hebdo