L’animateur du Fou du roi, Stéphane Bern, conseille R&G Productions, la société de Jérôme Revon et Stéphane Gateau chargée de filmer le mariage du prince Albert et de Charlène Wittstock. Ce spécialiste incontournable des têtes couronnées, qui commentera également l’union princière sur France 2, nous livre sa vision de l’événement et de la future première dame de Monaco.
Monaco hebdo?: Vous allez participer à la réalisation du mariage princier. Comment est née votre collaboration avec le palais??
Stéphane Bern?: Elle est née d’une discussion avec le conseiller du prince, Christiane Stahl, avec qui je travaille régulièrement. Elle sait toute l’affection que j’ai pour la famille princière. J’ai commenté et participé à un bon nombre de mariages de têtes couronnées. J’étais notamment à Stockholm pour le mariage de Victoria de Suède. J’ai d’ailleurs fait un bilan cathodique pour voir ce qui était bien ou moins bien. Elle a pensé qu’au vu de mon expertise dans les mariages princiers et de mes liens privilégiés avec la famille princière, j’étais la personne idoine pour participer à cette aventure.
M.H.?: Quel sera votre rôle concrètement??
S.B.?: Avec Jérôme Revon et Stéphane Gateau, on va travailler pour l’image du prince. On va prendre de la hauteur. Cet événement dépasse nos petites vies. On va écrire une page d’histoire. On est là pour la sublimer.
M.H.?: Comment??
S.B.?: Notre rôle est de produire le signal qui va être donné à toutes les télévisions. Ce qui me gêne dans les autres mariages, c’est qu’on ne voit jamais les chefs d’Etat étrangers. Là on les verra. Car ils viendront nombreux. L’Italie et la France seront dignement représentés. Autrefois, Monaco était un Rocher sur la Méditerranée. Aujourd’hui, Monaco est reconnu sur le plan international.
M.H.?: Votre objectif??
S.B.?: On voit toujours les journalistes comme des vautours, prêts à tout pour obtenir une information. Moi, j’aimerai tellement que Monaco ait une image plus belle. J’aimerais qu’on tourne le cou aux idées reçues.
M.H.?: Vous pensez que le mariage aura un impact positif pour l’image de Monaco??
S.B.?: Il ne faut pas se marier pour l’image mais l’image est capitale. Le monde entendra parler de Monaco. L’image que doit véhiculer la télévision doit être parfaite.
M.H.?: Vous venez souvent à Monaco??
S.B.?: Habituellement au moins une fois par mois et en novembre, trois fois?! Je suis venu à Monaco pour interviewer le prince pour la fête nationale. J’y retournerai à la demande de la princesse Stéphanie.
M.H.?: Vous avez donc suivi l’évolution du prince??
S.B.?: J’ai suivi la métamorphose du prince Albert. Obligé de vivre dans l’ombre de son père quand il était prince héréditaire, il a été tout d’un coup propulsé sur le trône. Aujourd’hui, on voit naître un vrai chef d’Etat avec une vraie carrure internationale. Qu’il s’agisse des chercheurs scientifiques, des intellectuels ou des politiques, tout le monde est séduit. Il émane de lui une écoute incroyable. Pendant longtemps, on a dit qu’il était trop gentil pour trancher. C’est qu’il prend le temps d’écouter tout le monde avant de décider. Il sait exactement ce qu’il veut. En plus d’être bienveillant et généreux.
M.H.?: Et comment dépeindriez vous Charlène Wittstock??
S.B.?: Je l’ai rencontré plusieurs fois. Elle est très naturelle. Elle a un vrai tempérament, une vraie personnalité, ce n’est pas juste un sourire ou la caricature d’une blonde. Elle est très intelligente et très séduisante.
M.H.?: Pour les Monégasques, elle représente encore une énigme??
S.B.?: Les Monégasques vont apprendre à la connaître. C’était la même chose pour toutes les princesses avant d’être dans le regard public.
M.H.?: Qu’est ce qui vous a marqué chez elle??
S.B.?: Ce qui m’a marqué chez elle, c’est une générosité immédiate, ainsi que sa spontanéité et son amabilité. Au Bal de la rose, elle est venue vers moi, m’a parlé de mes émissions télévisées avec une vraie sympathie. Et en plus, elle est vraiment amoureuse.
M.H.?: Quel rôle assumera-t-elle à votre avis au côté du prince??
S.B.?: Ce sera une belle première dame. Il n’y a jamais de rôle prédéfini, c’est de la haute couture. La constitution monégasque ne prévoit pas de rôle. Elle va le choisir elle même. Mais je ne doute pas qu’elle aura une place dans le caritatif et l’humanitaire. Notamment dans la cause des enfants à laquelle je suis très sensibilisé en tant que membre du conseil d’administration de la Fondation pour l’enfance présidée par Anne-Aymone Giscard d’Estaing.
M.H.?: Vous allez également commenter le mariage pour France 2. Ça crée des jalousies de la part des autres chaines??
S.B.?: Il y aura une juste répartition des chaines télévisées. Ce n’est pas parce que je commenterai sur France 2 que je ne serai pas attentif à ce que les toutes les télévisions du monde soient à égalité. J’ai une position arbitrale. On ne pourra pas m’accuser de rouler pour France Télévision.
M.H.?: Vous attendez la venue de combien de journalistes??
S.B.?: Il y avait 1?500 journalistes au mariage de Victoria de Suède. Le mariage du prince Albert devrait en réunir tout autant.
M.H.?: Combien êtes-vous payé??
S.B.?: Je ne prends pas un centime. Je veux faire ça bénévolement. Mon implication est totale. J’ai même abandonné un projet de théâtre, une nouvelle de Mark Twain que je devais jouer dans les prochains mois.
Le “fou” du prince
Un diplôme en poche de l’Ecole supérieure de commerce de Lyon, Stéphane Bern, né en 1963, commence sa carrière dans la presse en 1985 avec Dynastie, « le magazine des grandes familles. » Comme l’indique son site officiel, c’est le début de son aventure médiatique au sein du Gotha international. Toujours rédacteur en chef adjoint des trois magazines du Figaro, il occupe une place de choix sur les ondes françaises. Après avoir chroniqué l’actualité royale sur Europe?1 et participé aux Grosses Têtes sur RTL, ce spécialiste des têtes couronnées produit et anime le Fou du Roi, sur France Inter, depuis 1999. Mais ce bourreau de travail ne s’arrête pas là. Sagas, Célébrités, 20h10 Pétantes… Stéphane Bern est un habitué du petit écran. Invité régulier de la principauté, ce monacophile, qui a interviewé une bonne dizaine de fois Rainier III et le prince Albert, est également l’auteur d’un album en hommage à la princesse Grace de Monaco, Grace Kelly et de Plus belle sera la vie, un roman dont l’héroïne est Marie Blanc (Plon).