
La coopération monégasque aide grâce à des dons. En signant un accord avec l’Agence Française de Développement (AFD), elle veut aussi aider par des prêts et étendre sa zone d’influence.
Combattre la pauvreté et contribuer à la croissance du tiers-monde. C’est le but de l’action de l’Agence Française de Développement (AFD), l’ancienne Caisse française de développement. Longtemps, son action avait été alimentée par le budget de l’Etat et s’était traduite par des dons aux pays les plus pauvres. Aujourd’hui ce n’est plus le cas : l’AFD a choisi de développer ses fonds propres, en émettant des obligations par exemple, et de les redistribuer sous forme de prêts. Résultat, elle est devenue la banque de développement de la France pour aider les pays les plus pauvres. Mais son credo, c’est celui de la responsabilité financière, sociale et environnementale. Pour éviter la faillite possible des pays à faibles revenus à qui elle avance de l’argent, l’AFD a mis en place des « prêts concessionnels contracycliques. » C’est-à-dire des prêts flexibles qui permettent aux pays débiteurs de suspendre plusieurs fois leurs remboursements en capital si leurs recettes d’exportation sont en forte baisse. Par exemple si les prix de leurs matières premières chutent. En 2010, l’AFD a engagé pour 7 milliards d’euros de projets financés par ses fonds propres. Sans compter les dons fournis par le ministère des affaires étrangères français. Elle compte 2 000 collaborateurs dans 70 pays. C’est avec elle que la direction de la coopération monégasque et la fondation Albert II vont échafauder des projets en commun.
Proposer de nouveaux produits d’épargne
Le 2 avril, en présence du Prince Albert II, le directeur général de l’AFD, Jean-Michel Severino, a signé une convention cadre de partenariat avec le gouvernement princier et la fondation. Objectif : une collaboration dans les domaines techniques et logistiques entre les équipes sur le terrain. Et une collaboration intellectuelle aussi. Ce qui permettra également d’étoffer une communication commune avec les organisations non gouvernementales (ONG) du monde entier. Mais aussi de rencontrer des investisseurs financiers pour les amener à soutenir leurs projets et proposer au public de nouveaux produits d’épargne. Des produits comme “Amundi AFD avenirs durables” qui est un fond commun de placement (FCP) lancé officiellement le 16 septembre. C’est un produit d’investissement socialement responsable (ISR) international et grand public qui sera commercialisé à Monaco à la fin du printemps par le Crédit Foncier de Monaco (CFM), qui est une filiale du Crédit Agricole. Un produit qui est liquidable à tout moment, avec un niveau de risque très faible. Et qui est notamment placé à 10 % sur le financement des nouveaux projets qui portent sur le développement durable, l’accès à l’eau, les énergies renouvelables et la micro finance. Alors que seulement 8 % de la population subsaharienne a accès au crédit. A noter que les fruits de ce FCP sont entièrement dédiés au financement à long terme de projets qui favorisent le développement durable dans les pays du sud. En 6 mois, il a déjà rapporté 6 %.
En fait, ce contrat cadre de partenariat concrétise des approches déjà bien entamées de part et d’autre. D’ailleurs, la fondation Albert II avait commencé ses discussions avec l’AFD il y a un peu plus d’un an. Selon le vice-président de la fondation, Bernard Fautrier, au moment de la signature du contrat, elle rencontrait à Paris des représentants de l’AFD pour une réflexion sur un projet commun d’assainissement de l’eau et de maintien de la biodiversité en Méditerranée. Quant à la coopération, son directeur, Frédéric Platini, annonce que le partenariat a déjà été lancé depuis 5 ans, avec un projet en Mauritanie pour faire baisser la mortalité maternelle. Aujourd’hui, la coopération monégasque intervient dans 20 pays. Grâce au réseau, aux compétences et à l’aide de l’AFD elle pourrait accroître ses domaines d’intervention dans 50 autres pays.



