
Souvent synonyme de problème de financement des retraites, le vieillissement de la population peut aussi être source d’opportunités d’investissement.
Parmi les tendances irréversibles et globales, le vieillissement de la population s’impose comme l’une de celles qui aura le plus fort impact sur l’évolution de la société, de ses habitudes de consommation et, in fine, sur l’activité et les résultats des entreprises. Partout dans le monde, la hausse de l’espérance de vie associée à la baisse du taux de fécondité ainsi que l’arrivée des baby boomers dans la catégorie des 60 ans et plus conduisent à déformer la traditionnelle pyramide des âges en une immense barre verticale. Un phénomène qui ne concerne en effet pas uniquement les pays développés. Dans les pays émergents, le taux de fécondité a fortement chuté sans mise en place de politique anti-nataliste et l’espérance de vie converge, dans nombre d’entre eux, vers les standards des pays développés. Les spécialistes estiment ainsi à deux milliards le nombre de personnes de plus de 60 ans en 2050, soit 20 % de la population mondiale.
Changement comportemental
Ce vieillissement de la population s’accompagne par ailleurs d’un changement comportemental majeur. Baptisée “Golden Age”, la génération des 60 ans et plus consacrera en effet une part croissante de ses revenus à rester active et en bonne santé. C’est précisément pour bénéficier de cette tendance et en faire émerger une dynamique positive que le banquier suisse Lombard Odier vient de lancer un nouvel OPCVM investi en actions internationales, baptisé LO Fund – Golden Age. « L’une des caractéristiques de cette génération est sa très faible tolérance à une mauvaise qualité de vie au moment de sa retraite, souligne Aziz Nahas, responsable des gestions actions chez Lombard Odier. Les personnes de 60 ans et plus veulent désormais rester actives et en bonne santé afin de profiter au mieux de cette nouvelle phase de leur vie. »
Recherche de pure players
Concentré autour d’une cinquantaine de valeurs, ce fonds va donc se positionner sur les sociétés le plus favorablement concernées par cette thématique. « Nous recherchons des pure players dont la croissance des résultats est très largement influencée par la dynamique du vieillissement de la population, précise Aziz Nahas. Le secteur le plus concerné à court terme est celui de la santé, et notamment les technologies de la santé qui jouent un rôle primordial dans l’aide aux personnes âgées pour rester actives et en forme. » Tandis que des technologies déjà matures, comme les pacemakers ou les prothèses de la hanche, bénéficieront à une population croissante de personnes, notamment dans les pays émergents, les avancées technologiques et la biologie moléculaire permettront de faire reculer les maladies neuro-dégénératives propres au vieillissement, et ce alors même que la population de 80 ans et plus croit quatre fois plus vite que le reste de la population. Le secteur des résidences médicalisées modernes est également porté par cette tendance. « Les sociétés qui seront capables de réinventer le concept en prenant en compte l’évolution comportementale de cette nouvelle génération sont promises à de belles perspectives de croissance », estime Aziz Nahas.
Le secteur de la santé
Pour identifier les sociétés appelées à croître parce qu’elles satisfont aux exigences de cette part grandissante de la population, l’équipe de gestion de Lombard Odier collabore avec un conseil scientifique et prend en compte deux facteurs : les affections qui toucheront de façon disproportionnée les personnes de 60 ans et plus, notamment les médicaments utilisés par cette tranche vieillissante de la population, et le positionnement des entreprises sur le marché en terme de recherche et de développement. Cette thématique du “golden age” permet également de bénéficier du phénomène de concentration dans le secteur de la santé. « Les segments d’activité les plus prometteurs dans la santé et bénéficiant directement du vieillissement de la population regroupent de nombreuses petites et moyennes sociétés qui représentent des cibles potentielles pour des grands groupes pharmaceutiques qui n’ont désormais d’autre choix que de réaliser des acquisitions sur ces nouveaux segments pour pérenniser leur croissance », explique Aziz Nahas. Si l’équipe de gestion a pour le moment investi uniquement dans le secteur de la santé, d’autres secteurs pourraient à terme lui emboîter le pas. « Nous suivons de près des secteurs comme l’alimentation, les loisirs, la finance, la téléphonie ou encore l’immobilier qui pourraient être influencés par cette évolution. Mais ils n’offrent pas encore d’opportunités de placement suffisamment ciblées, précise Aziz Nahas. Ce sont soit des petites capitalisations dotées d’une trop faible liquidité, soit des grandes sociétés dont seulement une petite partie des revenus est influencée par ce thème. »
Souvent résumé à un facteur de coûts supplémentaires pour la société, notamment en raison du déséquilibre qu’il engendre dans le système de financement des retraites, le vieillissement de la population pourrait donc s’affirmer comme une nouvelle dynamique boursière. Lombard Odier n’est pas la seule maison à créer un OPCVM sur le vieillissement de la population. D’autres sociétés de gestion lancent des produits focalisés sur cette thématique, comme CPR AM avec CPR Silver Age, ou l’intègrent dans un fonds plus global, comme ING IM avec ING Global Opportunities.



