Une délégation conduite par la présidente du Conseil national, Brigitte Boccone-Pagès, s’est déplacée à Paris les 4 et 5 juillet 2023, à l’invitation du groupe interparlementaire d’amitié France-Monaco au Sénat, présidé par la députée Les Républicains (LR), Dominique Estrosi-Sassone. Le 4 juillet, en présence de l’ancien président du Conseil national, désormais ambassadeur de Monaco en France, Christophe Steiner, la question du logement des salariés de la principauté dans les communes françaises voisines de Monaco a été l’un des premiers dossiers abordés. Parmi les autres sujets évoqués, l’écologie, mais aussi la mobilité [à ce sujet, lire notre dossier spécial « mobilité », publié dans ce numéro — NDLR] entre les Alpes-Maritimes et la principauté. L’occasion de parler de l’amélioration de la fréquence et de la capacité des trains, mais aussi de la mise en service à venir de la future bretelle de l’A8 entre la Turbie et Beausoleil. Sans oublier la demande du Conseil national d’un « projet structurant d’envergure pour anticiper les années futures », qui pourrait prendre la forme d’un métro partiellement souterrain entre Nice et la principauté. Enfin, la santé a aussi été à l’ordre du jour, ce qui a permis aux élus d’insister sur « la qualité de l’offre de soins en principauté, qui s’adresse à un bassin de patientèle de plus de 140 000 personnes entre Monaco et les territoires voisins », comme le rappelle un communiqué de presse publié par le Conseil national le 6 juillet 2023. Le lendemain, le président du Sénat, Gérard Larcher, et le député LR et président de la commission des affaires européennes, Jean-François Rapin, ont reçu la délégation monégasque pour parler cette fois des négociations entre Monaco et l’Union européenne (UE) pour tenter d’aboutir à un accord d’association. « Il n’est pas dans l’intérêt de la France que Monaco renonce à son modèle économique et social. Un accord qui ne préserverait pas les spécificités de la principauté pénaliserait d’abord les Français des communes limitrophes, ou ceux qui vivent à Monaco, et qui bénéficient de nombreuses priorités, en particulier en matière d’emploi, de logement et de santé. Le gouvernement français doit peser dans les négociations pour soutenir cette position », a estimé Dominique Estrosi-Sassone. De son côté, Gérard Larcher s’est aussi positionné en faveur de la préservation du modèle monégasque, à travers l’adoption de conventions bilatérales « essentielles pour maintenir la communauté de destin franco-monégasque ». Quant à Brigitte Boccone-Pagès, elle a réaffirmé les positions des élus : « Notre délégation est porteuse d’un avis unanime du Conseil national : il y a des lignes rouges sur lesquelles nous prendrons nos responsabilités, car nous avons été élus pour défendre nos concitoyens. C’est au Conseil national qu’il reviendra in fine de ratifier, ou non, cet accord. Nous ne voulons pas d’un accord négocié dans l’urgence et à tout prix. »
Le Conseil national au Sénat, pour défendre les spécificités monégasques
par Raphaël Brun
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