
Eric Zemmour était présent à Nice, mardi 13 mars, pour une « Rencontre polémique » animée par Denis Tillinac au Centre universitaire méditerranéen. Focus sur un journaliste-écrivain controversé.
Par Romain Chardan.
Imprégné d’un patriotisme exacerbé qu’il dit tenir de son grand-père, Eric Zemmour se veut un défenseur de la culture française. « Aujourd’hui, les artistes sont des analphabètes illettrés, c’est à croire qu’ils ne savent ni lire ni écrire ». Le ton est donné, avec le retour du personnage de flingueur qu’il tient depuis son passage dans « On n’est pas couché », chez Laurent Ruquier. Un amour, aussi, pour la littérature qu’il tient depuis sa lecture des « Illusions Perdues » de Balzac, ouvrage qui l’a incité à suivre la voie qu’il a emprunté. « J’étais tout jeune quand j’ai lu ce livre, et je me suis dit que ce que je voulais faire, c’était ça, être journaliste à Paris, pour la vie, la ville et les belles filles, comme dans le livre de Balzac ». L’influence des grands noms de la littérature française dans sa vie est indéniable. Des personnages qu’il admire tant qu’il ne peut supporter la « médiocrité actuelle ». « Les livres qu’on me donne aujourd’hui, j’en lis 15 pages et je les jette pour reprendre un bouquin d’un vrai auteur, sinon je m’étouffe ». Evoquant un « Moyen-Âge » culturel dans lequel s’embourbe la France, Zemmour assure avoir toujours été sincère dans son duo avec Eric Naulleau chez Ruquier. « Naulleau, c’est un éditeur, mais c’est aussi quelqu’un qui a une vraie sensibilité artistique. A nous deux, on a essayé de remettre les choses dans le bon ordre », explique-t-il. Avant de surenchérir, modeste?: « On a fait œuvre de salubrité publique ».
Le personnage de flingueur
Après avoir sévi pendant plus de cinq ans sur France 2, la production lui a indiqué le chemin de la sortie, ainsi qu’à son binôme. Même s’il se sait enfermé dans son personnage de sniper, Zemmour s’en accommode. « J’ai cette étiquette, mais je le veux bien. La télévision amène cette reconnaissance qui flatte l’égo, mais je sais bien que ma carrière de polémiste est derrière moi ». Une carrière qui lui aura tout de même apporté notoriété et reconnaissance, et ce même au moment de son procès. Condamné pour propos racistes, il a été étonné de se trouver soutenu par des inconnus. « Des chauffeurs de bus, des gens dans la rue me disaient de ne pas lâcher. Sans le vouloir, j’étais devenu une sorte de porte-voix ». Après cette condamnation, il n’a pas hésité à prendre la défense de Christian Vanneste. Le député du Nord, exclu de l’UMP pour avoir soutenu qu’« il n’y aurait pas eu de déportation homosexuelle en France », a été vivement attaqué par une grande partie des médias français. Eric Zemmour, dans le cadre de sa chronique sur RTL, a pris sa défense, dans le but de « laminer » l’opposition. « Vanneste n’a pas inventé ce qu’il a dit, puisque des historiens ont confirmé ses propos », avait souligné Zemmour dans sa chronique matinale.
«?Renverser la république?»
La pression du système médiatique, un des points essentiels abordés au cours de cette conférence niçoise, s’est d’ailleurs imposée, selon Zemmour, avec l’épisode Vanneste. « Il faut voir comme en 24h il a été attaqué de toutes parts. Les dépêches tombaient les unes après les autres, toutes plus assassines au fil des minutes ». Bien conscient de la toute puissance actuelle du système médiatique, il va plus loin, provoquant les applaudissements du public?: « C’était incroyable, à la fois comique et pathétique, mais à un moment donné, j’ai cru qu’on allait renverser la République à 4 ». Cet inconditionnel de Napoléon sait quels pouvoirs ont les médias, et regrette le manque de culture qui frappe la population française. « Les gens ne lisent plus, et c’est bien là le problème, il n’y a plus qu’à attendre qu’une nouvelle Renaissance se produise ».



