samedi 18 avril 2026
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Statut unique :
un consensus enfin trouvé

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Depuis le 1er avril, un nouveau statut des employés de jeux est entré en vigueur. Cet accord trouvé entre direction de la Société des Bains de Mer et syndicats abroge et remplace plus de 70 textes distincts.

 

Serpent de mer depuis près de 10 ans, l’adoption d’un statut unique des jeux est presque une libération pour la direction de la Société des Bains de Mer (SBM). Fin mars, le texte remanié plusieurs fois a été approuvé par vote à bulletin secret par 75 % des salariés. Désormais, ils seront tous logés à la même enseigne. Auparavant, les salaires étaient calculés de façons différentes puisque chacun dépendait d’accords multiples et variés. Cet accord historique remplace 70 autres textes, dont le plus ancien est de 1946. Désormais, le salaire aura trois composantes : une partie fixe, une partie indexée sur le chiffre d’affaires et une partie indexée sur les cagnottes des jeux de table. « On passe d’un régime de rémunération fluctuant, à un régime de rémunération aux deux-tiers fixe » s’est réjoui Laurent Nouvion, président Horizon Monaco (HM) du Conseil national au lendemain du vote. « Nous assistons à une des premières réformes de structure » poursuivait-il. « 75 %, ce n’est pas une victoire, c’est un plébiscite » a même lancé Jean-Louis Grinda, conseiller national Union Monégasque (UM). Enfin, sollicité par Monaco Hebdo, le groupe Renaissance a choisi de s’exprimer dans un communiqué de presse qui ne nous était pas parvenu le 31 mars, alors que Monaco Hebdo était en bouclage.

 

18 millions

« Dans le cadre des réformes structurelles à long terme engagées par la SBM, un consensus vient d’être trouvé avec l’ensemble des syndicats des jeux de table sur la mise en œuvre d’une nouvelle convention collective dans ce secteur historique de l’entreprise monégasque » indique la direction de cette entreprise, créée en 1863, dans un communiqué de presse. Coût estimé de cette mesure : près de 18 millions d’euros. « Cette somme va être lissée sur un certain nombre d’années » ajoute Laurent Nouvion. « 18 millions au maximum sur 4 ans, si et seulement si les chiffres sont mauvais » précise une source proche du dossier. Pour atteindre ce résultat espéré depuis au moins 2 ans, les parties ont dû faire des concessions. Du côté des salariés, on a par exemple accepté d’abandonner une partie des cagnottes. Des avancées ont ainsi été obtenues jusqu’au dernier moment grâce à d’intenses tractations entre les cinq syndicats et la direction. Aux termes de plusieurs mois de travaux et d’innombrables réunions, l’ensemble des syndicats de jeux comprenant le syndicat monégasque des cadres et des employés de jeux, le syndicat autonome des jeux américains du casino et du café de Paris, le syndicat des employés du baccara, le syndicat des cadres et des employés de la salle de jeux du Sun Casino et le syndicat de l’encadrement des jeux américains de la SBM ont donc approuvé ce nouveau dispositif conventionnel.

 

« Nécessaire »

L’un des objectifs pour la SBM, c’est de parvenir à une meilleure maîtrise de la masse salariale. Actuellement, 420 personnes travaillent comme employés de jeux. « La mise en œuvre de ce nouveau dispositif au 1er avril 2015 constitue à court terme un coût significatif pour l’entreprise. Mais il est nécessaire pour le développement des jeux de table, par la souplesse qu’il va apporter dans l’adaptation de l’offre de jeux aux demandes de la nouvelle clientèle des casinos. Et, à moyen terme, par la meilleure maîtrise de la masse salariale qu’il permet. La direction de la SBM se félicite de l’énergie déployée par toutes les parties, dont l’ambition de conclure positivement cette réforme capitale et courageuse a été indiscutable » résume la direction.

 

« Loup »

Du côté des syndicats, on parle de l’aboutissement de quelque chose d’important, mais on tempère son optimisme. « Les tractations ont été très dures pour faire progresser un texte qui donnait des latitudes à la direction et qui nous faisaient extrêmement peur. Maintenant, on a un texte beaucoup moins agressif, mais qui reste perfectible. On a essayé de trouver un équilibre » confie un syndicaliste. En cause : la mise en application réelle de ce texte. « On ne peut pas dire que ce texte nous satisfasse pleinement. On se demande où est le loup ? » se questionnent certains responsables. Si le climat social semble s’être apaisé avec le vote de ce texte, les inquiétudes persistent. « Ce qu’on souhaite, c’est vraiment l’application. Car sinon, ça va se retendre tout de suite. Il faut que ce texte s’applique de façon correct et honorable. »

Dans un an, un premier bilan sera effectué pour voir ce qui a fonctionné et peut-être réajuster ce qui doit l’être. « Le moment de nettoyer les points bloquants » espère quelques-uns. « Ce qui nous intéresse, c’est de voir les salons plein. La balle est désormais dans le camp de la stratégie commerciale et du marketing », estime une source interne. Entre direction et salariés, les intérêts convergent forcément. But ultime : recréer une dynamique. Un objectif partagé par le gouvernement et les partis politiques. « Je crois qu’il faut démultiplier nos forces dans le cadre du démarchage et de la relance d’un certain nombre de jeux traditionnels pour les joueurs étrangers. Nous espérons que les choses vont bien se passer. Parce que, comme je le dis toujours, quand la SBM va mal, Monaco ne peut pas vraiment aller bien… » avance un Laurent Nouvion confiant sur ce changement de culture.

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