Élue présidente de la jeune chambre économique de Monaco, Hanna Derrien revient pour Monaco Hebdo sur son parcours, ses projets et les secteurs les plus prometteurs dans lesquels entreprendre en principauté en 2025.
Vous faisiez quoi avant de rejoindre la Jeune chambre économique de Monaco ?
Je suis originaire de Bretagne, du Morbihan. J’ai étudié le droit à Paris et je suis diplômée de Paris II en droit fiscal. Après avoir passé le certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA), j’ai exercé la profession d’avocat pendant quatre ans, dans un cabinet parisien. J’ai ensuite quitté Paris pour m’installer à Nice, et travailler à Monaco, notamment pour profiter d’un cadre de vie plus agréable, plus propice à fonder une famille.
Vous ne connaissiez donc personne à Monaco et ses alentours ?
Quand je suis arrivée ici, j’avais à peine trente ans et je ne connaissais personne, à part mes nouveaux collègues. J’avais envie de rencontrer du monde et d’élargir mon réseau. Sous les conseils de certaines relations, j’ai décidé d’entrer à la jeune chambre économique de Monaco. Étant destinée aux 18-40 ans, cette structure correspondait parfaitement à mon profil. J’ai intégré l’association en 2021, et franchement, sans aucun regret.

Quel a été votre parcours, avant d’atteindre la présidence ?
J’ai débuté au sein d’une commission consacrée à l’organisation de la soirée des trophées. C’était un moment charnière : plusieurs éditions avaient déjà été organisées et il fallait insuffler un nouveau dynamisme à cet événement, pour éviter qu’il ne devienne une simple remise de prix classique. J’y suis entrée en même temps que Clément Maréchal, qui était président de la jeune chambre économique de Monaco cette année-là.
Lire aussi | Clément Maréchal : « À Monaco, il y a des opportunités tous les jours »
Que vous a apporté la jeune chambre économique de Monaco ?
L’événementiel était une nouveauté pour moi, car ce n’est pas du tout mon domaine habituel. Cela m’a permis de sortir de ma zone de confort dès mon entrée dans l’association. J’ai adoré m’y impliquer, organiser et structurer. À travers cette expérience, j’ai pu rencontrer différents acteurs locaux et partenaires de la jeune chambre, ce qui a été très enrichissant, tant sur le plan personnel que professionnel. J’ai ensuite progressivement gravi les échelons : chef de projet, puis secrétaire générale du conseil d’administration en 2023, avant d’occuper le poste de vice-présidente, aux côtés de Clément Maréchal.
« A Monaco, il est très difficile d’obtenir un local commercial, en raison des loyers élevés et des charges sociales importantes. […] Une évolution législative serait donc souhaitable »
Vous vouliez gravir les échelons ?
Oui, j’aime avancer progressivement, en respectant chaque étape. Je pense que si elles existent, ce n’est pas pour rien. Elles permettent d’acquérir une compréhension précise des besoins et des attentes à chaque niveau de responsabilité. Aujourd’hui, je suis en mesure de comprendre les attentes des chefs de projet, et d’adapter mon accompagnement à leur vision.
Quelle expérience a été la plus marquante au sein de la jeune chambre économique de Monaco ?
Le poste de secrétaire générale m’a particulièrement marquée. Il s’agit d’un travail de l’ombre, où l’on gère toute la partie administrative et les relations protocolaires. Cette expérience m’a permis de mieux appréhender les enjeux et les mécanismes internes de la Jeune Chambre. Heureusement, nous avons une assistante à mi-temps, qui veille à respecter tous les protocoles, notamment en matière de relations avec nos partenaires.
Quels sont vos projets pour ce mandat ?
Nous avons une ligne directrice claire : l’entrepreneuriat. L’an dernier, avec Clément Maréchal et Luca Dubois, mon « deputy » cette année, et futur président s’il est élu à l’assemblée générale d’octobre 2025, nous avons mis en place un plan triennal. Le but était de structurer un projet commun, afin de garantir une continuité, malgré le changement annuel de présidence.
Qu’est ce qui a changé, depuis ?
Nous avons supprimé certaines commissions et nous en avons créé d’autres : Monaco Inspire, les Pitch Lines, les Start-up Meetings… Nous devons maintenant les pérenniser, et ajuster leur fonctionnement.
Quels sont les moments importants à prévoir pour cette année 2025 ?
Deux anniversaires importants auront lieu cette année : les 30 ans du concours de création d’entreprise, avec une possible dotation supplémentaire du gouvernement. Nous prévoyons également un prix honorifique pour récompenser une entreprise qui a eu un impact significatif sur Monaco. Et il y aura aussi les 10 ans de Graine d’Entrepreneurs, avec des interventions dans dix établissements scolaires.
Il y aura plus de “networking” également ?
Nous avons également renforcé l’aspect “networking” de nos JCE Connect, en les structurant autour de thématiques sectorielles : luxe, finance, immobilier, digital… Nos cycles de formation ont été enrichis sur des sujets clés comme la fiscalité, les études de marchés, ou encore les caisses sociales.

Pour les jeunes créateurs d’entreprises, quels secteurs sont les plus prometteurs pour entreprendre en 2025 ?
Nous observons une forte présence de projets autour des applications numériques et de l’intelligence artificielle (IA). Toutefois, le marketing, la communication et le web marketing restent des secteurs très porteurs. La dématérialisation est également une tendance forte, à l’image de Eat’In Carlo. Cependant, à Monaco, il est très difficile d’obtenir un local commercial, en raison des loyers élevés et des charges sociales importantes. Certaines subtilités réglementaires peuvent compliquer l’expansion d’une entreprise. Une évolution législative serait donc souhaitable pour favoriser l’entrepreneuriat.
Quels sont les atouts de Monaco pour entreprendre ?
Monaco est un écrin. Même si l’accès est parfois compliqué, tout est rapidement accessible à pied, ce qui facilite les rendez-vous. Les institutions sont très accessibles, et nous avons la possibilité de dialoguer facilement avec des interlocuteurs clés. Enfin, il y a un véritable esprit de collaboration au sein de la jeune chambre économique. Lorsque nous travaillons bien ensemble, nous nous recommandons les uns les autres, ce qui crée un cercle vertueux et stimule l’économie locale.



