
En ces temps de crise, le principe de l’éducation financière est sur toutes les lèvres. A l’international, les innovations en la matière se multiplient. Mais qu’en est-il en Principauté??
Par Romain Chardan.
La crise économique, qui a débuté en 2008, n’a épargné personne. En plus des désastres financiers qu’elle a pu causer, elle a également permis de mettre à jour un fait inquiétant. Les connaissances dans le domaine financier de la majeure partie des individus sont extrêmement faibles. Voire inexistantes. Comme le montre d’ailleurs un sondage récent du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC), selon lequel les Français reconnaissent, à près de 80 %, mal s’y connaître dans le domaine des placements financiers. Les différents analystes qui se sont penchés sur cette question n’ont pas attendu la tempête de 2008 pour se rendre compte de ce type de lacunes. En Europe et dans le monde, différentes initiatives se succèdent pour pallier ces insuffisances culturelles. A titre d’exemple, l’Australie a vu son gouvernement créer une association donnant accès à des connaissances en matière d’économie et de finance. Objectif?: permettre aux utilisateurs, entre autres, de réduire leurs dépenses en carte de crédit et d’investir intelligemment. L’Europe n’est pas en reste avec de nombreux sites Internet. La plate-forme web (www.dolceta.eu), soutenue par l’Union européenne (UE) et accessible dans chaque langue des pays membres de l’UE, permet ainsi d’aider au développement des initiatives nationales en matière d’éducation financière. Une partie du site promeut son enseignement avec un plan de cours détaillé. Quant aux acteurs privés, ils donnent aussi un petit coup de pouce. En France, la Société Générale a par exemple lancé un site ludo-éducatif dédié au 6-11 ans (www.abcbanque.fr) au mois de novembre dernier. Le mot d’ordre?? En quelques clics sur le site, l’enfant peut tout savoir sur l’argent?: « à quoi il sert, comment on le fabrique ». Il peut aussi créer son minicompte pour gérer son « argent de poche comme dans une vraie banque?! »
Idées et innovations en Principauté
La Principauté n’a pas complètement échappé à cette réflexion globale autour de l’éducation financière. La preuve?? Henri Riey, qui a participé au groupe de réflexion Monaco 2029, avait même lancé l’idée de créer une Autorité monégasque pour la gouvernance et l’éducation financière. Le but était simple?: apporter aux enfants aussi tôt que possible des bases sur l’économie et la finance, « de manière à leur donner envie de devenir entrepreneur par exemple ». Pour l’heure, le projet est resté lettre morte. Dommage. Dans l’enseignement des plus jeunes, seule une prévention aux comportements addictifs a été mise en place, en plus des cours d’économie du secondaire. En revanche, l’Association monégasque des activités financières (AMAF) a, elle, créé voilà déjà 4 ans un DEES banque option place bancaire monégasque. Ce diplôme, équivalent à une licence, a été mis en place en « coopération avec le service de l’emploi », explique Jean Dastakian, secrétaire général de l’AMAF. Ce qui n’empêche pas de réfléchir à renforcer cette éducation financière toujours balbutiante. Selon Dastakian, il faudrait en effet tout de même « renforcer la connaissance générale en matière de finance, qui est sûrement insuffisante ». Ce qui implique, avant toute chose, de « savoir sur quel niveau il serait judicieux d’intervenir ».



