dimanche 19 avril 2026
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Planet Solar?: la technologie au service de l’écologie

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L’arrivée du plus grand catamaran solaire du monde (31 mètres de long) à Monaco, le 4 mai, constitue un tournant dans l’avancée des nouvelles technologies environnementales.

Par Romain Fondacaro.

Planet Solar est le premier bateau ayant effectué le tour du globe à énergie exclusivement solaire. Parti de Monaco le 27 septembre 2010, il s’est lancé dans une traversée d’est en ouest sur la route équatoriale. Les quatre membres de l’équipage, guidés par les instructions des météorologistes, devaient emprunter les trajets les plus ensoleillés afin d’alimenter les batteries reliées aux 536 m2 de panneaux solaires photovoltaïques. Avec une vitesse de croisière avoisinant les 5 noeuds (9 km/h), le catamaran a parcouru plus de 59?598 kilomètres en passant par Miami, Cancùn, Panama et San Francisco. Il a ensuite fait étape en Polynésie française, près des côtes australiennes ainsi que celles de la Papouasie Nouvelle-Guinée avant de s’amarrer à Singapour et enfin à Abu Dhabi. Après 19 mois de périple à travers les mers, le Planet Solar fait son retour en Principauté, Quai Antoine 1er.

Le Planet Solar le plus grand catamaran solaire du monde
Raphaël Domjan chef d’expédition et initiateur du projet, Erwann le Rouzic, capitaine, Christian Ochsenbein, chef ingénieur, et Jens Langwasser, bosco ont été accueillis par des centaines de personnes Quai Antoine 1er. © Photo Monaco Hebdo.

« Convaincre les politiques »
A leur arrivée, les membres du navire écolo ont été accueillis par des centaines de personnes, tels des rockstars. Escorté par plusieurs bateaux et un hélicoptère, le catamaran a offert une parade sous les fanfares et les acclamations du public. Des tonnerres d’applaudissements ont rendu hommage au concepteur du projet, Raphaël Domjan, dont l’idée a germé en 2004. Poussé par une ambition souvent qualifiée de « naïve », le navigateur suisse de 40 ans a réussi son pari?: démontrer que la technologie n’est pas incompatible avec la protection de l’environnement. « Ce tour du monde me permet de faire passer un message d’optimisme. L’énergie solaire fonctionne vraiment?! », s’exclame Raphaël avant de reprendre?: « Avant ce projet, la transition vers les énergies renouvelables n’était que des paroles, maintenant qu’on a la preuve que c’est possible et réalisable, il faut passer aux actes. En 19 mois de croisière, la dépense d’énergie du catamaran n’a pas excédé celle d’un scooter. » Cette traversée est une belle manière de faire taire les sceptiques sur l’efficacité et le potentiel des nouvelles technologies environnementales. Mais le plus dur reste à faire?: « Convaincre les politiques et les industries de changer. Le Planet Solar est un produit fini, commercialement viable aujourd’hui et non pas demain », insiste Raphaël.

Le Planet Solar le plus grand catamaran solaire du monde
© Photo Monaco Hebdo.

Consortium
La réalisation du projet à Monaco n’est donc pas un hasard. Il est soutenu par un consortium composé de la Fondation Albert II, de la Direction du tourisme et des congrès, du Yacht club de Monaco et de la Société des Bains de Mer. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la politique environnementale menée par la Principauté depuis de nombreuses années. En ayant signé et ratifié le Protocole de Kyoto en 1998 et 2006, Monaco multiplie ses efforts dans ce domaine. Afin de marquer le coup, le bateau a stationné pendant trois jours en Principauté. L’esplanade des pêcheurs s’est transformée en « Village solaire » jusqu’à dimanche. Une occasion d’informer le public et de sensibiliser les plus jeunes sur les énergies renouvelables. Les plus curieux ont pu visiter le catamaran dimanche dans l’après-midi et assister au récit de l’équipage sur les secrets de leur traversée.
Pour Raphaël Domjan, ce sont huit années de travail qui s’achèvent. Quand on le questionne sur ses projets d’avenir, sa réponse est limpide?: « Des vacances s’imposent?! », déclare-t-il, le sourire aux lèvres. Cependant, cette belle histoire ne doit pas s’arrêter en si bon chemin. Raphaël compte bien passer le flambeau. Selon lui?: « Il reste encore beaucoup d’autres histoires à écrire à l’énergie solaire. »

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