vendredi 17 avril 2026
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Des opportunités sur les obligations “à haut rendement”

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Olivier Lecler est directeur général de Société Générale Private Banking à Monaco
Olivier Lecler est directeur général de Société Générale Private Banking à Monaco depuis le 1er février. La banque rouge et noir est implantée dans la principauté depuis 1903. © Photo DR

Pour Olivier Lecler, directeur général de Société Générale Private Banking à Monaco, détaille ses perspectives de marché. Selon lui, la prudence s’impose désormais sur les emprunts d’Etat.

Monaco Hebdo?: Quel est le positionnement de la Société Générale à Monaco??

Olivier Lecler?: La Société Générale est implantée en principauté de Monaco depuis 1903 et y développe deux activités, la banque de détail et la gestion privée, de manière équilibrée et en totale synergie. L’activité de private banking a connu un essor marqué à partir de 1996 avec la création d’une société anonyme monégasque dédiée à la gestion de fortune?: Société Générale Private Banking Monaco. L’encours des dépôts et titres en principauté est estimé à 75 milliards d’euros à fin 2009. Notre part de marché en actifs gérés est de 8 % et celle en activité de crédit de près de 22 %. Notre position sur cette activité s’explique notamment par notre expertise dans le financement immobilier. La Société Générale a en effet été parmi les premiers établissements à développer une activité de financement de biens immobiliers à Monaco et sur la Riviera française, adaptée à la clientèle patrimoniale de la banque privée. L’implication de la Société Générale dans la vie de la principauté dépasse par ailleurs son activité d’établissement bancaire pur, avec le soutien de plusieurs événements culturels, notamment le festival du Printemps des Arts, et ce depuis 7 ans, mais également caritatifs comme la course « no finish line » au profit de l’enfance défavorisée et à laquelle de nombreux employés du groupe Société Générale participent, ou encore sportifs comme l’ASM Rugby dont nous sommes un des partenaires.

M.H.?: Comment la crise financière a-t-elle modifié les attentes de vos clients en banque privée??

O.L.?: La crise a eu, sur la banque privée, le même impact que sur le reste du marché de la gestion d’actifs, à savoir un recentrage des clients vers des produits simples, transparents et investis sur les classes d’actifs traditionnelles que sont les obligations, les actions et le monétaire. Ils se montrent désormais plus méfiants vis-à-vis des hedge funds. Ce retour aux fondamentaux implique de renforcer notre devoir de conseil, qui est l’un des trois piliers du métier de la banque privée aux côtés du financement et de la gestion et transmission de patrimoine. Mais ce conseil doit être à forte valeur ajoutée. D’autant que la gestion dite « conseillée » connaît depuis quelques années une forte croissance. Contrairement à la gestion sous mandat, métier historique de la banque privée, les clients qui optent pour ce type de gestion prennent eux-mêmes au final les décisions d’investissement. Il s’agit le plus souvent de clients haut de gamme, très bien informés sur les marchés financiers, qui ont parfois leur propre family office (1), et qui souhaitent que nous leur apportions, non pas des solutions clés en mains, mais des idées et un cadre leur permettant de décider eux-mêmes des investissements à réaliser.

M.H.?: Quelles classes d’actifs conseillez-vous actuellement à vos clients??

O.L.?: Après une année 2010 faste pour les placements obligataires, dans le sillage de la baisse des taux à des niveaux planchers fin 2010 (2), nous conseillons désormais davantage de prudence sur les emprunts d’Etat, notamment sur les échéances les plus longues qui seront les plus sensibles à la remontée progressive des taux d’intérêt. Nous constatons aussi depuis quelques mois davantage d’appétit des clients pour le risque. Nous leur conseillons donc d’étudier l’opportunité d’investir dans les obligations d’entreprises dites « à haut rendement » ainsi que sur les actions américaines.

M.H.?: Pourquoi??

O.L.?: Nous pensons que la bonne santé financière des entreprises en sortie de crise et la baisse sensible du taux de défaut des émetteurs privés rendent le couple « rendement-risque » très intéressant sur les obligations « à haut rendement ». Nous estimons par ailleurs que le contexte reste très porteur pour les actions américaines avec, d’une part, une progression continue des résultats des entreprises outre-Atlantique, et, d’autre part des politiques monétaires et budgétaires toujours accommodantes qui soutiennent la reprise économique.

Nous sommes en revanche plus prudents sur les actions des pays émergents. Quant aux actions européennes, leur valorisation nous semble attractive mais la visibilité reste faible en raison des incertitudes sur la résorption du risque souverain dans la zone euro, notamment.

(1) Le Family Office est un ensemble de services apportées aux familles fortunées (plus de 10 millions d’euros) par les gestionnaires de fortune ou banque privée afin de leurs permettre de conserver, de gérer et de transmettre leur patrimoine financier, professionnel, social et familial d’une famille sur plusieurs générations. Au-delà des aspects financiers et patrimoniaux, le Family Office prend aussi en charge les affaires personnelles de leurs clients?: organisation de voyages, études des enfants…

(2) Le prix d’une obligation est inversement corrélé aux taux d’intérêt. Plus les taux baissent, plus le prix des obligations a tendance à monter, toute chose égale par ailleurs. Les taux ayant atteint des niveaux très faibles fin 2010, les investisseurs anticipent leur remontée à moyen terme et donc la baisse du prix des obligations.

(3) Les émissions obligataires à haut rendement dites « high yield » sont émises par des sociétés le plus souvent en retournement ou présentant un niveau d’endettement élevé. La rémunération de ces obligations, comme leur niveau de risque, est donc conséquente comparé aux obligations dites « investment grade ».

Le billet vert sous tension
Le sort du billet vert demeure au coeur des préoccupations des investisseurs, soulignent les experts d’Amundi AM dans leur dernière note mensuelle Cross Asset Investment Strategy. « D’un côté, certains tablent sur un retour à une configuration « normale », dans laquelle les bonnes surprises sur l’économie américaine devraient générer une hausse du billet vert. Mais d’un autre côté, avec la politique monétaire de QE2 en cours, un dérapage des anticipations d’inflation pourrait se produire, expliquent-ils. Conjuguées à la dérive des finances publiques, ces évolutions pourraient finir par provoquer une défiance pour les actifs américains et une chute du dollar. »
Vents favorables aux actions
Skandia Investment Group reste surpondéré en actions. « Nous anticipons une hausse significative en 2011, souligne James Millard, Chief Investment Officer. Les trois moteurs de hausse que nous mettions en exergue le mois dernier demeurent d’actualité?: une reprise économique forte, permettant une nouvelle amélioration du niveau des profits des entreprises, des taux d’intérêt bas – même si nous anticipons une légère remontée –, et des niveaux de valorisation attractifs ».

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