dimanche 19 avril 2026
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Emploi : les métiers qui recrutent

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Malgré la conjoncture internationale difficile, le marché de l’emploi monégasque ne semble pas connaître la crise. Focus sur les secteurs où vous pouvez postuler…

Alors que la France compte désormais 3,2 millions de chômeurs et que les projections de l’OCDE sont très mauvaises, Monaco fait figure d’exception dans le Sud de l’Hexagone. « A Monaco, le marché du travail est dynamique, souligne ainsi Sophie Vincent, chef du service de l’emploi, rattaché au département des Affaires sociales et de la Santé. Du 1er octobre 2011 au 30 septembre 2012 (année comptable des Caisses Sociales), nous avons constaté une augmentation globale de 2,44 % du nombre d’heures travaillées et de plus de 2 % du nombre de salariés dans le secteur privé. Ce qui représente 900 salariés supplémentaires ». Au 31 décembre 2012, Monaco comptait ainsi 45 442 salariés. Et 1 500 à 2000 nouvelles offres d’emplois sont déposées tous les mois. Avec à la clé, une majorité de CDI…

« Diversité de métiers »
Si le service de l’emploi ne mène pas d’étude prospective, cette tendance devrait se confirmer sur l’année 2013. Comment expliquer cette exception monégasque ? « Monaco demeure un bassin d’emploi attractif car il y a une diversité d’activités et de métiers par rapport à d’autres bassins d’emploi plus spécialisés. Il y a toujours une activité qui vient compenser une autre. Par exemple, le bâtiment recrute moins en ce moment mais le secteur administratif et l’hôtellerie-restauration compensent ce ralentissement », constate Sophie Vincent. La fonctionnaire dispose, dans son ordinateur, d’un panorama global des offres d’emplois. La loi monégasque impose en effet que toutes les offres d’emploi passent par ce qu’on appelle traditionnellement « la main d’œuvre ». Les employeurs ont l’obligation de déclarer tout poste vacant dans leur société, quelque soit le type de contrat. Y compris les offres d’intérim.

Sophie Vincent

Tendances
On peut ainsi esquisser un classement des secteurs qui recrutent (cf. graphique). Sur 2012, le premier secteur concerne les emplois administratifs. Comptabilité, secrétariat, gestion, finance, banque, assurances… Bref, dans les services, les offres d’emploi enregistrées ont augmenté de 5 %. En revanche, l’année 2012 a été plus calme pour l’hébergement-restauration avec une stabilisation des offres d’emploi. Côté commerce, les activités commerciales ont connu des pics en mai et en octobre 2012. Mais globalement, on observe une baisse de 10 % en terme de recrutement. Quant à l’industrie, elle est évidemment morose. Avec la série noire de licenciements collectifs, le secteur marque une baisse des offres d’emploi de 3 %, poursuivant sa perte de vitesse entamée avec les années de crise. Enfin pour le bâtiment, 2012 aura été elle aussi une année de crise avec une année très calme avec une baisse de 4 % des recrutements. Si quelques chantiers sont en cours (notamment celui de la Tour Odéon), les sociétés du BTP souffrent en ce moment de la concurrence et d’un manque d’activité. Des tendances qui se confirment sur les premiers mois de 2013.

Métiers en tension
En tout, 23 858 offres d’emploi ont été déposées sur l’année 2012. Mais étonnamment, compte tenu de la conjoncture, 23 % d’offres n’ont pas été pourvues… Soit parce que le recruteur n’a pas trouvé de candidats. Soit parce qu’il a différé l’offre d’emploi. Un chiffre qui reste conséquent. Surtout pour certains métiers. Ainsi, à ce jour, 18 offres de comptables déposées en 2013 n’ont toujours pas trouvé preneur. C’était déjà le cas pour une cinquantaine d’offres en 2012. Même topo dans les métiers de la santé. Une dizaine d’offres d’emplois d’aides soignants n’ont pas trouvé chaussure à leur pied en 2012… Au total, 1 570 offres déposées en 2013 sont toujours ouvertes, et les postes restent a priori vacants… « Il y a des métiers « en tension » pour lesquels il n’y a pas assez de candidats, où l’offre est supérieure à la demande, explique ainsi Sophie Vincent. Cela concerne les secteurs de la santé (aides soignantes et infirmières), l’aide à la personne (aides à domicile, auxiliaires de vie, de puériculture), l’informatique (développeurs, web), la comptabilité. » Des métiers qui suscitent peu de vocation alors qu’on trouve facilement du travail. Pour des raisons différentes. Dans l’informatique, il y a tellement de spécialisation (développeurs, web) que le nombre de jeunes diplômés ne suffit pas à combler les besoins. Pour la comptabilité, la relève n’est pas assurée. Les clichés ont la vie longue. « Bourrés d’a priori, les jeunes imaginent encore le métier de comptable, enfermé dans son bureau, sous une masse de dossiers, manipulant sa machine à calculer… », remarque un professionnel.
De même, les métiers de bouche peinent à recruter (traiteurs, poissonniers, bouchers, boulangers, charcutiers). Et même à l’heure où les émissions culinaires font recette à la télévision, certains métiers de cuisine sont encore boudés par les jeunes. « On ne ressent pas encore de regain des vocations lié aux émissions comme Top chef ou Masterchef… », constate Sophie Vincent. Avant d’ajouter : « A Monaco, il y a un excellent lycée hôtelier, et les jeunes qui en sortent trouvent facilement du travail. Mais le nombre de jeunes qui en sort n’est pas suffisant pour couvrir les besoins en principauté. » C’est d’ailleurs pourquoi le service de l’emploi met en place des actions correctives pour le millier de demandeurs d’emploi inscrits. « On gère en moyenne 1 000 demandeurs d’emploi prioritaires par mois, c’est-à-dire monégasques, résidents de la Principauté et des 4 communes limitrophes (Cap d’Ail, La Turbie, Beausoleil et Roquebrune). On a pu monter à 1 500 selon les périodes de l’année », indique la chef du service de l’emploi. Seulement une cinquantaine de Monégasques sont inscrits auprès du Service de l’Emploi, tous motifs d’inscriptions confondus (primo-demandeurs d’emploi, changement d’emploi, recherche d’un emploi saisonnier ou étudiant, ou recherche d’un emploi permanent). La « main d’œuvre » organise et finance des formations individuelles avec bilan de compétences, en fonction des offres d’emploi non pourvues (secrétaires médicale, en partenariat avec le CHPG, secrétaire-comptable ou télé-vendeurs).

 

Laurent Goolen, directeur général de Randstad Monaco

« Le marché est un peu calme en ce moment. On commence à ressentir depuis quelques mois les problèmes que connaît la France. Dans le secteur du BTP, à l’exception de quelques chantiers, c’est un peu difficile. Il y a de belles perspectives mais ce n’est pas pour tout de suite. C’est un peu dur aussi pour le secteur industriel. On fonctionne convenablement sur L’Appel médical (personnel de santé, aide à la personne). Ça évolue bien, on a une équipe performante et spécialisée. Il y a d’autres secteurs tels l’hôtellerie et la restauration avec lesquels nous travaillons bien. Expectra (personnel hautement qualifié) s’est pas mal développé aussi. Le fait de séparer nos secteurs d’activités, de ne plus être une agence généraliste, nous a aidés à nous développer. »

Un responsable d’agence qui préfère conserver l’anonymat

« Le secteur tertiaire est porteur. Au niveau de l’industrie, ça se stabilise. Concernant le BTP, la situation est difficile, notamment avec la Tour Odéon. Ça n’est pas la poule aux œufs d’or. Malgré tout, la situation du marché de l’emploi n’est pas catastrophique. Notre chiffre d’affaires est stable par rapport à 2012. On compense avec un secteur vis-à-vis d’un autre. »

Le top 10 des besoins

Asssistant manager
C’est le nouveau nom de l’assistant de direction. Un poste toujours très recherché.

Attaché commercial
Pour vendre les produits de l’entreprise qu’il représente, l’attaché commercial démarche les entreprises et les artisans potentiellemet intéressés.

Auxiliaire de vie
Il joue un rôle clé dans le cadre du maintien à domicile des personnes dépendantes. Toilette, tâches ménagères, repas, déplacements… L’auxiliaire de vie accompagne les personnes âgées et handicapées dans leur quotidien.

Aide soignant, infirmier
Comme en France, il est difficile de trouver du personnel soignant. Ce fut d’ailleurs le cas à l’ouverture récente du centre gérontologique Rainier III. A Monaco, il existe pourtant une école d’infirmières.

Comptable
S’il manipule les chiffres, le comptable a vu ses fonctions évoluer avec le temps. Il joue un rôle stratégique de conseil et d’analyse au sein de l’entreprise.

Développeur informatique
C’est le développeur informatique qui gère la conception technique et l’écriture de programmes ainsi que la détection des dysfonctionnements.

Ingénieur technico-commercial
Intermédiaire entre la clientèle et la production, il gère de nombreuses fonctions. De l’évaluation technique des besoins à la négociation de contrats, en passant par l’installation du matériel.

Saisonnier
Dans l’hôtellerie et restauration, le recrutement des saisonniers est en cours. Et si l’on se fie aux premiers chiffres de 2013, la saison devrait être bonne. Et donc pourvoyeuse d’emplois.

Secrétaire médical
Compte tenu des besoins à Monaco, le service de l’emploi assure une formation de secrétariat médical. Un poste en rapport avec les patients qui nécessite de connaître les termes médicaux.

Webdesigner, webmaster
Dans les métiers de l’informatique, les candidats sont très recherchés. Qu’ils s’agissent des créatifs du numérique ou des responsables de sites Intranet et Internet.

Jeunes : Et si vous deveniez apprenti ?

Dépoussiéré, l’apprentissage permet d’obtenir son diplôme en travaillant. Dans tous les secteurs d’activité…

Envie d’apprendre un métier, être rémunéré tout en obtenent son diplôme ? C’est ce que vous offre la formation par apprentissage. Longtemps cantonnée aux métiers manuels et aux CAP et BEP, elle touche aujourd’hui tous les secteurs d’activité. A 70 %, les apprentis apprennent les métiers du secteur tertiaire (administratif, BTS secrétariat, assistant de direction, banque finance) tandis que 30 % se dirigent vers des CAP ou BEP de coiffure, restauration, BTP. « La loi de 2007 dépoussière celle de 1963 qui n’était plus adaptée ni au marché de l’emploi ni à la formation, détaille Sophie Vincent, chef du service de l’emploi. Ce texte moderne permet de mettre en place l’apprentissage pour les jeunes de 16 à 26 ans, tous secteurs et tous diplômes confondus, du CAP au Bac+5. Voire même après car aujourd’hui, les bac +6 et les doctorats peuvent également se faire en apprentissage. »
Cette formation rencontre un grand succès auprès des professionnels. Des entreprises comme la SBM, les Thermes Marins, Single Buoy Moorings ou des banques y ont fait appel. Au point que 8 apprentis sur 10 sont recrutés et ne passent pas par la case service de l’emploi. « Ça fonctionne bien car on signe 130 nouveaux contrats d’apprentissage à Monaco chaque année. L’apprentissage se déroulant sur deux ans, on peut considérer qu’il y a actuellement 250 apprentis employés à Monaco », ajoute Sophie Vincent.
Le diplôme Banque option Monaco est devenu emblématique de cette formation par alternance : « Depuis 2007, on a formé 77 jeunes et 80 % travaillent à Monaco. Malgré les difficultés qu’ont pu connaître les banques ces dernières années, elles ont continué à prendre des apprentis. On constate un engouement des jeunes. Cette année, on a 22 candidatures pour 10 à 11 places… » Pour 2014, un autre diplôme monté en concertation avec les professionnels devrait voir le jour. Il s’agit d’un diplôme universitaire (DU) de droit social, ouvert aux salariés.

A la recherche d’un premier job

Vous cherchez un job ? Voici quelques conseils pour valoriser votre expérience.

Maîtriser une langue étrangère… au moins :
« La pratique d’au moins une langue étrangère est indispensable, tous secteurs d’activités confondus. » A Monaco, les entreprises recherchent bien évidemment des employés parlant l’anglais et l’italien. Mais elles demandent de plus en plus au candidat la pratique du russe, de l’arabe voire du chinois. « Les jeunes qui se démarqueront seront ceux qui auront ces atouts linguistiques. »

Etre polyvalent :
Dans notre société, tout le monde le dit, il faut être polyvalent et adaptable ! Qu’entendent les employeurs par là ? « Il y a la polyvalence technique et comportementale. Il faut s’adapter et être adaptable, avoir une ouverture d’esprit. Il est important de ne pas avoir d’idées arrêtées sur des métiers, et être prêts à tester différentes professions, détaille Sophie Vincent, chef du service de l’emploi. Les jeunes arrivent souvent avec des idées sur les métiers et les rémunérations. C’est notre responsabilité de les recadrer un petit peu et de leur remettre les pieds sur terre. »

Cumuler les expériences :
« Toute expérience professionnelle, est très importante. A CV équivalent, le jeune qui a fait des jobs d’été ou des stages, se démarquera par rapport à un jeune qui n’a jamais mis les pieds dans une entreprise », insiste la chef du service de l’emploi.

Présenter un bon CV :
« Le CV reste la première étape pour décrocher un entretien » et c’est pourquoi il est capital de ne pas être négligeant sur sa confection. D’ailleurs, le service de l’emploi propose aux demandeurs d’emploi des ateliers CV, lettre de motivation et entretien d’embauche. Il existe différents types de CV et aujourd’hui, c’est le CV par compétences (avec une rubrique « compétences professionnelles ») qui serait prisé par les recruteurs. Pour les jeunes candidats, à l’expérience professionnelle vierge, pas de panique ! La rubrique « compétences professionnelles » peut être alimentée par diverses expériences. « Souvent, nos demandeurs d’emploi ne savent pas se mettre en valeur et faire ressortir les compétences acquises dans un job d’été ou dans le monde associatif. Pour un jeune qui sortirait des études, il faut mettre en valeur les parties théoriques (modules management, droit) acquises dans les diplômes ainsi que l’informatique », souligne Sophie Vincent.

Les trucs à éviter :
Cela semble évident mais par expérience, on peut vous dire qu’il n’est pas inutile de le rappeler. Dans son CV, il faut absolument bannir « les photos trop décontractées, les adresses mail bizarres, les loisirs ou autres informations qui n’apportent aucune valeur ajoutée au CV… », souligne Sophie Vincent. Par ailleurs, si se distinguer par l’originalité du CV est indispensable pour certains métiers (designers ou graphiste), pour d’autres, plus administratifs, cela peut être contre-productif. Quant au mensonge dans le CV, il est tout bonnement à proscrire. Les employeurs vérifient de plus en plus les références professionnelles mentionnées. Se méfier également des photos et commentaires extra-professionnels sur les réseaux sociaux. On ne sait jamais…

Jean-Edouard Dangréaux

Cadres : « Des salaires en baisse de 10 à 15 % »

Le cabinet de recrutement Michael Page, installé à Monaco depuis 2008, est spécialisé dans les profils de cadres et de cadres dirigeants, tous secteurs d’activité confondus. Le chasseur de têtes Jean-Edouard Dangréaux, consultant associé, nous livre la tendance du moment.

Monaco Hebdo : Quelle est la tendance du marché du travail pour les cadres ?
Jean-Edouard Dangréaux : L’année 2012 a été très difficile dans tous les secteurs d’activité. Les entreprises ont connu une phase de restructuration-réorganisation. Avec des plans de départs, des coupures de budget, une réorganisation interne ou un changement d’actionnaires. Elles ont repensé le modèle afin de poursuivre une activité moins forte avec des budgets moins élevés. Depuis début 2013, nous sommes dans une phase de « digestion ». Les départs de cadres qui n’ont pas été remplacés en 2012 le sont aujourd’hui. On remarque néanmoins qu’il y a encore peu de création de postes. Par exemple, dans une activité forte de Monaco, qui est le secteur financier, il n’y a pas de créations de postes sauf dans les métiers juridiques et de conformité. Je pense que les sociétés relanceront les investissements à partir de septembre.

M.H. : Quels sont les secteurs qui recrutent ?
J.-E.D. : Dans le secteur bancaire et les sociétés de gestion, on recherche à renforcer ses « process de compliance » et de conformité, en raison d’une série de nouvelles réglementations. Depuis début 2013, cela représente 50 % de notre activité. Les responsables juridiques, compliance, ou audit interne représentent, eux, 50 % des recrutements de la partie bancaire. Quant aux autres 50 %, ils vont concerner les postes de techniciens, traders, gestionnaires sous mandat, investment advisors ou de banquiers privés. A Monaco, dans le back office, il y a peu de turn-over et il n’y a pas de crise pour les banquiers privés. Dans la même logique, dans la finance d’entreprise, on a besoin de contrôleurs de gestion et d’auditeurs internes.
Par ailleurs, une nouvelle activité se développe à Monaco : les family office. De plus en plus de family office – créées surtout par des personnes d’Europe de l’Est et de Russie –, s’installent à Monaco et cherchent à se renforcer. Beaucoup viennent de Suisse, qui a souffert de différentes histoires et de l’édiction de certains accords. La Principauté, qui a de nombreux atouts (surtout la stabilité de l’Etat, la confidentialité et la sécurité), en a bénéficié.

M.H. : Quels sont les profils recherchés par ces family office ?
J.-E.D. : Les family office cherchent des personnes qualifiées pour gérer le patrimoine d’une ou plusieurs familles. N’étant pas de Monaco, ils ont besoin d’avoir quelqu’un ayant les compétences requises pour gérer la partie juridique, fiscale, les relations avec les administrations, etc. Pour la partie administrative, ils ont besoin d’assistants personnels, d’offices managers. D’avocats qui connaissent la législation suisse et monégasque. Même chose pour la gestion des yachts qu’ils possèdent. Pour leur patrimoine immobilier, ils recrutent également des chefs de projets ou des directeurs des travaux. Bref, tout cela crée de l’emploi.

M.H. : Les family office passent-ils nécessairement par un cabinet de recrutement ?
J.-E.D. : Oui car ils recherchent des profils très spécifiques. La confidentialité est capitale et ils ont besoin d’avoir un maximum de garanties sur la qualité et le sérieux des candidats. Ils recherchent souvent quelqu’un qui a déjà travaillé pour un family office ou une famille car cela les rassure. Etre employé par un family office ne représente pas le même business model que travailler dans une entreprise. Dans une entreprise, c’est très structuré et carré. Dans un family office, vous travaillez pour un individu. Par exemple, quand vous recevez un e-mail le samedi, il faut y répondre immédiatement et le family office ne comprendrait pas que vous n’y répondiez pas…

M.H. : Constatez-vous un regain de l’activité dans d’autres secteurs ?
J.-E.D. : On observe un regain de l’activité sur les postes de commerciaux-export dans l’industrie. L’industrie lourde souffre mais dans le tertiaire (cosmétique, parfumerie, bijoux), les entreprises recrutent sur l’export pour attaquer de nouveaux marchés. Dans cette période de crise difficile, il faut consolider les marchés existants mais surtout aller en chercher de nouveaux. Elles recherchent des profils de commerciaux export, qui voyagent énormément et qui ont connaissance du secteur d’activité ou des marchés étrangers.

M.H. : Quel est le Top 5 des métiers que vous recrutez le plus en ce moment ?
J.-E.D. : Pour ce mois-ci et le prochain, on cherche par exemple un directeur export, un animateur de réseau, deux directeurs administratifs et financiers, un juriste, un responsable comptable, un investment advisor, des banquiers privés, des assistants en banque avec des langues spécifiques (le russe), un responsable de communication, un contrôleur de gestion et un head responsable compliance. Comme vous le voyez, les demandes sont axées sur la partie juridique et financière, en dehors de la tendance qui se dessine sur l’export. On peut aussi remarquer que l’immobilier est porteur.

M.H. : L’immobilier repart selon vous ?
J.-E.D. : L’immobilier a toujours été un marché porteur et il le reste. On est loin des années fastes mais par rapport à des activités en souffrance, on peut se montrer optimiste. Au-delà des projets d’extension en mer et du Sporting d’Hiver, à plus long terme, pour 2013, il existe déjà des investissements immobiliers pour les family office. Si l’intérim, qui était la force de l’immobilier, souffre quelque peu, pour les cadres, le marché est toujours porteur. On recherche des directeurs de travaux et des chefs de projets, pour superviser des travaux de rénovations. Il y a moins de volume de recrutement mais on garde une activité soutenue. D’ailleurs, aujourd’hui, quand une entreprise décide de recruter, il y a une réelle exigence. Elle veut la perle rare et cherche des gens confirmés, ultraspécialistes et aussi une confidentialité. Il y a des entreprises qui ont fait des sacrifices il y a peu de temps et se remettent à recruter. Elles veulent que cela reste confidentiel pour ne pas s’afficher… En terme de négociation, c’est alors difficile pour le candidat.

M.H. : Les rémunérations sont-elles globalement à la baisse ?
J.-E.D. : On observe en effet une tendance à la baisse des salaires de 10 à 15 %. On le sent clairement. Pour les cadres, quelqu’un qui percevait une rémunération s’élevant à 80 000 euros annuels de fixe, peut perdre 10 000 euros par an. Les entreprises recherchent un mouton à 5 pattes mais à un salaire de quelqu’un de plus junior. Il y a des candidats sur le marché qui veulent travailler et l’acceptent.

M.H. : Recrutez-vous forcément dans la région ?
J.-E.D. : Notre bassin de recrutement comprend Monaco et les Alpes-Maritimes. On privilégie les locaux mais quand on ne trouve pas les ressources et les compétences ici, il faut aller les chercher ailleurs. Tout en sachant que certaines personnes ou leur famille ont parfois du mal à s’acclimater à la culture d’entreprise et à la culture monégasque. Pour Michael Page, le fait d’être présent partout en France permet d’ailleurs de rentrer en contact avec des locaux et des Monégasques, partis de la région pour développer leur carrière professionnelle. Quand on les contacte, ils acceptent de revenir à Monaco, parfois même pour une rémunération moins importante qu’à Paris.

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