Pour la deuxième année consécutive, la direction de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports (DENJS) a organisé une semaine de l’école inclusive en janvier 2024, pour favoriser le lien social des élèves en situation de handicap. À Monaco, ils sont 72 à suivre une scolarité en classe adaptée. Mais ce type de classe n’est pas toujours plébiscité en Europe.
Pour promouvoir « le vivre-ensemble et la solidarité » en milieu scolaire, Monaco a lancé la semaine de l’école inclusive. Pour sa deuxième édition, du 15 au 24 janvier 2024, la direction de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports (DENJS) a voulu sensibiliser tous les niveaux de classe, soit 1 400 élèves au total, aux difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontés les élèves porteurs d’un handicap, selon des approches adaptées à l’âge des élèves. À travers cette initiative, entre animations et ateliers de sensibilisation principalement, la DENJS a souhaité permettre aux élèves de contribuer, par une meilleure compréhension du handicap et par un comportement adéquat, à la construction d’une école encore plus inclusive.
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« Cette manifestation rappelle l’importance d’offrir à chaque enfant la possibilité d’accéder à l’éducation, quel(s) que soi(en)t ses difficultés ou son handicap. L’objectif d’une école inclusive est que tous les élèves puissent y être accueillis, mais aussi que leurs conditions d’accompagnement, notamment pédagogique, et d’apprentissage permettent leur épanouissement et leur plein accomplissement », témoigne ainsi le gouvernement monégasque. Il rappelle ainsi que « l’école inclusive concerne tous les acteurs de l’école : l’ensemble des élèves, qu’ils soient en situation de handicap ou non, les enseignants et les autres adultes du système éducatif œuvrant autour de l’enfant, mais aussi, bien évidemment, les familles. » Cette initiative avait son importance car, tout au long de l’année, 72 élèves handicapés sont scolarisés en classe adaptée — entre classes AIS, CIP et Ulis — sur les 6 448 élèves scolarisés de la maternelle à la terminale depuis la rentrée 2023-2024. Ils ne partagent donc pas la classe avec les « autres » élèves. Si cette méthode peut faire ses preuves, notamment en matière d’apprentissage, en permettant d’identifier les besoins et les objectifs des établissements, tous les pays européens n’y adhèrent pas.

À Monaco, tout au long de l’année, 72 élèves handicapés sont scolarisés en classe adaptée — entre classes AIS, CIP et Ulis — sur les 6 448 élèves scolarisés de la maternelle à la terminale depuis la rentrée 2023-2024. Ils ne partagent donc pas la classe avec les « autres » élèves

Classe ordinaire ou spécialisée ?
Même à Monaco, les classes adaptées ne séduisent pas tout le monde à 100 %. Muriel Natali-Laure, présidente de l’association Monaco Disease Power, l’avait expliqué à Monaco Hebdo en novembre 2023 : « L’idéal, c’est la classe, tout court. La classe adaptée, c’est mieux que rien, mais c’est un îlot au sein d’une école. L’idéal, vraiment, quand l’enfant le peut, c’est la classe tout court. En Italie, par exemple, il n’y a pas de structures pour enfants autistes. Un enfant autiste, ou avec un handicap mental, doit aller à l’école. Il y a deux enseignants en plus d’un accompagnant, qui est un auxiliaire de vie. Il n’y a strictement aucune structure spécialisée pour les enfants. Ils vont à l’école, et ça fonctionne », expliquait-elle. Mais tout reste, bien sûr, à mesurer : « Il existe des structures pour les enfants qui ont une pathologie très lourde. Le personnel de l’école est donc très important, car l’école inclusive ne fonctionne pas si l’enseignant ou l’école ne sont pas prêts. Il faut donc être régulièrement formés sur le handicap, et suivis, car il n’est pas question de laisser les enseignants et les écoles seuls. Une aide est apportée à l’encadrement par les médecins. Il y a un vrai partenariat entre l’éducation nationale et les soins de santé. » Au gouvernement, le nouveau conseiller technique en charge des personnes handicapées, Lionel Galfré [à ce sujet, lire son interview publiée dans le cadre de ce dossier spécial — NDLR] semble proche de cette idée de classe « pour tous » également : « L’éducation est primordiale. Les méthodes diffèrent en Europe. En Italie et en Suède, les élèves sont intégrés dans des classes classiques, ce qui permet aux enfants de côtoyer le handicap dès le plus jeune âge. Et je pense que cela favorise l’inclusion du handicap. » L’essentiel, cependant, reste que les enfants porteurs d’un handicap soient scolarisés, tout court.
« L’idéal, c’est la classe, tout court. La classe adaptée, c’est mieux que rien, mais c’est un îlot au sein d’une école. L’idéal, vraiment, quand l’enfant le peut, c’est la classe tout court. En Italie, par exemple, il n’y a pas de structures pour enfants autistes. Un enfant autiste, ou avec un handicap mental, doit aller à l’école »
Muriel Natali-Laure. Présidente de l’association Monaco Disease Power



