
Professeur, éditeur, diplomate, René Novella a coiffé plusieurs casquettes dans sa vie. C’est en tant qu’écrivain qu’on le connaît aujourd’hui. Avec son dernier livre, Ces mots non envolés, il revient sur son passé d’une manière très originale.
Par Andy Calascione.
Ecrire pour ne pas oublier. C’est peut être cette angoisse qui a poussé René Novella à sortir son dernier livre Ces mots non envolés (Editions du Rocher). Des mémoires, mais comme il le dit lui-même, écrites « sous une forme un peu particulière ». Dans ce livre, il relate avec des phrases entendues ou dites, des proverbes, des palindromes et des expressions typiquement monégasques, l’histoire d’une vie, passée en grande partie au service de la Principauté. D’abord enseignant, ce descendant d’une très vieille famille du Rocher, a continué sa carrière en tant que traducteur de Curzio Malaparte(1), avant de poursuivre dans le monde de l’édition. De la Bibliothèque de Monaco à sa vie d’ambassadeur à Rome, en passant par le Conseil littéraire, René Novella nous dépeint les grandes étapes de sa vie au travers de ses anecdotes et de ses rencontres.
Rainier, Marcel et les autres
Une histoire riche comme chacun s’en doute. Le nombre important de fonctions qu’il a occupées lui a permis de croiser le destin des grands de ce monde. Les discussions avec Marcel Pagnol, les dessins de Pablo Picasso, les soirées en compagnie de stars comme Ornella Muti et bien entendu les multiples entretiens avec les princes Rainier et Pierre, font de ce livre plus qu’une biographie atypique, le témoignage en filigrane d’une époque. Malgré tout, il ne faut pas croire pour autant que ce livre ne s’intéresse qu’au Who‘s Who. Pour René Novella, il s’agit aussi d’évoquer un passé plus intime. Des souvenirs de jeunesse, qui permettent à plusieurs générations de découvrir quelques bribes d’un Monaco aujourd’hui disparu.
Pour lui, le meilleur souvenir de sa carrière, restera sa vie à Rome. « Pas simplement pour la ville », explique t-il, « mais également pour la fonction. Etre ambassadeur de Monaco, cela veut dire exercer tous les métiers. On fait du tourisme, de la gastronomie, on joue le rôle de tous les services de l’Etat, mais en plus petit. » Avant d’ajouter?: « J’ai aimé ce que je faisais. »
Retour aux sources
A présent que ses mémoires « classiques »(2) et informelles sont parues, après avoir écrit des romans et avoir participé à plusieurs bouquins racontant l’histoire de Monaco, René Novella a-t-il toujours l’envie de noircir quelques pages blanches?? « C’est une question que je me pose également », avoue l’auteur nonagénaire. « Aujourd’hui, curieusement, je me suis remis à la traduction. En ce moment je m’attaque au « Galateo ». Une sorte de manuel de savoir-vivre italien, mais je n’écris rien de personnel ». Une façon pour lui, à quatre-vingt dix ans, de boucler la boucle?? Peut être pas. Car de son propre aveu, si on lui demandait de reprendre du service, il répondrait sans aucune hésitation?: « oui?! »



