
Vous ne louperez pas l’exposition parisienne la plus snob du moment, la Monumenta du Grand Palais. Depuis 2007, les organisateurs confient à un artiste contemporain le soin d’exposer une œuvre temporaire dans la nef de 13?500 m2. Cette année, c’est l’Anglais Anish Kapoor qui s’y colle. Son Leviathan, titre de l’œuvre, est une immense sculpture de toile. On y pénètre dès l’entrée dans le Grand Palais. Nous voici plongés dans un utérus géant, à la température oppressante, aux parois comme des toboggans démesurés, hélas interdits de glissade. Quarante mètres de haut, facile. De la toile striée qui crée des vides impressionnants. La température nous oblige à vite sortir de l’œuvre pour en faire le tour. Et de l’extérieur, le Léviathan fait plutôt penser à quatre testicules colossaux, posés là sans qu’on sache bien pourquoi. Qu’admirer, outre le côté démesuré de la chose?? On reste perplexe mais on ne regrette pas d’avoir emmené les enfants. Un atelier leur est destiné, où ils peuvent reproduire sur des feuilles à dessin leurs impressions du monstre de toile. A chaque fois qu’ils donnent un coup de crayon ou de pinceau sur le papier, l’une au moins des six « médiatrices culturelles » – comme écrit sur leurs tee-shirts — qui s’affairent autour d’eux se pâme d’un « génial?! » Leur chef, s’adressant à un marmot de six ans?: « J’ai envie de te dire que c’est à toi d’explorer la matière ». A la sortie, on n’échappe pas au sondeur de service. Une foule de questions pour savoir si l’on est un habitué du Monumenta et si on y reviendra. Juste souci de l’intérêt du public?? Ou calibrage marketing pour répondre au plus près des attentes des consommateurs des prochaines manifestations?? Le mystère de l’art est insondable.



