Nissan a pris son temps pour proposer un SUV 100 % électrique après l’apparition de la Leaf, en 2010. Homogène, économique, et surtout bien équipé, il n’est pas là pour faire de la figuration, avec un ticket d’entrée à 47 300 euros. Voici le test de Monaco Hebdo.
Il aura fallu à Nissan dix années pour proposer un nouveau SUV 100 % électrique sur le marché européen. Pourtant, le constructeur nippon avait pris de l’avance, et s’était fait remarquer avec son modèle baptisé “Leaf”. Dès 2010, cette auto s’était très bien vendue, avec 12 000 exemplaires commercialisés cette même année en France. Un record qui s’est confirmé dans le monde, avec 300 000 unités écoulées. Nissan s’est donc retrouvé en tête des ventes sur un marché où le constructeur avait peu de concurrence. Ce succès commercial a mis une certaine pression sur les épaules de Nissan, et au fil des années se sont posées les questions de sa remplaçante. Nissan a pris son temps, et plus le temps passe, plus la concurrence réagit avec ses propres modèles électriques. De nos jours, l’ensemble des marques automobiles ont dans leur “showrooms” au moins un modèle électrique.

La réponse de Nissan
Désormais Nissan comble son retard, en proposant son deuxième modèle 100 % électrique. L’Ariya a eu la chance de s’appuyer sur les avancées technologiques de l’alliance Renault Nissan, et de profiter ainsi de la plate-forme CMF-EV. Les batteries sont logées entre les essieux et le moteur est placé à l’avant. À la frontière entre le SUV et le monospace, l’Ariya se démarque par une calandre imposante, en forme de V. Les optiques sont effilées de chaque côté. Le toit plonge vers l’arrière, réduisant la taille de la lunette. Cette dernière est dominée par une casquette assez imposante. Le style général se veut dynamique, en mettant en avant des lignes épurées. Les dimensions sont généreuses, avec ses 4,60 mètres de long. Il impose son gabarit et le volume intérieur en profite. Les cinq passagers ont de l’espace. En revanche, le coffre aurait pu être un peu plus grand. L’Ariya a trouvé sa place entre le X-Trail plus imposant, et le Qashqai. L’habitacle est très sobre. On retrouve sur la planche de bord un écran central de 12,3 pouces et une instrumentation digitale de la même taille. La climatisation bi-zone est disponible dès la finition « Advance ». Les sièges avant et l’accoudoir central sont maniables électriquement. C’est le cas également de la boîte à gants centrale, qui se verrouille automatiquement dès que les portières sont fermées. Si la planche de bord est recouverte de suédine, d’autres éléments sont en plastique dur, ne rehaussant pas l’impression de qualité. Cependant, l’auto fait le plein d’équipements. On peut citer par exemple les sièges avant chauffants, tout comme le volant, les radars de stationnement avant arrière avec caméra 360° et le hayon électrique.

L’homogénéité au rendez-vous
Sous le capot, il existe deux niveaux de puissance. La première dispose d’une batterie de 63 kW et le moteur développe 218 chevaux. Dans cette configuration, l’Ariya peut parcourir, en théorie, 403 kilomètres. Le second pack culmine à 242 chevaux grâce à une batterie de 87 kW. L’autonomie est donc supérieure, avec un maximum de 520 kilomètres d’autonomie. L’Ariya devrait se décliner en une version quatre roues motrices, avec 306 chevaux sous le capot. Ce SUV s’alimente grâce à un chargeur de 7,4 kW délivré avec l’auto. Pour aller plus vite, il existe, en option, un chargeur vendu 1 000 euros, qui permet une charge de 22 kW. Sur le réseau public, la nippone, équipée d’une batterie 63 kW, peut passer de 20 % à 80 % de remplissage en 28 minutes. Un atout intéressant, qui n’est pas de trop lorsque l’on sait que l’Ariya frôle les deux tonnes. Un poids conséquent, dû à la batterie. Derrière le volant, la prise en main est facile, et on remarque tout de suite le confort des suspensions qui gomment les aspérités de la route. L’agrément de conduite est au rendez-vous, avec une direction précise et un freinage efficace. Les reprises sont vives, tout comme les accélérations. Bien équipée dès l’entrée de gamme « Advance », cette Nissan est un sérieux concurrent des ID.4, Kia EV6, Ioniq 5, et Audi Q4. Elle peut prétendre s’imposer, grâce notamment à la richesse de ses équipements et à l’émotion qu’elle distille. C’est suffisamment rare sur ce segment, pour être souligné.
Note globale : 3,5/5
A conduire : 3/5
A financer : 2,5/5
Consommation – Autonomie : 4/5
Technologie : 3,5/5
Les plus : Habitabilité, comportement, confort, équipement généreux
Les moins : Finition pas toujours flatteuse, tarif élevé, chargeur 22kW en option



