La rentrée sociale est là, et avec elle, son lot d’incertitudes et d’interrogations. Hausse des tarifs du gaz, de l’électricité et du carburant, flambée des prix des matières premières, inflation, remise en cause de l’attractivité des entreprises monégasques, questionnement sur le rapport au travail, retraites, rupture conventionnelle du contrat de travail, politique de mobilité, travail de nuit, négociations entre Monaco et l’Union européenne… Cette semaine, pour mieux comprendre les positions de chacun, la rédaction de Monaco Hebdo s’est mobilisée pour donner la parole au gouvernement monégasque, aux élus du Conseil national, et aux partenaires sociaux, de la fédération des entreprises monégasques (Fedem), en passant par l’Union des syndicats de Monaco (USM) et la fédération des syndicats de salariés de Monaco (F2SM). Dans la longue interview que Christophe Robino nous a accordée, le conseiller-ministre pour les affaires sociales et la santé s’est montré soucieux de tout ce qui pourrait provoquer des crispations dans l’opinion. Estimant que le climat social de cette rentrée est « serein et constructif », Christophe Robino s’est montré résolument optimiste, en rappelant que la situation de Monaco est très différente des voisins immédiats que sont la France ou l’Italie : « Nous pouvons difficilement comparer notre situation à celle des pays voisins. Nous sommes dans une dynamique plutôt positive, et je n’ai pas le sentiment qu’il y ait aujourd’hui des menaces de crise sociale particulièrement avérées. » L’absence de « menaces » ne signifie pas pour autant de miser sur l’immobilisme, et le conseiller-ministre pour les affaires sociales et la santé a donc promis de se montrer actif. Pour faciliter l’accès à Monaco souvent paralysé par des bouchons matin et soir, Christophe Robino a mis en avant une série de solutions, dont la semaine de quatre jours et l’élargissement des plages de travail, sans oublier le lancement du télétravail pour les salariés italiens d’ici fin 2023. En revanche, il a, semble-t-il, définitivement enterré le passage de Monaco aux 35 heures, estimant que ce dispositif n’avait pas fait ses preuves en France. Outre l’amélioration de la formation professionnelle, Christophe Robino a confirmé que le gouvernement espérait aboutir à un projet de loi sur la rupture conventionnelle du contrat de travail « avant la fin de l’année 2023 », tout en soulignant que, « compte tenu de nos liens avec Pôle Emploi, il est important que les dispositions projetées soient acceptables pour l’organisme français, afin de permettre l’ouverture du droit au chômage aux salariés de la principauté qui auraient eu recours à ce mode de séparation ». Quant au projet de loi sur le travail de nuit qui a été déposé au Conseil national en 2018, il sera l’objet de « propositions rédactionnelles un peu différentes » d’ici fin 2023, afin de faire enfin avancer ce texte. Plus globalement, le conseiller-ministre pour les affaires sociales et la santé constate que « le rapport au travail a changé » et que, désormais, la quête de sens au travail, la flexibilité, la prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux, mais aussi la question du temps libre, sont devenues prioritaires pour les jeunes diplômés en recherche d’emploi. Reste désormais à s’adapter à cette réalité.




