samedi 18 avril 2026
AccueilAutoBYD Atto3 : une nouvelle ère chinoise

BYD Atto3 : une nouvelle ère chinoise

Publié le

BYD, « construit ton rêve » en français, est encore un nom confidentiel dans l’univers automobile français. Cette marque chinoise débarque avec un SUV électrique bien équipé, mais pas sans défaut. Comptez un tarif de 43 690 euros pour accéder au rêve chinois. Monaco Hebdo a testé pour vous ce BYD Atto3.

Le petit Poucet des constructeurs automobiles en Europe, et de surcroît en France, est par ailleurs un géant en Chine. Il vient d’écouler 240 220 voitures électriques et hybrides sur le seul mois de mai 2023. Au fil des mois, il est devenu le constructeur numéro 1 mondial des véhicules électriques. Une progression fulgurante, alors qu’il n’arrivait pas à atteindre les 100 000 ventes au premier semestre 2022. Les exportations sont venues épauler cette montée en flèche. BYD a exporté pas moins de 10 203 véhicules en mai 2023, portant son total à 63 753 unités vendues en cinq mois. Dans cette progression, le modèle Atto 3 a sa part de responsabilité. BYD [« build your dream » pour « construit ton rêve » — NDLR], n’est pas qu’un slogan creux. Il s’adresse avant tout aux clients de l’Atto 3. A l’origine, BYD n’est qu’un fabricant de batteries au nickel-cadmium, mais surtout leader des batteries lithium-ion pour les fabricants de téléphones portables. En 2003, la marque Tsinchuan Automobile Company a été rachetée par BYD, qui s’est lancé dans l’aventure de la construction automobile, sans avoir les garanties d’une réussite. Mais très vite, le constructeur chinois s’impose sur le marché local. En 2014, il constitue même une coentreprise avec Daimler pour la vente et la conception de véhicules électriques. Si on joue sur les chiffres, en 2018, BYD a dépassé Tesla en nombre d’unités vendues. Cette hausse englobe l’ensemble des véhicules électrifiés, c’est-à-dire 100 % électriques, mais aussi hybrides. La tendance à vouloir ostraciser les marques chinoises peut nous conduire à se voiler la face. Alors que l’Atto 3 n’est pas sans défauts, elle débarque aussi avec de solides arguments. Le SUV 100 % électrique est le premier modèle lancé en Europe. Il répond aux normes d’Euro NCAP. Il a d’ailleurs reçu cinq étoiles.

BYD Atto3
© Photo BYD

L’originalité à bord

La ligne est fluide, avec une ligne de toit plongeante sur l’arrière. Ce SUV de 4,46 mètres est équipé d’une batterie Lithium-fer-phosphate (LFP), sans faire appel au cobalt, plus cher. En contrepartie, elle est plus sensible au froid, mais elle permet d’être plus résistante aux charges rapides. Le moteur électrique de 204 chevaux englobe plusieurs éléments, comme la gestion de la batterie et de la transmission. BYD annonce fièrement 402 kilomètres d’autonomie. Un rêve construit par la marque, car, en réalité, les 420 kilomètres ne seront pas atteignables. A bord, l’ambiance est zen. La console centrale en forme de vague est épurée, mettant en avant un écran tactile de 12,8 pouces sur les deux premiers niveaux de finition, et de 15,6 pouces sur le haut de gamme. Jusque-là, on pourrait croire que l’Atto 3 se calque sur la console d’une Tesla. Mais les autres éléments de l’habitacle démontrent le contraire. C’est le cas des aérateurs en forme de spirales, du levier de vitesses qui rappelle le trim d’un bateau. L’ensemble est rigoureux, et la qualité des matériaux est au rendez-vous.

BYD Atto3
© Photo BYD

Souple, trop souple

Une fois installé derrière le volant, la première sensation est celle d’une voiture très confortable. La suspension est souple et les imperfections de la route sont absorbées sans ressentir les trépidations. Alors pourquoi ne pas accélérer franchement ? C’est à ce moment là que les choses se gâtent. La motricité a du mal à passer aux roues avant. L’antipatinage est paresseux, et intervient trop tard. Les virages appuyés ne sont pas sa tasse de thé. L’auto prend trop de roulis, même si la gestion électronique prend le relais. Une conduite peu rassurante sur des routes sinueuses. Si l’on ajoute à cela un train avant qui se cherche, la conduite devient alors délicate. Il faudra peut-être repasser par la case châssis pour une meilleure tenue de route, sans faire appel de façon intempestive à l’électronique. Avec un tarif dans la fourchette de la concurrence, l’Atto 3 ne se bat pas sur les prix. BYD ne fait pas des voitures au rabais. Mais pour vendre ses autos, BYD devra néanmoins soigner ses points de distribution, encore trop rares en France. Ses principaux concurrents, certes légèrement plus chers, comme VW ID4, le Kia Niro EV, ou encore Nissan Ariya, sont mieux implantés en Europe. Il faudra, malgré tout, compter sur BYD à l’avenir, car ce constructeur chinois croit en ses rêves.

Note globale : 2,5/5

A conduire : 2,5/5
A financer : 2,5/5
Valeur CO2 : 2,5/5
Technologie : 3/5

Les plus : Confort, équipements, qualité de fabrication
Les moins : Comportement hasardeux, réseau de distribution, tarif

Newsletter

Une sélection quotidienne d'informations directement dans votre boite Mail