David Laffargue, résident monégasque, est base jumper. Depuis un an et demi, il parcourt le monde pour se jeter du haut d’immeubles, de pics rocheux et autres promontoires.
Par Clarine Baudin.
David Laffargue, 24 ans, réside à Monaco… quand sa passion ne l’emporte pas aux quatre coins du monde. Avec près de deux cent sauts à son actif depuis janvier 2012, le jeune homme est un base jumper averti. Suffisamment, en tout cas, pour faire partie des 100 base jumpers réunis en Malaisie du 18 septembre au 1er octobre. Là-bas, il sautera d’un centre commercial de 126 m, d’une falaise de 88 m ou encore d’une tour de 300 m de hauteur…
Enfant, David Laffargue n’avait jamais rêvé de voler. Son amour pour ce sport extrême ne s’est développé que très tard. Et totalement par hasard. Etudiant en école de commerce, il participe à la conception d’une vidéo nécessitant un saut en parachute. Une première qui le laisse sur sa faim. « Le parachutisme, c’est une montée en avion, dans le bruit et avec l’odeur de kérosène. Ce n’est pas aussi agréable que le contact avec la nature », explique-t-il. Immédiatement, il songe alors au base jump, une discipline dérivée du parachutisme qui consiste à sauter d’un point fixe et non d’un avion.
On ne s’improvise pas base jumper
L’apprentissage commence. Des dizaines voire des centaines de sauts en parachute, des heures de randonnées pour regarder les initiés sauter, apprendre de leurs expériences (heureuses ou malheureuses), et finalement redescendre par la voie pédestre… La liste des étapes à franchir avant de pouvoir se lancer est longue, mais capitale. Elle permet d’assurer une base d’expérience suffisante pour limiter les risques. Ce n’est qu’après des années de préparation que David décide de s’élancer en janvier 2012, accompagné d’amis dont le plus expérimenté totalise alors trois sauts. Si tout s’est bien passé pour eux, cela relève du miracle. Le jeune homme en est conscient et confesse : « C’était une prise de risque que je déconseille à quiconque. »
A ne faire ni seul, ni mal accompagné
Il suffit d’un rien pour qu’un accident se produise en base jump. Mauvais calculs des conditions météorologiques, erreurs d’estimation du relief et fautes d’inattention sont autant de causes d’accidents plus ou moins graves. Même les plus expérimentés ne sont pas à l’abri du pire. Au contraire. Selon David, la plupart des accidents graves touchent des base jumpers chevronnés. Ceux qui, pour prouver des choses aux autres ou à eux-mêmes, repoussent toutes les limites du raisonnable. Et personne, en base jump, ne souhaite être témoin d’un accident. « Après un incident, même s’il n’est pas dramatique, on hésite avant de sauter », confie David. Avant d’ajouter : « C’est pour cela que nous fuyions ceux qui ont un comportement aventureux. Dans le milieu tout le monde se connait, et les base jumpers dangereux ne sont plus acceptés sur les spots ».
Une vie bohème
Grèce, Suisse, Thaïlande… Le base jumper actif fait le tour du monde pour sauter sur les spots les plus appréciés. Ce train de vie nomade ne permet pas de se stabiliser. Pour vivre et subvenir aux importantes dépenses que nécessite la pratique de ce sport (voyage, matériel), David enchaîne les petits boulots. A cela s’ajoutent les revenus d’un premier contrat de sponsoring. Une aide subsidiaire bienvenue mais encore insuffisante. Le jeune homme diffuse également, comme bon nombre de « baseux » des vidéos sur la plateforme YouTube. Mais contrairement à ses semblables, David ne se contente pas de filmer ses sauts. Une journée totalise entre 6 et 40 secondes de chute libre. David montre le temps restant : l’ascension d’une montagne, les délires entre potes, les repas partagés. Car le base jump, c’est « 12 heures de fun pour 40 secondes de shoot ! », résume-t-il.





