
Pour sa neuvième édition, le salon Top Marques, qui se déroulera du 19 au 22 avril, va frapper fort. Une navette destinée au tourisme spatial sera présentée lors de l’événement dédié aux voitures supercars et aux voiliers.
Allo Top Marques, ici la Terre?! Du 19 au 22 avril prochain, la neuvième édition du salon, qui se tiendra au Grimaldi Forum et sur le port de Fontvieille, va mettre ses visiteurs sur orbite avec un invité surprenant. La société néerlandaise Space Expedition Curaçao, connu sous l’acronyme SXC, présentera le Lynx. L’engin, 8,5 m de long pour 7,3 m de large et haut de 2,2 m, ne passera pas inaperçu. Sa vocation non plus. Le vaisseau est destiné au tourisme dans l’espace à partir de 2014. SXC propose un voyage unique dans la thermosphère, à 103 kilomètres au-dessus de notre planète. A Monaco, ce sera seulement la deuxième sortie du prototype, dévoilé fin décembre aux Pays-Bas. « Il est temps maintenant de présenter la navette au reste du marché international du luxe », indique Eva Van Pelt, directrice de la communication chez SXC, pour expliquer le choix du salon Top Marques. Le projet de SXC a été initié en 2011 par l’homme d’affaires hollandais, Michiel Mol. La société s’est associée avec la société californienne XCOR Aerospace pour la construction de la navette.
72?000 euros pour voir la Terre
Lors du dernier trimestre de 2014, le Lynx acheminera son premier touriste spatial depuis l’île de Curaçao située dans les Caraïbes* vers la thermosphère. Un trajet qui se fera à la vitesse Mach 3 soit 3?550 km/h. Le vol, qui durera une heure, coûtera 95?000 dollars, soit un peu plus de 72?000 euros. A ce prix-là, les voyageurs de l’espace pourront voir la Terre, comme près de 520 personnes environ l’ont déjà vu. De plus, ils ne verront pas la planète à travers un hublot mais à travers la grande vitre puisque chaque passager fera office de co-pilote. La petite fusée ne peut accueillir qu’un seul passager à la fois. L’horizon pourra être observé de la Floride au Brésil. Le voyageur de l’espace pourra connaître l’état d’apesanteur et ressentir aussi les sensations des pilotes de F1 face à la pression (4,5 G, N.D.L.R.). « Nous avons commencé la commercialisation des billets en avril 2011. Nous avons vendu une soixantaine pour le moment », explique Eva Van Pelt. Deux conditions sont nécessaires pour pouvoir embarquer?: avoir au moins 18 ans et ne pas souffrir de maladies cardiaques. Un examen médical, où seront vérifiées pression artérielle, vision, audition et agilité, sera effectué pour chaque passager. Un programme préparatoire sera également soumis au voyageur pour mener à bien sa mission de co-pilote.
« Pas concurrent » de Branson
Avant d’envoyer ses premiers touristes dans l’espace, SXC effectuera un vol d’essai depuis la base spatiale de Mojave en Californie, à l’occasion de l’éclipse totale du soleil en Australie, le 13 novembre prochain. La société ne se voit « pas comme un concurrent » de Richard Branson, le fondateur de Virgin Galactic. Ce dernier proposera en 2013 des vols de 2h50 dans l’espace à 146?000 euros l’unité. Fin 2011, la compagnie avait déjà enregistré 450 réservations. « Ce sont deux projets différents dans la commercialisation du vol dans l’espace. Et il y a assez de place sur ce marché », affirme Eva Van Pelt en charge de la communication chez SXC. Le patron de la société hollandaise, Michiel Mol, a un autre projet d’envergure. Associé à la compagnie aérienne KLM, il projette de développer des vols commerciaux dans l’espace dans les quinze à vingt prochaines années. D’ici 2030, ces vaisseaux spatiaux pourraient relier les villes du monde entier en seulement deux heures.



