dimanche 19 avril 2026
AccueilActualitésSociétéSécurité : ce qui pourrait évoluer à Monaco en 2025

Sécurité : ce qui pourrait évoluer à Monaco en 2025

Publié le

Pour ses premiers vœux à la presse, le contrôleur général de la sûreté publique, Éric Arella, a exposé ses priorités pour 2025, en présence du prince Albert II. Le bilan 2024, quant à lui, révèle une fois de plus la bête noire de Monaco : l’insécurité routière.

En poste depuis le 9 septembre 2024, le contrôleur général Éric Arella a présenté ses premiers vœux à la presse le 28 janvier 2025. L’occasion pour lui de dresser un bilan de l’année écoulée et d’annoncer les axes prioritaires pour 2025. Sa vision s’inscrit dans un plan quinquennal qui se veut ambitieux, et dont la mise en œuvre s’étendra jusqu’à 2030, sous réserve des arbitrages budgétaires à venir.

Consolider les acquis et anticiper les défis

Parmi les priorités, Éric Arella a évoqué le renforcement des dispositifs aux postes-frontières, une mesure qui pourrait être cruciale pour maintenir le haut niveau de sécurité monégasque face à une délinquance en mutation dans le département. Un projet de loi sur la reconnaissance faciale est également en préparation. « Cette technologie suscite des avis contrastés, mais elle pourrait représenter une avancée majeure pour la principauté, notamment face à l’accroissement et à la diversification des actes délictueux dans les zones voisines », a-t-il précisé. La productivité des forces de sûreté est également au cœur des préoccupations. La création récente d’un groupe d’identification des avoirs criminels, en réponse aux attentes de Moneyval et du groupe d’action financière (Gafi), en est un exemple concret. Ce groupe sera renforcé dans les deux prochaines années. Éric Arella prévoit également une montée en puissance des moyens humains et matériels dans les services de renseignement et de police judiciaire.

Les autorités ont saisi un demi-milliard d’avoirs criminels en 2024, renforçant leur rôle dans la lutte contre la criminalité financière. Cependant, la sécurité routière reste un sujet préoccupant

Pour 2025, le contrôleur général souhaite conserver, et renforcer, le lien de proximité entre les forces de sûreté et les résidents monégasques. Cela passera notamment par des mesures de prévention accrues dans les établissements scolaires et par la mobilisation des réservistes. La sécurité routière sera un autre axe majeur, avec la création de nouvelles infractions, l’aggravation de certaines sanctions existantes et une capacité d’intervention plus autonome des forces de l’ordre. Par ailleurs, l’amélioration des conditions d’accueil des résidents figure parmi les priorités, avec la réduction des délais pour l’obtention et le renouvellement des cartes de séjour. La professionnalisation des métiers de la sûreté est également envisagée, à travers des mesures pour attirer davantage de candidats, et offrir des perspectives de carrière plus attrayantes.

Sécurité Sûreté Publique Monaco
© Photo Clément Martinet / Monaco Hebdo

Le bilan 2024 : une sécurité globalement maîtrisée

Le bilan de 2024, partiellement hérité de son prédécesseur Richard Marangoni, témoigne d’une délinquance modérée et d’un niveau de sécurité élevé à Monaco. Avec une hausse légère de 4,1 % des infractions, les statistiques révèlent des volumes modestes pour les vols par effraction et les vols simples, ainsi qu’un taux d’élucidation de 49 %, soit près d’une affaire sur deux résolue. Le bilan fait également état de deux tentatives d’homicide résolues, ainsi que de deux vols à main armée, dont l’un a été solutionné grâce à une coopération efficace avec les forces de police françaises. Les autorités ont saisi un demi-milliard d’avoirs criminels en 2024, renforçant leur rôle dans la lutte contre la criminalité financière. Cependant, la sécurité routière reste un sujet préoccupant. Avec une augmentation de 6 % des accidents corporels et une gravité croissante, les causes restent inchangées : vitesse excessive, consommation d’alcool et stupéfiants.

Avec 620 agents, dont 100 femmes, la sûreté publique de Monaco bénéficie d’un ratio de présence policière trois fois supérieur à celui de la France. Le réseau de 1 300 caméras de surveillance constitue un atout majeur, offrant des conditions matérielles de premier ordre. Si la sécurité est jugée comme étant en ordre de marche, Éric Arella identifie deux pistes prioritaires pour 2025 : consolider les points forts existants et accroître les capacités d’initiative des services de sûreté. Alors que la principauté s’apprête à inaugurer de nouveaux locaux pour sa division maritime, ces évolutions ont pour objectif de permettre à Monaco de maintenir son statut de modèle en matière de sécurité, tout en anticipant les défis d’un environnement en constante évolution.

Newsletter

Une sélection quotidienne d'informations directement dans votre boite Mail