Des entretiens pour renouer le dialogue familial. Le service dirigé par Christine Lorenzini depuis 2000 se charge d’accompagner couple ou fratrie pour aboutir à un accord mutuellement acceptable. Explications. Par Anne-Sophie Fontanet
Il y a des moments dans une vie où la communication est fragilisée ou, en tout cas, très compliquée. Parce qu’on traverse une épreuve douloureuse, à cause d’une séparation, ou bien parce que la garde des enfants devient un enjeu dans un couple en crise. Avant que le dialogue ne soit totalement rompu, le service de la médiation familiale, crée sous l’impulsion de Christine Lorenzini grâce à l’appui du département des affaires sociales et de la santé, vient en aide gratuitement et anonymement à ceux qui en font la demande. Ancienne éducatrice s’occupant du suivi des enfants par la justice, la médiatrice Christine Lorenzini a vu beaucoup de divorces conflictuels prendre en otage l’avenir des enfants. « La médiation familiale constitue une pause dans la judiciarisation. Le médiateur représente un tiers impartial dans un espace de responsabilisation. On peut tout se dire, mais on se respecte », explique Christine Lorenzini.
Conflits
C’est à l’université de Marseille qu’elle obtient un diplôme de médiateur, avant d’aller en Suisse se spécialiser en médiation internationale. Le service suit chaque année 70 à 75 couples dans ses locaux du boulevard de Belgique. Des couples de Monégasques, aussi bien que de résidents. Les personnes sont reçues lors de séances qui durent souvent entre 1h et 1h30. En général, une dizaine d’entretiens est nécessaire. Objectif premier : apaiser le conflit, puis parvenir à un accord qui pourra ensuite être entériné par la justice. « Les couples peuvent venir à tout moment. Par exemple, avant la séparation, s’il y a récurrence du conflit. Ou bien pour préparer le divorce, afin de savoir rester parent ensemble » énumère Christine Lorenzini. La médiation peut aussi s’adresser à des fratries pour des problèmes de succession ou bien au moment de l’accompagnement d’un parent vieillissant. Plus globalement, ce service peut venir en aide au moment de tous les conflits intrafamiliaux entre majeurs. Dans les deux tiers des cas, il s’agit de démarches volontaires. Pour le reste, les personnes sont adressées par voie judiciaire.
Patience
La médiation familiale est un outil qui n’a aucune obligation de réussite. En cas d’échec, c’est la stricte confidentialité des échanges qui permet de crédibiliser le travail de Christine Lorenzini. Aucun rapport n’est, par exemple, transmis aux juges. Patience, tolérance et écoute sont les qualités indispensables pour faire de la bonne médiation. Mais bien sûr, ces atouts ne font pas tout si les prescripteurs ne jouent pas assez leur rôle. A Monaco, juges et avocats, confrontés à des situations de conflit que la médiation pourrait solutionner, ne jouent pas toujours le jeu. Un regret pour la médiatrice qui poursuit doucement, mais sûrement, son travail visant à faire reconnaître les bienfaits de la médiation en Principauté.



