La fête nationale monégasque a renoué, cette année encore, avec son cérémonial immuable : messe solennelle, distinctions militaires, défilé sous les fenêtres du palais, et apparition, toujours très attendue, de la famille princière. Mais cette édition 2025 a aussi porté l’empreinte d’un voisinage célébré, avec la présence remarquée de la fanfare des Carabinieri de Lombardie, invitée pour les 150 ans de relations diplomatiques entre Monaco et l’Italie.

Balcon d’honneur, scène d’unité : le 19 novembre 2025, Monaco a célébré sa fête nationale en renouant avec le cérémonial imaginé par Charles III (1818-1889), au XIXème siècle. Dans cette journée se mêlent tradition militaire, rassemblement populaire et diplomatie culturelle. Cette année, elle a été marquée par la présence exceptionnelle de musiciens italiens venus saluer cent cinquante ans d’amitié entre les deux États. Les festivités avaient débuté en amont, avec les distributions de cadeaux aux aînés et les distinctions remises aux sportifs. Mais c’est en la cathédrale que le pays a réellement entrouvert le chapitre solennel de sa journée nationale, autour du Te Deum célébré par Monseigneur Dominique-Marie David. Le prince Albert II et la princesse Charlène étaient là, entourés de la famille princière. Dans son homélie, l’archevêque a rappelé que cette fête « manifeste davantage que de longs discours ce qui nous rassemble et ce qui nous constitue », appelant les Monégasques à « creuser très profond » pour ancrer l’identité nationale sur des fondations solides, résistantes aux comparaisons et aux nostalgies faciles.




Distinctions
Dans la cour d’honneur du palais, le cérémonial militaire a pris le relais. Entouré du prince héréditaire Jacques et de la princesse Gabriella, Albert II a présidé la remise de distinctions et de médailles, sous les regards des membres de la famille princière, rassemblés sur le côté. L’apparition du prince, de la princesse et de leurs enfants au balcon a rassemblé une foule dense sur la place du palais, confirmant que ce moment, plus d’être immuable, reste très attendu. Puis, le défilé militaire a déroulé son protocole sous les fenêtres de la résidence princière. L’édition 2 025 s’est distinguée par un accent diplomatique assumé : trente-trois musiciens de la fanfare du troisième régiment de carabiniers de Lombardie ont donc participé au défilé. Leur venue a souligné les 150 ans de la représentation diplomatique monégasque en Italie, illustrant un lien ancien que le palais princier n’a cessé d’entretenir. Les honneurs finaux ont été rendus au prince Albert II sous son balcon, clôturant la séquence protocolaire.


Miroir
En soirée, place au spectacle, avec le traditionnel gala de la Fête nationale au Grimaldi Forum. Le prince Albert II et la princesse Charlène, entourés de membres de la famille princière et du ministre d’État, Christophe Mirmand, ont assisté au spectacle Bonsoir Monte-Carlo. Dirigée par Yvan Cassar et placée sous l’égide de l’opéra de Monte-Carlo, cette création mêlant revue et comédie musicale a rendu hommage à Joséphine Baker (1906-1975), une figure artistique liée à la principauté et amie de la princesse Grace (1929-1982) [à ce sujet, lire l’interview de l’écrivain Gérard Bonal : « Il faut garder la mémoire de Joséphine Baker vivante », publiée dans Monaco Hebdo n° 1223 — NDLR]. Au fil de la journée, entre recueillement religieux, rites militaires, diplomatie culturelle et célébration populaire, la fête nationale 2 025 a reconduit ce qu’elle est depuis plus d’un siècle : un miroir de la continuité institutionnelle de Monaco et un rappel de son identité, faite de fidélité à ses traditions et d’ouverture contrôlée au monde.



