
Vitamines, compléments alimentaires, plantes… La rentrée est l’occasion de s’essayer à la phytothérapie pour renforcer ses défenses immunitaires avant l’hiver. Faut-il encore choisir les bonnes cures et les bons produits. Eclairages avec le docteur Eric Lorrain, phytothérapeute, nutritionniste et président de l’IESV (Institut européen des substances végétales).
Monaco Hebdo?: Quel est l’intérêt de faire en automne une cure dite “préventive” à base de plantes, minéraux ou vitamines??
Eric Lorrain?: Il existe deux périodes clés pour engager un tel traitement de fond?: l’automne et le printemps. Au printemps, on cible avant tout la restauration des voies digestives et les effets détoxifiants. En automne, on vise davantage le renforcement du système immunitaire. Au sortir de l’été, notre immunité est généralement affectée par le changement de rythme ou la perte de luminosité. Cela peut nous fragiliser quand débute la circulation des virus hivernaux. La cure préventive dure généralement de deux à trois mois. L’idéal est de la débuter dès septembre.
M.H.?: Une telle cure se fait à base de plantes??
E.L.?: Pas uniquement. L’idéal est de composer un triptyque gagnant qui associe les plantes à des vitamines et probiotiques. Les probiotiques sont essentiels car 70 % de notre dispositif immunitaire se situe au niveau des intestins. Le problème est de choisir les bonnes souches, celles qui aideront le mieux à lutter contre les virus hivernaux. L’apport en vitamine D est également déterminant car les déficits et carences sont très courants, souvent négligés et affectent également nos mécanismes immunitaires. On peut normaliser des taux insuffisants avec des compléments alimentaires associant huile de foie de morue et de foie de flétan, très riches en vitamine D.
M.H.?: Quelles plantes faut-il privilégier??
E. L?: Là encore, il est recommandé de coupler plusieurs plantes aux effets complémentaires. L’Echinacée reste la plante emblématique de ce type de traitement car elle combine un double effet immunostimulant et antibactérien. La teinture mère d’Echinacée renforcera l’immunité non spécifique — celle qui s’attaque aux agressions les plus communes. L’extrait de plante fraîche agira plus sur la mémoire immunitaire qui stimule les anticorps contre des attaques plus ciblées. On peut l’associer à un extrait de plante fraîche de cassis, très efficaces pour aider l’organisme à réagir rapidement face aux infections. C’est idéal quand on attaque l’automne déjà fatigué, ainsi que pour les plus petits. Je recommande également une plante à fort potentiel anti viral. Le Cyprès par exemple qui agit aussi bien contre les virus ORL hivernaux que contre l’Herpès.
M.H.?: L’avis d’un spécialiste est-il nécessaire pour mettre en place une telle cure??
E.L?: Il est en tout cas fortement recommandé car ce genre de cure sera d’autant plus efficace qu’elle s’adaptera au plus près de vos carences. Vous pouvez en particulier avoir des carences en fer, en iode ou en acides gras qui se surajoutent aux phénomènes saisonniers et qu’il est important de prendre en charge du même coup. Un spécialiste — qu’il soit médecin, phytothérapeute ou pharmacien formé — vous guidera également dans le choix des produits. C’est déterminant car en phytothérapie la qualité d’extraction peut varier du tout au tout d’un produit à l’autre, entraînant une déperdition importante de principes actifs. C’est notamment le cas pour l’Echinacée.
M.H.?: Faut-il associer à ce type de traitement d’autres produits du type Acerola ou baies de Goji, très en vogue??
E.L.?: Il faut bien distinguer ce qui est de l’ordre des plantes médicinales que l’on trouve sous forme d’extraits ou de compléments et les plantes « aliments ». L’Acerola par exemple est très riche en vitamine C et peut être un complément utile à votre régime alimentaire, si celui-ci est pauvre en fruits. D’autres produits du même type peuvent avoir des bienfaits, pour peu qu’ils restent employés aux doses nutritionnelles recommandées. Mais il ne s’agit pas là d’un traitement de fond. Simplement d’une automédication quotidienne.



