Les recherches et découvertes se multiplient pour essayer de mieux comprendre et prévenir une épidémie qui frappe 15 % des adultes en France. Eclairages…
Boissons sucrées?: le nouvel ennemi n° 1.
On a longtemps incriminé hamburgers, pâtisseries ou paquets de biscuits comme principaux responsables de nos kilos en trop. Et si le principal accusé était en fait… liquide?! Depuis plusieurs mois, les études se multiplient pour souligner les risques majeurs d’obésité liés à la consommation de boissons sucrées. Des chercheurs de Harvard viennent même de les qualifier de « force motrice » de l’épidémie Outre-Atlantique. Selon eux, la consommation quotidienne de boissons sucrées (jus de fruits comme sodas) « amplifierait la prédisposition génétique » au risque d’obésité. Le danger est plus important encore chez les adolescents. Entre ceux qui consomment régulièrement des boissons caloriques et ceux qui les évitent, le différentiel de poids se situerait de 2 kg à 6 kg par an?! Pour les auteurs de ces travaux, les boissons sucrées sont aujourd’hui le produit qui a le plus gros impact sur l’IMC des ados. Alerté, le maire de New York vient d’ailleurs de proposer l’interdiction pure et simple dans sa ville des bouteilles de boissons sucrées de plus d’un demi litre dans les restaurants et fast foods. Des chercheurs anglais eux ont calculé qu’en taxant à 35 % ces boissons sucrées, le niveau des ventes pourrait être réduit de 26 %.
Bisphénol A?: facteur de risque pour les enfants??
On évoque depuis des années déjà les dangers pour la santé du Bisphénol A, présents dans certains contenants alimentaires (conserves, canettes…). On vient de découvrir qu’il pourrait également avoir un impact sur le surpoids des enfants. Une étude américaine montre que les enfants ayant les niveaux les plus élevés de traces de ce composant chimique dans leurs urines présentent un risque deux fois plus important d’être obèse ou en surpoids que ceux qui en ont des traces faibles. L’enquête, conduite entre 2003 et 2008, a porté sur près de 3?000 jeunes. Elle confirme des soupçons de liens entre Bisphénol A et obésité déjà mis en lumière dans des travaux sur des animaux. Ce risque ne concernerait que les enfants blancs — sans que les scientifiques ne puissent expliquer pourquoi…
Des médicaments anti-obésité bientôt sur le marché.
Véritable Graal de la recherche pharmaceutique, la panoplie des médicaments anti-obésité pourrait bientôt s’enrichir de deux nouveaux traitements. Autorisés cet été aux USA par l’autorité régulatrice, la FDA, Qsymia et Belviq sont les premiers médicaments pour patients obèses à franchir outre-Atlantique la barrière des tests et expertises depuis plus de dix ans. Réservés aux adultes d’IMC supérieur à 27 et souffrant d’au moins une maladie associée (hypertension, diabète…), ils agissent tous les deux au niveau du cerveau, en activant un des récepteurs clé de la régulation de l’appétit, la sérotonine. Les médicaments pourraient ainsi accroître le sentiment de satiété et limiter la prise de poids. Contrairement aux précédents produits mis sur le marché, ils n’auraient pas d’effet secondaires d’ordre cardiaque démontrés — même s’ils peuvent entraîner de fortes fatigues. Qsymia et Belviq ne sont pas encore autorisés en Europe.
Le sommeil, nouvel allié des régimes.
Et si la clé des régimes se situait la nuit?? Une étude québécoise vient d’éclairer le rôle clé du sommeil sur la perte de poids. Si bien dormir ne ferait pas maigrir (ça serait trop beau), un manque de sommeil entraînerait un regain d’appétit. Des études par IRM montrent en effet que la réponse neuronale à des aliments dits malsains est spécifique à la restriction de sommeil. De quoi passer de belles nuits…



