
« Oui, le centre hospitalier princesse Grace (CHPG) a pris des mesures particulières concernant les doses d’irradiation en imagerie médicale. Tel qu’en radiographie, scopie, scanographie, scintigraphie, PETScan etc. », assure Benjamin Serrano, responsable de la radioprotection au CHPG. En effet, une étude menée par l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) (1) note qu’en cinq ans, les doses de radiation reçues par les patients ont augmenté de 47 %. Et c’est en deux aspects que l’hôpital monégasque traite cette problématique. « Des formations internes sont réalisées sur la radioprotection depuis plusieurs années par l’équipe de physiciens médicaux, notamment sur le personnel médical réalisant des actes utilisant des rayonnements ionisants ainsi que la quasi-totalité des manipulateurs en électroradiologie, explique le médecin, ces formations sont renouvelées tous les 10 ans ». Mais un des avantages de cet hôpital est qu’il est doté de moyens d’imagerie non irradiants comme « l’échographie et surtout l’IRM qui a un accès difficile en France. » Mais aussi d’un personnel qualifié avec des « docteurs en physique qui sont des experts sur la quantification des doses d’irradiation » qui ont travaillé depuis plusieurs années avec le service biomédical « dans le sens de la diminution de la dose des patients ». Car d’après l’atelier international sur la justification des expositions médicales en imagerie diagnostique organisé par l’AIEA (Agence internationales de l’énergie atomique) à Bruxelles du 2 au 4 septembre 2009, « 30 % des actes mondiaux en imagerie médicale impliquant des rayonnements ionisants sont inutiles?! » Ce qui nous amène au second aspect. En effet, le CHPG essaye d’utiliser « des moyens techniques amenant à réduire les expositions des patients tout en gardant un diagnostique acceptable », affirme Benjamin Serrano. Mais pour prendre conscience de l’exposition, il faut d’abord pouvoir la qualifier. C’est pourquoi a été mise en place, sur une « grande partie des équipements utilisant le rayonnement ionisant, un moyen de relever par mesure directe ou par des abaques l’information dosimétrique correspondant à l’exposition de l’examen qui est reportée sur le dossier du patient » explique l’expert. De plus, parce que la principauté a toujours maintenu un haut niveau de technicité du plateau d’imagerie au CHPG, les scanographes bénéficient quasiment tous des dernières technologies de réduction de doses comme les systèmes de régulation de l’intensité du faisceau. « Avec ces techniques de réduction, on arrive à diminuer la dose d’irradiation du patient jusqu’à 40 % pour une même qualité d’image donc pour un même diagnostique ».



