lundi 23 mai 2022
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«?Il est encore difficile de parler ouvertement de ses addictions?»

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Alcool, drogues, poker… Premier magazine de santé dédié aux addictions, Detox news apporte un regard nouveau sur des maladies encore trop souvent honteuses. Au menu?: actu des rehab’ de stars, témoignages de malades, points de vue de spécialistes… Explications avec Chrys Leclère, fondatrice du journal.

Monaco Hebdo?: Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de créer un magazine d’informations sur les addictions??
Chrys Leclère?: On entend de plus en plus parler de ces problèmes autour de nous?: dépendance à l’alcool ou aux drogues, mais aussi aux jeux, aux médicaments ou au Net. Pourtant, on voit rarement ceux qui souffrent au quotidien et les ravages que cela peut causer… Beaucoup de patients s’enferment dans le déni ou la honte et les entourages parlent peu… Avec ce magazine, on veut donner la parole à ceux qui les vivent et tentent de s’en sortir. Pour informer les patients mais aussi pour montrer qu’il s’agit de vraies pathologies et pas de simples défauts de volonté… C’est d’autant plus important que tous les fondateurs du journal ont été confrontés de près ou de loin aux dommages de ces dépendances.

M.H.?: Votre premier numéro affiche en couverture la chanteuse Amy Winehouse, évoque les cures de désintox des Black Eyes Pees ou de Nicolas Bedos… Quel est l’intérêt d’une telle dimension people??
C.L.?: D’abord, c’est une manière d’intéresser un public que ce type de sujet peut angoisser généralement… Mais c’est aussi la volonté de donner de la visibilité à ces questions pour que ceux qui en souffrent se sentent moins isolés. De plus en plus de personnalités témoignent de leurs expériences de dépendances et des cures qu’ils ont fait. C’est récemment le cas de Nicolas Bedos, mais aussi de l’écrivain Nicolas Rey ou du chanteur Renaud Hanson. A terme, on aimerait qu’un magazine comme le nôtre puisse servir de porte voix pour que des vedettes témoignent de leurs luttes contre les addictions et aident ceux qui se battent avec. Mais le sujet reste encore tabou, particulièrement en France…

M.H.?: Vous abordez tous les types de dépendances?: de la cocaïne au poker. Quel est le point commun de ces addictions??
C.L.?: On balaye le champ le plus large car les addictions concernent des domaines de plus en plus nombreux. Dans le deuxième numéro, il sera question d’addiction au sexe, à la kétamine comme au poker — qui constitue un vrai problème quand on sait que 600?000 personnes jouent en ligne en France et près de 5 % s’avouent addicts… Le point commun de ces dépendances est certainement la spirale qu’elles entraînent. Spirale de déni souvent, d’autodestruction parfois. Spirale aussi où les dépendances s’additionnent souvent les unes aux autres.

M.H.?: Vous ne voulez pas faire un journal purement médical, mais le magazine parle aussi des avancées de la prise en charge??
C. L?: Bien sûr, d’autant qu’il y a de vrais progrès aujourd’hui. En terme de prise en charge notamment, avec la création de services spécialisés comme un département de traitement des addictions au jeu au CHU de Nantes. On travaille de près avec des experts qui nous conseillent et nous informent — même si notre traitement reste « journalistique ».

M.H.?: Vous mettez en avant les témoignages de patients – mais aussi de proches?: enfants, parents, amis. Pourquoi celà??
C.L.?: Parce que comme pour de nombreuses pathologies, ce sont souvent les grands oubliés. Alors même qu’ils subissent de plein fouet les ravages de ces dépendances?: que ce soit le coût humain ou économique. Des associations d’aide aux familles d’alcooliques ou de toxicomanes existent déjà… Il est essentiel de relayer leur parole et de les informer au mieux.

M.H.?: Quelle est l’ambition de ce magazine??
C.L.?: Le premier numéro a été diffusé à 25?000 exemplaires sous forme de bimestriel. Il est diffusé dans les cabinets de médecins et les hôpitaux. A terme, on souhaiterait bien sûr élargir la diffusion. Il est d’ailleurs consultable gratuitement en version pdf sur notre site?: www.detox-news.fr.

Les dentistes… toujours aussi redoutés?!
Le « syndrome de la roulette » continue à terroriser les patients selon un récent sondage de l’institut IFOP. 54 % des Français interrogés redouteraient les rendez-vous chez leur dentiste. 14 % se diraient même terrifiés… Principale crainte?? La douleur lors des soins pratiqués pour 67 %, loin devant l’importance des traitements à engager (redoutée par 42 % des patients).
Trop de travail à l’école rend-t-il aveugle??
C’est ce que suggère une étude australienne publiée dans The Lancet. Les chercheurs ont montré que 90 % des jeunes dans les grandes villes asiatiques souffriraient de myopie — contre seulement 20 % à 30 % pour les générations précédentes. Pire?: un jeune sur cinq pourrait être atteint de cécité à terme. En cause?? la pression scolaire et la faible luminosité des classes de cours… Les scientifiques australiens recommandent deux à trois jours de lumière naturelle aux écoliers d’Asie pour rendre la santé aux pupilles…
Progrès inédits contre la méningite?!
Dans les pays industrialisés, elle reste l’une des principales causes de décès infantiles par infection… Affectant le cerveau, la bactérie à l’origine de la méningite (meningicoque) peut entraîner la mort dans les 24 à 48 heures et reste très contagieuse. Pour limiter le risque d’infection, des chercheurs canadiens viennent d’isoler les symptômes annonciateurs les plus pertinents à partir de l’analyse de près de 500 cas. Douleurs aux jambes, froideur dans les mains ou peau anormalement pâle peuvent ainsi se manifester plusieurs heures avant l’apparition des signes les plus courants (maux de têtes, rougeurs…). Un délai qui peut se révéler vital pour agir… Par ailleurs, une équipe de chercheurs australiens vient d’annoncer les premiers résultats encourageants d’un candidat vaccin contre la méningite B (soit 60 % des cas en France). Le vaccin a été testé sur plusieurs centaines d’adolescents et protégerait contre près de 90 % des bactéries en circulation entraînant la méningite de type B. A suivre…

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