lundi 23 mai 2022
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Coronavirus : « Il faut se préparer à une phase de pandémie »

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Olivier Terrier, chercheur CNRS au sein de l’équipe VirPath, qui est membre du Centre international de recherche en infectiologie de Lyon, évoque pour Monaco Hebdo les dernières avancées face au SARS-CoV-2.

Comment évolue la propagation du SARS-CoV-2 ?

Depuis début février 2020, le nombre de décès a été multiplié par plus de 7 et le nombre de cas confirmés par plus de 4 à l’échelle de la planète, avec un nombre de cas hors-Chine qui a récemment beaucoup progressé. D’après l’OMS et l’European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC, Centre européen de prévention et contrôle des maladies — N.D.L.R.), il faut se préparer à une phase de pandémie, c’est-à-dire à une phase où le virus s’est véritablement propagé de manière globale.

La situation dans le nord de l’Italie, à quelques kilomètres seulement de Monaco, est inquiétante ?

L’exemple tout récent de l’épidémie en Italie, comme c’est le cas pour d’autres pays, notamment en Iran et en Corée du Sud, est bien sûr inquiétant pour les pouvoirs publics des pays voisins, qui doivent se mettre en ordre de bataille pour se préparer à une éventuelle surcharge des systèmes de santé.

Certains politiques réclament une fermeture des frontières avec l’Italie ?

Nous sommes dans une ère d’échanges globaux à l’échelle de la planète, et les mesures de confinements parviennent difficilement à contenir la propagation du virus, surtout compte tenu du fait qu’une grande majorité des patients ne présente pas ou peu de symptômes.

On en sait un peu plus sur ce virus ?

Sur le volet scientifique et médical, on commence en effet à avoir une idée plus claire de l’origine du virus : il s’agit d’un virus proche des coronavirus présents chez les chauves-souris. Quant à son évolution potentielle, on constate qu’il évolue peu, pour le moment.

Le taux de mortalité est de quel ordre ?

Sur le plan clinique, on sait aujourd’hui que le taux de mortalité est relativement bas, entre 2 et 3 %. Les personnes âgées et les personnes déjà atteintes d’autres maladies, comme le diabète et les cardiopathies, semblent être plus exposées au risque de développer une forme grave de la maladie.

La recherche avance ?

Depuis début février 2020, de nombreux programmes de recherche ont été lancés dans le monde pour mettre au point des outils diagnostics, des traitements et des vaccins. Notre équipe, par exemple, s’est lancé dans la recherche de solutions thérapeutiques et travaille depuis presque un mois déjà avec beaucoup d’énergie.

Vous êtes optimiste ?

La mobilisation des laboratoires de recherches est très forte. J’espère que cette mobilisation sera soutenue plus largement par les pouvoirs publics et l’industrie, pour trouver des solutions rapidement.

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