Un an de prison ferme et 110?000 euros de dommages et intérêts à verser au CFM. C’est la peine prononcée par le tribunal correctionnel à l’encontre de Martha Hoyos, une des complices de la bande qui a dérobé 103?400 euros au Crédit foncier de Monaco en avril dernier.
Elle est la seule à avoir été prise dans les filets de la police monégasque. Martha Elena Hoyos, une Colombienne de 52 ans, a commis un faux-pas lors du spectaculaire vol de 103?400 euros au Crédit foncier de Monaco (CFM), sur le port, en avril dernier. Celui de sortir de la banque 14 secondes après ses autres compères malfaiteurs. 14 secondes qui lui ont été fatales car rapidement la sûreté publique l’interpelle. Rappel des faits?: le 19 avril, vers midi, sept Sud-Américains entrent dans le hall du CFM, détournent l’attention des employés de banque pour subtiliser deux liasses de gros billets et prennent la fuite avec un véhicule que la police retrouvera plus tard boulevard du Larvotto.
Après 6 mois de détention provisoire, le procès de Martha Elena Hoyos s’est tenu le mardi 26 octobre au tribunal correctionnel. Son rôle dans l’affaire?: avoir distrait l’hôtesse à l’accueil, permettant aux autres membres du groupe de rafler le butin avec une facilité assez déconcertante. Une « complicité active » selon les termes du procureur. Le tribunal l’a condamné à un 1 an de prison ferme et 110?000 euros de dommages et intérêts à verser à la banque (1). Alors que le parquet avait lui uniquement requis une peine d’emprisonnement allant de 9 mois à un an. La partie civile de son côté réclamait le versement de 110?000 euros au CFM.
Peur des représailles
Le tribunal est longuement revenu sur le passé de cette femme confectionneuse de bijoux dans la vie qui est née et qui a grandi en Colombie. Une histoire familiale difficile. « Le cartel de Terraza à Medellin a fait exécuter le premier de ses enfants en mai 1998. Il avait 17 ans. Elle a porté plainte et lancé des poursuites judiciaires contre l’assassin de son fils. Quelques années plus tard, ils ont assassiné son second fils en mai 2004 », rappelle son avocat Me Bergonzi. Dans sa langue d’origine Martha Hoyos a d’ailleurs souligné qu’elle avait des réticences a expliqué le rôle des Colombiens qui étaient dans le dossier du CFM par peur des menaces de représailles. Qu’est-ce qui a alors poussé cette mère à devenir complice de cette bande?? « Une volonté de faire sortir sa famille et notamment ses autres enfants de Colombie », explique son avocat. Bref réunir une somme suffisante pour pouvoir les exfiltrer.
« Jamais incarcérée »
Martha Hoyos était connue de la justice uniquement en France. Pour deux gardes à vue, l’une en 2001, l’autre en septembre 2009. La dernière concernait un vol de portefeuille à Paris pour lequel elle a écopé de deux mois de prison avec sursis. « Interpol, à travers une multitude de pays, a été interrogé. Et ma cliente n’a jamais été incarcérée, c’est la première fois. Elle n’est pas le cerveau de quelque groupe que ce soit, ni le chef de la bande », avant de rappeler que les faits au CFM ont été commis sans violence. Ironie de l’histoire, quelques jours avant ce vol mené avec ruse, Martha Hoyos accompagnée de quelqu’un des malfrats, arrivent en Europe, à Amsterdam, puis sur la Côte d’azur. Et sur la route ils subissent… un contrôle de la gendarmerie nationale. Les autres malfrats, eux, courent toujours.
(1) Lorsque l’on écope d’une peine d’un an d’emprisonnement ferme, une réduction automatique de peine de 25 % est appliquée. Avec les 6 mois qu’a déjà purgés Martha Elena Hojos en préventive, il lui reste donc 3 mois à purger.